Il faisait déjà bien jour et le soleil absent offrait un temps beau  à faire voler bas les mouettes chevauchées par des diplodocus-rex mongoles. Heihachi sorta malicieusement du slibard en soie qu'il ne portait pas une pochette de plastique allemandoise renfermant la preuve afin d'analyser une seconde fois l'exacte couleur pigmentaire de ce qui semblait être un poil, souple et raide à la fois, sorti du cul chevelu d'un suspect efféminé dépourvue de boule. Dans sa folle marche molle, il bouscula deux à seize passants tout en gardant un œil fixe et l'autre fermé, comme absorbé par la difficulté procédurière de l'énigmatique poil et le jeta dans le caniveau situé juste en dessous de ses chaussettes humides et de ses tongs en bois dévernis. Se grattant fougueusement la zone chauve de son crâne ridé, il s'arracha un grain de mocheté et pissait pas mal de sang déjà.
Z...zut ! - Mais il était déjà trop tôt et cette terrible douleur passerait incontestablement après un bon bain tiède parfumé au gin. Il oublia.
Blond caucasien mélangé au rubis des temps vieux, légèrement courbé vers la pointe – signe que, l'auteur du crime était un champion de karaoké chrétien durant les cinq dernières années bissextiles et que, cette forte odeur d'huile de coude le mettait en appétit. Heihachi sortit son calendrier de l'Avant pour y noter sa liste de blagues – trois barquettes de pomme-chips, raccourcir les manches du bermuda du samedi soir et arrêter Lei et Lang - et ne pu s'empêcher de rire à la vue d'une d'entre-elles, qu'il avait prit soin d'écrire à l'encre de seiche hier matin heure avec son stylo fantaisie volé à une très vieille dame alors qu'il n'était qu'un jeune marié voué à se la mettre derrière l'oreille. Notre héros au cœur et au crâne saignant disposa devant lui, à même le dos d'un cycliste épileptique, une feuille AK-47 afin d'y relater un portrait-robot rocheux. Mais il se fit insulté de « sale licorne » ou de « salicorne », je ne sais plus très bien, et lui vola son vélo. Et toi là dans la rue ! Peux-tu prouver que se poil ne t'appartient pas ? Heihachi s'adressait en fait au maire de la ville qui était de RTT ce jour-là, un morceau de pédale dans le creux de sa main moite et grinçante. La femme prit la fuite vitesse et disparue comme par envergure noble.
Halte ! S'exprima t-il. Et une terrible envie de déguster un pâté s'empara du ventre de Heihachi.
Il était déjà midi douze.

(Heihachi, Story bien VIII par ici)