Le lendemain, Heihachi se réveilla avec lenteur et avec un mal de tête horrible. Il ne se souvenait plus de rien, sauf de Lei Wulong car il avait fait un cauchemar. Un flic fou et chinois qui se battait comme une méduse, ou comme un autre animal de la forêt, ça ne courait pas les rues, surtout quand elles étaient désertes. Notre héros au grand coeur se leva de par terre et alla prendre un bon bain bien tiédasse pour se remettre les idées dans le slip. Il mit de la mousse et un jouet qui couine pour barboter tranquille dans sa baignoire en fer forgé légendaire. Puis, en sortant, encore ruisselant d'eau gelée, il admira son corps magnifiquement musclé et velu dans le miroir en plexiglas de sa salle de bains en cuir chromé et en argent de synthèse. Il mit ensuite ses plus beaux habits et bien sûr son chapeau haut-de-forme et sa redingote car c'était dimanche et il y avait la messe dans la grande rue. Il prit un litre d'alcool pour tenir le coup jusqu'à ce midi et sortit dans le dehors pour respirer le bon air poussiéreux qui le faisait tant tousser. La cloche de l'église de la village sonnait pour la cent-douzième fois ce matin-là et Heihachi descendit les coteaux jusqu'à arriver au rassemblement inintéressant qui se présentait ici. Apparemment des hommes étaient morts hier dans les parages et on les enterrait avec dignité, mais notre ami fragile n'en avait pas grand chose à cirer même s'il pleura une larme lorsqu'il retrouva un ongle de sa main gauche coincé dans une partie du corps tranché trouvée dans un des cercueils et qu'il s'empressa de manger rapidement. Puis il alla au café de la P.O.S.T.E., lieu de débauche pour un certain Law de la Forest qui faisait du striptease intégral pour quelque piécette en plus de son job combiné d'été qui faisait office de garçon de café et de livreur de la P.O.S.T.E. postale. Heihachi n'en avait cure et n'était pas ici pour voir un popotin se trémousser sous ses fesses : il cherchait un indice pour retrouver la trace de ce détraqué de Lei Wulong et l'appela donc dans l'enceinte puante de l'établissement susmentionné :

- Oh, Lei, t'es là ?

Le garçon de café de la P.O.S.T.E. ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd :

- Vous voulez parler de Lei Wulong ?

- De Lei mon petit. Tu es sourd ou juste aveugle de naissance ?

- Oui mais Lei Wulong ?

- Si tu me cherches tu vas me trouver jeune petit con.

Et Heihachi saisit Law Forest par les trous de nez et le jeta violemment contre un autre homme qui se trouvait là assis par hasard en train de boire un thé vert de nature chnoise ; il portait également une tenue purement asiatique avec des teintes de vert et de violet tirant sur le bleuté pourpre, ainsi que des cheveux noirs jais qui ferait pâlir d'envie n'importe quelle idole japonaise en manque de couleur d'origine et de beauté sombre. Il dit :

- Hé dites donc vous ! dit-il en se relevant du genre il était fâché mais ne savait pas qu'il aurait vite à faire au Grand Heihachi.

- Quoi jeune con trisomique, t'as un problème ? Mais ? dit-il avant un silence d'étonnement. Tu es Lei Wulong ?!

- Ah, je le savais bien ! disait alors Law Forest plus mort que vif sur le bas-côté avant que Heihachi ne l'achève d'une mandale bien placée entre les deux yeux.

- Heihachi ! Viens te battre si t'es une gonzesse ! dit Lei Wulong à son tour.

Et il essaya de prendre la fuite en fuyant par la porte de derrière.

(suite)