C'était le premier janvier. Heihachi se réveillait avec difficulté dans une flaque de vomi avec un mal de crâne horrible. Se dirigeant d'un pas pénible vers sa salle de bain, il se nettoya le visage et les dessous de bras avant de s'asperger du déodorant bon marché et d'avaler un comprimé d'origine inconnue dont il espérait qu'il ferait passer sa migraine persistante. Ensuite, d'un pas sûr, l'homme se rendit dans sa cuisine pour manger un reste de couscous de la veille, et un bol de café amer. Puis, requinqué, il s'empressa de sortir de chez lui.
C'est là que tout commença. On ne pouvait pas savoir ce qui avait déclenché cela chez lui, mais Heihachi fut subitement pris d'une pulsion meurtrière lorsque sa voisine qui sortait également de chez elle - une très très vieille femme de 127 ans - lui souhaita la bonne année: il empoigna alors son Beretta 92 et logea une balle dans la tête de l'ancêtre qui s'écroula aussitôt. Et alors qu'il souffla sur le canon de son arme, il dit d'un air froid:

- J'te souhaite aussi une bonne année mamie. Par contre, je parlerai pas de ta santé.

Puis il quitta les lieux en rangeant son arme dans son slip.
Dévalant ensuite les marches du bâtiment dans lequel il habitait depuis une semaine, il tua deux autres locataires d'un geste rapide et sortit. A l'extérieur, c'était le même cinéma: les gens, souriant béatement, se souhaitaient bonheur, joie, amour et tout le toutim. C'en était trop pour Heihachi qui n'en pouvait plus de cette confiture de cons sentiments: où étaient donc passés la crise, les plaintes et l'énervement quotidien des gens ? Dans un excès de fureur amère, il brandit son pistolet mitrailleur MP5 de son sac à dos Dora l'exploratrice et tira dans la foule en délire.
Il y eut 17 morts, dont deux graves.
Malheureusement, l'un d'eux survécu: il portait un nom ouzbek étrange, Lei ou Lang, je ne sais plus très bien. Il n'empêche: la situation était grave, et les deux hommes se regardaient dans le blanc des chaussettes Lacoste. Un léger vent souffla, et Lei ou Lang s'envola vers des cieux plus bleus. Heihachi était maintenant débarrassé de toute la racaille, et il retrouva le sourire sous sa moustache grisonnante. Il déambula ainsi en ville, et transperça de son sabre toutes les personnes qui passaient à sa portée, dans un cri maintenant bien connu de chimpanzé en rut.
Le soir venu quand il fut rentré chez lui, notre ami au grand coeur commanda une pizza au bacon et s'affala devant la télé; il se délecta des nouvelles du monde, guerres, meurtres, crise sociale et financière, et se dit que demain, il pourrait reprendre tranquillement son travail qui ne manquerait sans doute pas après ses un jour de vacances.
La vie était belle et il s'endormait à nouveau dans son vomi, l'air idiot.