Alors que le onzième coup de cloche venait de retentir sur Oulossis-les-Moulineux, tout semblait calme. Un autocar klaxonna afin de signaler à notre bon vieux héros de déguerpir vitesse de la chaussée piétonne. Le feu était vert luisant pourtant, mais il pleuvait toujours à grande eau et on ne voyait pas très bien. Heihachi avait eu un sursaut de panique mais comprit, salua humblement le chauffeur et marcha en direction d'un vendeur de riz de passage, car sa pitance du matin n'avait été que trop maigre. Cela tombait bien, car ce marchand vêtu d'un costume de l'espace était située dans la direction opposée de la fugitive trop rapide pour l'homme vieux qu'il était. Il commanda sa collation et ne paya pas son dû. Après avoir terminé sa dernière bouchée de riz en cuisson douce en bolino, il sortit un gun méga-badass et tira à une seule reprise dans le talon d’Achille du suspect qui s'écroula au sol telle une vieille paralytique puis arriva auprès d'elle en bondissant fièrement puis la questionna :

« Je me déplace à quatre pattes, puis à deux pattes, puis à une patte, qui je suis ? », commençant l'interrogatoire par une charade complexe.

« Les secours ! Appelez vite les secours ! », hurla Madame le maire, se tortillant de douleurs vives.

On put entendre alors au loin le service des urgences pinponner en do septième, son qui émanait d'un interphone à faible consommation. Heihchi avait acheté le même quelques temps auparavant mais l'avait perdu. Une aide-soignante à l'allure type descendit de son véhicule en marche et ouvra avec soin son attaché-case et y sortit quelques tiges de bambous au feuillage très appétissant. Madame le maire fut ensuite amenée de force au commissariat pour l'ultime interrogatoire de cette enquête si complexe. Cas rare où notre héros délègue son travail mais il n'écoutait que les battements de son cœur chaud.
Heihachi avait tout compris depuis le début. Il n'avait qu'à écouter son instinct et paf, tout rentrait dans l'ordre inaliénable comme dans un scénario d'auteur à succès. Il se félicita intérieurement et extérieurement, la moustache rieuse. La joie était là, grande, mais le bonheur n'était que passager et notre héros ne n'en avait que trop payé les frais durant sa jeunesse pour bien savoir que tout cela, il le devait à son talent inné et à son acharnement pour le bien de la justice.

C'est alors que le bus qui passe par le cinéma grilla le feu orange. « Oh ! », s'exclama Heihachi en réingurgitant sa salive suave. Il ne fallait surtout pas rater telle occasion car, comme tous les oulossissomanois le savent, ce bus passe aussi par les vastes bureaux de la Mishima Corp©, et il n'allait pas rester là comme un gland avec la racaille des bas quartiers sous l'abris-bus. Mais il glissa sur son arme de service et l'autocar repartit en laissant un vieil homme, la tête dans le caniveau.
Un des jeunes qui écoutait de la musique techno sous l'abris bus, voyant le drame se produire survint alors comme un éclair mou au secours du maître des sabres. Heihachi remercia le brave homme en lui offrant son flingue fétiche ancien puis se frotta son kimono imbibé de boue, ce qui a eu pour incidence d'envenimer la situation déjà bien cafardeuse. À sa grande surprise, ce même jeune homme aiguilla notre héros vers la boutique de sa mère, qui n'était autre qu'un pressing de grand renom. Heihachi, très ému par cette délicate attention, le remercia de nouveau puis lui céda son badge de flic. Il partit souriant sans même se rendre compte que ce jeune homme sympathique n'était autre que Lei. Ou Lang. Ou les deux. Son fidèle ennemie de toujours. Le ce du pourquoi il était. Le contraste même du bien combattant le mal. Non, il ne le savait pas...

(Heihachi, Story bien IX par ici)