Heihachi était heureux d'avoir profité de sa vacance pour avoir arrêté ce prince fou du crime qu'était Lei Wulong : il n'aurait jamais pensé émettre tel exploit dans un village si reculé. Ce Lei était vraiment laid : aller si loin dans le globe pour venir emmerder l'immense Heihachi Mishima, il fallait quand même oser. Notre grand héros en avait la larmichette à l'oeil en y repensant : il possédait quand même un ennemi aussi farouche que possible. C'était la suprême beauté. Heihachi avait presque des remords de laisser croupir dans une prison de la campagne un voyou si généreux de son espèce. C'est en tout cas ce qu'il se disait tout bas dans sa tête alors qu'il regagnait son logis en riant beaucoup moins qu'avant. Un gamin sur la chaussée lui demanda un autographe mais notre héros lui colla une beigne à la place : jamais on ne dérange Heihachi lorsqu'il réfléchit à l'intérieur de lui-même. L'homme qui n'était qu'un être humain s'arrêta de marcher vers chez lui et amena sa main jusqu'à son menton pour réfléchoir de fort belle manière. D'ailleurs un sculpteur eut le temps d'immortaliser la scène et la gravure se trouve aujourd'hui au musée des chefs-d'oeuvre de haute fonction territoriale. Puis, se grattant le sourcil et se mangeant un ongle, notre ami et néanmoins grand maître des arts martiaux fit volte-face et marcha bruyamment en clochant du talon jusqu'à la cellule pittoresque du village : il cassa la porte d'un mouvement brusque de franchise et vit son bel ennemi à moitié mort dans sa cage pas dorée. Il dit de manière incompréhensible pour son auditoire :

- Lei ! Comme c'était de la vacance ça ne comptait pas ! Mais ça fait un à zéro pour moi quand même ! Donc je te libère et tu peux retourner à tes crimes impunis parce que c'est mon jour de bonté prospectif ! Mais la prochaine fois tu n'auras pas la même chance alors prépare-toi à souffrir dans d'horribles balbutiements orthodontistes !

Bien sûr, Lei n'entendit rien, car il était évanouit ou même pire encore : sourd de la oreille. Mais notre ami propre ne s'arrêta pas en si bon chemin de fortune et commença à baisser son pantalon tout en continuant sa palabre assez saoûlante :

- Alors je te fais cadeau de ta libération fluctuante !

Il baissa son caleçon fleuri, puis poursuivit en se baissant de manière très polie :

- Gnn ! Voilà...!... Gnn ! La...!... Gnn !

Un pet horriblement bruyant et puant s'échappa de son sphincter, avant qu'une énorme merde ne tombe près des barreaux de la cellule aux cadavres :

- Clé...!...

En effet, un morceau de métal encore luisant pouvait être décélé parmi les selles parfaites de notre dieu vivant et, sans s'essuyer quelque fesse, il se refroqua dans un mouvement poétique et banal avant de conclure par des mots aussi proches du paradis que l'air que nous respirons :

- Fais-en bon usage, sacripant !

Et Heihachi prit congé tout en riant de bon gorge et à coeur déployée, dans la nuit noire et luminescente.

(suite)