Après une chouette lecture tordante et riche en émotion, le sensationnel homme aux deux sabres récupéra ses vêtements maintenant propre et soyeux. Il enfila son kimono à une main et son souple slip de l'autre. Il se sentait vraiment bien, la fraîcheur de cet instant était un moment d'allégeance flibustière.
Voyant à travers la vitre cassée qu'il pleuvait toujours en ce jour saint, Heihachi décida d'attendre que la pluie ne cesse avant de retourner à son bureau de table de chevet où il avait laissé consciencieusement la fin d'un sudoku niveau moche bien en vue à côté de son dentier de secours. Mais l'endroit qu'il fréquentait déjà depuis maintenant une bonne demie-heure était sale et sentait la cuisson de riz trop cuit. Il fallait déguerpir bongré et malgré tout, mais à condition d'être munit contre la pluie humide. Il récupéra son magazine naze et déplia le poster du centre représentant une star de danse disco à la coupe affrose qui lui permit de se couvrir le crâne chauve des gouttelettes tièdes et glissantes de la ville. Heihachi partit sans éteindre la lumière et marcha sur toutes les flaques d'eau jusqu'à devant l'immeuble de sa résidence belle.
Sans s'essuyer les pieds, il rentra dans le couloir de son immeuble, puis fit un détour vers sa boîte aux lettres. Il n'y avait pas la moindre enveloppe dedans. Triste, il croisa une voisine d'un âge millénaire, mais ne la voya guère et la poussa d'un coup de genoux dans les parties basses, puis s'essuya les tongs dessus avant d'entreprendre l'ouverture de sa porte d'entrée.

Équipé d'une mousse et d'une saucisse sèche, Heihachi s'affala sur son canapé en cuir devant la télévision. Il fit conquit par un film de mousquetogne diffusé en noir et blanc puis s'endormit en ronfflant, rincé par cette glorieuse journée de travail.
Réveillé en sursaut quelques temps après, par l'alarme d'une voiturge de marque lointaine, Heihachi se leva presque grincheusement et alla se brosser la moustache avant de se rendre au travail pour s'entretenir avec Madame le maire, une canette de bière dans la poche de sa redingote qu'il enfila vitesse. La pluie toujours présente, était un véritable calvaire d'hésitation longue avant de se lancer dans la jungle de la ville moite. Enrhumé, Heihachi commanda un taxi.