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Les Histoires Biens de Heihachi

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11 novembre 2007

Chapitre 5

La grille se referma violemment.
Heihachi s'assit sur ce qui allait lui servir de lit, la tête penchée vers l'avant, abattu.
Il se prit la tête des deux mains, et se mit à réfléchir.
Qu'est-ce qu'il s'était passé ?
Comment avait-il pu laisser Ogueur se jeter par la fenêtre alors qu'elle venait tout juste d'être refaite ?
Pourquoi Ogueur avait-il un diplôme d'expert en trapèze volant ?
Qui étaient ces autres employés de la Mishima Corporation qu'il n'avait jamais vu ?
Tant de questions, si peu de réponses.
Heihachi se dit qu'il était temps de dormir, et que la nuit lui porterait conseil, même s'il n'était que 10h30 du matin.
Il était au-delà de ça.
Il s'allongea donc, et s'endormit.
Après une très longue sieste qui dura 7 minutes et 18 secondes top chrono, Jin réapparut derrière la grille de sa cellule avec un gardien ; il dit :
 
- C'est bon, tu es libre. J'ai réussi à convaincre le juge que Ogueur était doué pour le trapèze volant grâce à son diplôme, et que sa mort n'était qu'une mise en scène. En plus, nous étions au rez-de-chaussée, et nous n'avons jamais retrouvé le corps. L'affaire a été classée sans suite, tu peux donc sortir.
 
Heihachi sourit de ses plus belles moustaches, et se leva.
Ses vertèbres craquèrent, et il poussa un petit cri, s'avançant ensuite misérablement vers la sortie de sa geôle.
Accompagné de Jin, il retourna à son bureau où les dégâts avaient déjà été effacés.
Il pouvait se remettre immédiatement au travail, et s'assit donc dans son superbe fauteuil avant de prendre le premier dossier qui se trouvait sur son bureau, en haut d'une pile mesurant à vue de nez 16,23 cm.
Il se mit à le lire, calmement.
Par un hasard hasardeux, il s'agissait de l'enquête concernant cette météorite tombée dans le jardin des Ramon.
Ni une ni deux, Heihachi bondit d'une vitesse voluptueuse, prit sa veste et s'en alla.
Direction : chez les Ramon.
Les Ramon habitaient un manoir qui se trouvait un peu éloigné de la ville, sur une petite colline.
Leur jardin faisait à peu près 154 000 m², ce qui était bien pour faire du golf mais nul pour retrouver une météorite.
Arrivé en patins à roulettes, Heihachi sonna à la porte des Ramon.
Il était bien sûr ici incognito.
Une servante vint ouvrir.
Heihachi nota sur son calepin très beau qu'elle s'appelait Julia Chang et qu'elle habitait avec son mari dans un petit appartement à côté de chez lui.
Elle le fit ensuite entrer, et il se retrouva dans le salon où il attendit les maîtres des lieux.
Cette pièce était d'une beauté subversive, avec des vases en faïence, des tableaux en toile, des murs en béton armé, une cheminée en parfaite harmonie avec le reste, ainsi que des tapis, des sièges de grandes valeur et quelques magazines sur la consommation des truites dans les plats à base de soupe de légumes.
On lui apporta un cocktail pour patienter, et il le but vitesse.
Quelqu'un arriva ensuite : il s'agissait d'un ours d'à peu près deux mètres cinquante, couvert de poils bruns, plutôt gros et lourd et semblant particulièrement joyeux.
Il s'affala dans son canapé favori qui faisait face à Heihachi, et prit la parole en ces mots :
 
- Bonjour Monsieur, que puis-je pour vous en cette belle matinée de novembre ?
 
Heihachi nota sur son calepin que l'ours parlait un français correct.
 
- Eh bien, cher ami, j'ai ouï dire qu'un caillou géant semblant être une météorite se serait écrasé par mégarde dans votre vert jardin.
- C'est exact.
- J'aurai voulu analyser cette pierre, si cela ne vous offusqua point bien entendu.
- Mais je vous en prie voyons, je vais même vous accompagner jusqu'à elle.
 
Ils se levèrent dans une concordance médusée, et se dirigèrent ensuite vers l'arrière de la bâtisse d'un pas lent et lourd.
L'ours ouvrit la porte, et, chemin faisant, ils se dirigèrent tous deux vers la forêt.
Après plusieurs minutes de marche, il s'arrêta.
Heihachi lui demanda :
 
- Est-ce encore loin ?
- Non, c'est là, tout près... Hin-hin-hin...
 
Ce rire était étrange.
Sur ses gardes, Heihachi sortit son arme de service, un colt single action army .45, et s'apprêta à en faire usage.
De son côté, l'ours se retourna dans un geste rapide, et sortit de son sac à dos une sulfateuse à double injection rétro-tactile.
Le conflit est inévitable, et les balles commencèrent à fuser dans la prairie verdoyante.
Alors que Heihachi parvint à se protéger derrière un rocher pour recharger son arme, le plantigrade reprit la parole :
 
- Alors, tu veux toujours voir cette météorite, vieux croulant ? Tu sais, j'ai tous les ingrédients qu'il faut pour empêcher quiconque de s'en approcher ! Tu vas aller rejoindre les autres que j'ai enterré dans les environs !
 
C'était vraiment la merde.
Son arme rechargée, Heihachi ne savait pas vraiment quoi faire, il s'était mis dans un beau bordel.
Il réfléchit alors à la meilleure tactique à employer, et se souvint d'une attaque en roulade extérieure que lui avait enseigné son ami Mitchi, ce bon vieux Mitchi.
Il attendit un instant afin d'être prêt ; il sentait que l'ours se rapprochait, ce salopard.
Quand le moment lui parut opportun, il plongea sur la droite et, d'une roulade aussi magnifique que précise, tira 19 balles de calibre 11,43 mm spécial long rifle dans le bide de son adversaire.
Heihachi rata malgré tout son atterrissage et se retrouva assommé contre un arbre, alors que l'ours s'écroula dans un bruit sourd.
Le calme revint dans le jardin des Ramon, et les oiseaux se remirent à chanter alors que les deux ennemis ne se relevaient plus...

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9 novembre 2007

Chapitre 4

La papier peint du bureau était blanc, immaculé.
Le mobilier n'avait pas bougé, il était resté le même depuis toutes ces années.
Même cette bonne vieille bonbonne de gaz n'avait pas bougé !
Heihachi songeait à ces années passées où il glandait sur son superbe fauteuil, regardant par la vitre située au fond de la pièce.
Là où Ogueur se trouvait actuellement d'ailleurs.
Il avait changé de coupe, certes, mais était parfaitement reconnaissable par notre héros, à qui il avait jadis volé la petite amie !
En commençant à s'énerver à la vue de son rival et ennemi de toujours, Heihachi s'avança en proférant des menaces de mort à l'égard du nouvel inspecteur de la Mishima Corporation :
 
- Ogueur, connard ! Je vais te défoncer ta gueule de merde dans la seconde !
 
L'autre parut surpris.
Il fit sa tête de victime, puis la discussion s'enchaîna alors que la distance les séparant rétrécissait à mesure que Heihachi se dirigeait vers lui, l'air particulièrement remonté :
 
- Heihachi, vieille fripouille ridée ! Comment m'as-tu donc reconnu ?
 
Notre héros ne s'arrêta pas, et tel un diplodocus-rex, explosa le bureau d'un geste puissant du bras droit ; le meuble à terre scindé en deux, Heihachi fit encore deux pas et attrapa l'autre par le col ; Ogueur, commençant à être furieux à son tour, rétorqua :
 
- Tu me lâches, tu me lâches !
 
Heihachi ne le lâcha pas, et reprit :
 
- Tu rêves mon gros, je vais te faire passer le goût de t'immiscer dans ma vie définitivement ! Je vais tellement t'éclater qu'on pourra même plus ramasser ta tête de pygmée à la petite cuillère !!
 
C'est qu'il avait pris quelques cours de français, le bougre.
Mais l'ogre ne s'en laissa pas compter, et après avoir réfléchoix un instant sur la situation, il ajouta :
 
- Mais au fait, comment as-tu su pour mon changement d'identité ?
- Hein ?
- Bin ouais, je m'appelle Ogueur maintenant, et plus Ogre.
- Quoi ? Quelle est la différence ?
 
Alors que, semblant soudainement calmé, Heihachi déserra son emprise, Ogueur sortit son porte-feuille et sa fausse carte d'identité au nom de Ogueur de son blouson en cuir.
Il avait également un diplôme d'expert en trapèze volant, un as de pique Carta Mundi et une montre-gousset dont la pile était morte.
Ogueur profita alors de l'inattention de Heihachi pour s'enfuir en sautant par la fenêtre par laquelle il traversa : cela fit un boucan terrible, ce qui ameuta tous les autres employés qui travaillaient ici.
Et c'était sûr qu'avec le ketchup qui se trouvait dans la pièce, notre héros allait maintenant être le suspect numéro un !

4 novembre 2007

Chapitre 3

Les véhicules passaient dans la ruelle dans un mouvement semblant aussi méthodique que répétitif, et la vieille dame tentait de traverser : en vain.
Sa vitesse lente et moche ne pouvait contenir la rapidité successive et monstrueuse des engins qui dévalaient cette voie à des vitesses folles, aussi dut-elle attendre, patiemment, que le temps s'écoule.
Elle crut un moment que celui-ci fut venu, mais non, ce n'était qu'une feinte : une file de dangereux cubes motorisés passèrent à nouveau, l'empêchant de faire un quelconque mouvement vers l'avant.
C'est à cet instant que Heihachi sortait de chez lui : il avait mis son plus beau slibard, des vêtements semblant propre et un costume trois pièces qui le rendait vraiment chic ; regardant d'un rapide coup d'oeil à droite, puis à gauche, il passa le trottoir d'un long pas et commença sa traversée de la route, sûr de lui.
Un crissement de pneu, un bruit de choc : Heihachi se retourna, mais il était déjà loin, et ne ralentit pas le pas.
Peut-être était-ce cette dame qu'il avait légèrement bousculée en passant.
Après tout, quelle importance ?
Son ami Mitchi lui avait écrit, et c'était là ce qui comptait pour le moment.
Aussi, et ce sans stratégie, il se dirigea vers son lieu de travail : la Mishima Corporation.
 
La standardiste qui faisait office de réceptionniste était toujours aussi charmante : mademoiselle Hwoarang, puisque c'était son nom, fit un beau sourire au nouvel entrant avant de prendre un appel qui arrivait.
Heihachi quant à lui savait où était son bureau, et c'est donc fier qu'il en prit la direction.
Mais il croisa Jin dans les couloirs, et une discussion s'engagea alors de manière tout à fait impulsif :
 
- Hey, Heihachi, comment vas-tu !
- Je...
- En effet, je vois ça ! Mais je croyais que tu étais mort depuis notre dernière affaire, que fais-tu donc ici ?
- Eh bien...
- Je comprends, mais depuis, nous t'avons remplacé ! Alala, tu me mets dans une position fâcheuse et délicate, mon ami !
- Que...
- Allons, vous allez bien pouvoir faire équipe, je te laisse faire sa connaissance ! A plus !
 
Sur ces dernières paroles, l'homme à la coiffure noire et patron des lieux à ses heures s'en alla, laissant Heihachi sans voix et sans moustique.
Remis de ses émotions après quarante neuf minutes et cinquante dix sept secondes de stabilité orthographique, il se dirigea vers ce qui était anciennement son bureau : et là, surprise.
Ce qu'il vit était horrible.
A la fois beau et mystique.
Oui.
C'était lui : le coiffeur suédois du nom de Ogueur.

3 novembre 2007

Chapitre 2

Les feuilles mortes tombaient des arbres.
Le jour se levait petit à petit dans l'appartement de Heihachi, avachi sur son superbe canapé qui avait vu passer sa couleur de noir foncé à noir clair dans les dernières heures de sa vie nocturne.
Quelques oiseaux piaillaient au dehors, et notre héros n'aimait pas cela.
Ces sons l'agaçaient, l'irritaient, le réveillaient.
Et c'est ainsi que commença une mauvaise journée.
Se grattant la tête en tentant vainement de se relever, il comprit que son mal de dos chronique était revenu.
Il fallait bien dire que dormir dans pareille position, la tête perpendiculaire au corps et à moitié assis, n'était pas de tout repos.
Enfin, Heihachi préféra finalement tenter une roulade saltoïque afin de se relever, et se retrouva par terre en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
Grommelant des choses incompréhensibles et que, de toutes les façons, la morale réprouve sans aucun doute, l'homme se leva cette fois et se traîna jusqu'à sa salle de bains où - comble de l'ironie - ne se trouvait en fait qu'une cabine de douche et un lavabo.
Ouvrant le robinet d'eau froide, le son de cette eau s'écoulant lui donna soudain envie d'aller au petit coin, ce qu'il s'empressa de faire sur-le-champ ; malheureusement pour lui, c'est cet instant sacré que choisit le livreur de courrier - autrement dit le facteur - pour sonner à sa porte.
Décidé à ne pas se faire malmener par la vie, Heihachi prit son mal en patience et se dirigea de manière spontanément énervée vers la porte de son bel appartement aux couleurs froides et ternes.
Après avoir déverrouillé l'accès vers l'extérieur, la porte s'ouvrit devant un homme assez jeune de type asiatique, à la tunique jaune caractéristique des employés de la P.O.S.T.E., sigle dont notre bon Heihachi n'avait jamais saisi la signification pourtant simpliste.
Le courageux travailleur qui travaillait par temps froid ou chaud selon les saisons fit un bref "Brrrrr..." pour rappeler que l'extérieur était plutôt tiédasse en cette saison, et il donna en mains propres une lettre à Heihachi qui ne le remercia pas, ayant froid aux pieds.
Après avoir refermé la porte derrière lui et verrouillé à nouveau l'accès afin qu'un charlatan ne vienne pas le déranger dans sa prière, notre héros s'avança dans son appartement en analysant cette enveloppe qui protégeait le courrier.
Était-ce un piège ?
Avait-il eu raison de fermer la porte une première fois sur les doigts de cet employé de la P.O.S.T.E. ?
Pourquoi la queue du cochon est-elle en tire-bouchon ?
Il aurait sans doute toutes les réponses à ces questions en ouvrant la lettre.
Heihachi retourna donc dans son salon et, s'asseyant, s'empara de son coupe-papier et sortit le courrier :   

Salut Heihachi,

Ça fait une paye mon vieux !
Comment vas-tu ?
Je ne sais pas si tu te rappelles de moi, on était à l'école de police ensemble.
Je me souviens encore du jour où tu as eu cette conjonctivite, c'était vraiment flippant !
La doctoresse avait remarqué que tu n'avais plus de pouls, mais personne ne s'en était alors inquiété.
Enfin bref, je voulais te dire que j'allais venir en ville d'ici une ou deux semaines, on pourrait se revoir, qu'en penses-tu ?
J'ai lu quelques uns de tes rapports sur ton site en ligne, et ils sont mathématiquement biens !

En plus, j'aurais aimé étudier de près cette météorite qui est tombée l'autre jour dans le jardin des Ramon.
Je sais que tu as dû voir des photos, mais elles sont truquées : les extraterrestres ne jouent pas au tennis.
De toute façon je t'appelle quand je suis à l'aéroport, tu viendras me chercher, hein vieux frère ?

Allez je te laisse.
A+

Signé : Mi-Chan, un mec chaud.

PS : Tu as eu raison, ne t'inquiète pas.
PS2 : En fait, c'est le tire-bouchon qui est en forme de queue de cochon.
PS3 : Pas encore de bon jeu sur cette console...

Heihachi n'en crut pas ses oeils : il allait revoir Mitchi, ce bon vieux Mitchi, lui qu'il n'avait pas vu depuis des années ?
Le reconnaîtrait-il ?
Faisait-il toujours aussi bien les uppercuts à la sauce soja ?
Heihachi se souvenait du bon vieux temps, quand il s'amusait avec Mitchi à jeter des excréments, ou qu'il tentait d'accoupler un hamster avec un hippopotame.
Tant de souvenirs lui revenait en mémoire, tant de choses restées en cage qui semblaient se libérer au gré du vent...
Un rayon de soleil apparut dans le ciel d'Oulossis.
Ça y est : la journée pouvait enfin commencer.

25 octobre 2007

Chapitre 1

La ruelle était déserte, silencieuse, sombre.
Les clés avec lesquelles il jouait dans sa poche résonnaient d'un tintement irrégulier, et les sons étaient presque imperceptibles.
Il marchait d'un pas lent, profitant de l'air frais d'un hiver de novembre arrivé trop tôt.
Son souffle se percevait au loin, créant une fumée qu'on aurait pu assimiler à celle d'une cigarette.
Mais Heihachi ne fumait pas.
Non, bien sûr.
Il se bourrait la gueule parfois, un soir où il se sentait moins bien ; évidemment, cela arrivait.
Son lieu de réflexion favori était sans doute ce bar du coin, tenu par de ravissantes soeurs que tout semblait opposer, sauf la bêtise.
D'ailleurs, il avait longtemps cru que l'une était la mère de l'autre, mais non.
Il posa son épaule sur un des murs froids se trouvant non loin de lui.
Son regard se posait au loin, vers les réverbérations des lampadaires.
Attendait-il quelqu'un...?
Un dealer, ç'aurait été trop immoral pour un flic, un simple flic.
Une femme alors ?
L'endroit n'était pas de ceux rêvés pour un rendez-vous, mais comme vous le savez peut-être - ou peut-être pas d'ailleurs, Heihachi était bien le genre de personne à faire ce genre de chose n'importe où, n'importe comment, avec n'importe qui.
Xiaoyu Ling ?
Il ne fallait tout de même pas pousser.
Malgré son âge - certains pensent qu'il se rapproche de celui du capitaine, Heihachi n'a jamais sombré dans la nécrophilie.
Enfin, nous nous égarons, et sombrons dans l'immoral...
Attention : un homme arrive.
Il tient quelque chose, et s'approche d'un bon pas.
Lorsque Heihachi le voit, il s'écarte du mur près duquel il s'appuyait jusqu'à présent, puis fait deux pas : l'un du pied gauche, et l'autre du pied droit.
Tout cela est bien sûr très rapide et en même temps très lent, d'où l'intérêt de rajouter cette phrase que vous lisez en ce moment et qui ne sert absolument à rien.
Au bout d'un moment, Heihachi et l'inconnu se rencontrèrent : l'inconnu tendit un paquet à l'autre, et une discussion s'engagea alors :

- Salut. Tu l'as ?
- Bien sûr.
- OK. On avait dit 50 écus, c'est ça ?
- Merci.

Heihachi s'empara du paquet, et l'autre homme disparut par le chemin d'où il était venu.
L'histoire ne dit pas ce qu'il fera la reste de la soirée.
Pendant ce temps, et copiant sans vergogne son homologue anonyme, notre héros au grand coeur tourna également l'étalon, et reprit sa marche, son paquet sous le bras.
 
Nous retrouverons notre homme quelques instants plus tard, devant chez lui.
Les clés se retrouvent alors dans sa main, et cette dernière s'avance vers le mécanisme permettant d'ouvrir la porte de son appartement.
Oui, il s'agit bien d'une serrure.
Un claquement, puis la poignée s'abaisse et la porte s'ouvre : et là, le spectacle était organoleptique : une grande pièce seulement éclairée par les néons extérieurs rendait une lumière bleutée ; une table basse de taille moyenne trônait au centre, là également où se trouvaient une PlayStation 2, deux ou trois bouteilles de vodka et quelques magazines olé-olé.
Ce n'était en effet plus un secret pour personne, mais le père de Heihachi était bel et bien espagnol.
Posant sa monnaie là où la place le permettait, Heihachi posa son paquet sur le canapé en cuir d'un noir éclatant, et son blouson sur un porte-manteaux qu'il fallait sans doute deviner.
Une fois le manteau à terre, Heihachi se dirigea vers sa cuisine américaine : il ouvrit son réfrigérateur, et en sorti une bière dont il fit sauter le bouchon d'un geste expérimenté et sûr, aussi vif que délicat.
D'ailleurs, cette facilité à faire sauter la capsule lui avait été léguée par un frère d'arme avec qui il fit ses classes dans un tournoi quelconque.
Après un petit tour dans la pièce où son regard se perdait comme absorbé par des pensées iconoclastes, notre homme s'affala dans son magnifique divan en peau de tigre, celui-là même que Ken tua pour teindre son fier kimono.
Ah, la bonne époque.
Heihachi y songeait souvent.
Posant sa bière sur sa table basse en bois brut, il se saisit en échange d'un courrier situé au-dessus d'une pile d'albums de bandes dessinées : il le relit deux fois, puis le posa près de lui, se prenant la tête dans ses mains, le corps en arrière, totalement relâché.
Une nouvelle affaire ?
Non, il était trop tôt.
Quoi que.
Son réveil indiquait tout de même les 23 heures.
C'était l'heure où, par le passé, il avait fait tant de ravages.
Il s'en rappelait, vaguement, par intermittence.
Il fallait dire que l'alcool n'avait rien arrangé, et son âge ne l'aidait pas.
Une bonne nuit de sommeil, voilà ce qu'il lui fallait.
Sans même bouger de son siège, il s'allongea, puis se laissa aller à des rêves plus doux.
Ce paquet qui contenant son repas à base de riz thaïlandais allait refroidir, c'était sûr ; mais après tout, un bon cacao le lendemain, et tout serait oublié...

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10 décembre 1998

Chapitre 11 - Lei Wulong ou Lei ou Lang ? (2ème partie)

Je m'étais tellement fait hyper mal que je bus toute la carafe d'eau de 5 litres en un seul coup. Ce qui ne servit strictement à rien, bien sûr.

Après avoir bu autant, il était évident que j'avais très envie de faire un très gros pissou. Mais il n'y avait pas de chiottes dans ce vieux bar tout moisi. C'est alors qu'un vieil homme me dit : « Oh putain petit, on peut dire que tu m'as foutu la trouille. » Je ne savais pas pourquoi il avait dit ça. Mais une chose était sûre : j'avais envie de pisser un bon coup. J'avais donc besoin de m'acheter de beaux cabinets roses et un paquet de bonbons (et des chips aussi).

J'allais donc au supermarché Carrefour qui se trouvait à 1.000 km au nord-ouest de l'île. « Mais qu'est-ce que je dis ? » Eh oui, je devenais vite très fou et j'avais besoin de voir un médecin de toute urgence. J'allais donc en direction du médecin de garde de la nuit de Batman (et de Robin, l'enfant prodige). Je lui expliqua que mon ventre me faisait souffrir, et il me répondit (fort gentiment d'ailleurs) : « Ferme ta gueule gros connard, il y a des patients devant toi, alors tu peux entrer. » C'est après m'avoir dit ces belles paroles que je compris (non, c'est vrai que je ne comprends plus rien) que tout le monde était devenu complètement dingue : cela ne pouvait être l'oeuvre que du terrible Lei Wulong, grand prêtre de la magie noire, et milliardaire (et aussi marchand de glaces dans le Colorado)...

10 décembre 1998

Chapitre 10 - Lei Wulong ou Lei ou Lang ? (1ère partie)

Vendredi 10 décembre.

Moi, Heihachi de la Corporation Mishima, vient de me rendre compte que je devenais vite très fou. Car ce que m'avait annoncé ce Lei Wulong m'avait abasourdi.

Je me rendis donc chez moi pour voir mes dossiers top-secrets concernant les maladies psychologiquement psychologiques des jeunes flics chinois. C'est alors qu'en fouillant un peu plus bas dans mes dossiers que je m'aperçus d'une chose terrible : M. Wulong était en réalité le fils de M. Wulong, chose très bizarre ; encore plus bizarre, ce M. Wulong était le fils du très célèbre Docteur B.

Qui était ce Docteur B. ?

Je suis donc allé manger un sandwich à la rillette et au pâté pour me dégourdir la jambe et les estomacs. Le serveur qui me servit n'était autre que mon frère Roger Mishima, le fils de mon père. Et de ma mère.

Il ne me reconnut pas. Je l'appela donc : « Eh Roger ! » A son nom, il se dépêcha de se partir très vite. Je compris alors que... Non. En fait je n'avais rien compris. Et je mangea alors très vite mon hot-dog au chien chaud un peu tiède. C'est alors que je me lècha les babines en me brûlant la lèvre supérieure gauche. Oula... Ca fait mal !

(à suivre)

9 décembre 1998

Chapitre 9 - Lei Wulong, le retour (4ème partie)

Je décidais, après mûre réflexion, de défoncer la porte à coup de révolver, quand j'entendis tout à coup un cri de mongol inter-dimensionnel : « Ta gueule ! » Ce cri me fit la peur de ma vie. Je compris qu'il fallait que je me dépêche. Je brandis mon flingue, puis tira 18 coups de feu dans la serrure de la porte. Au dix-huitième coup, la porte céda : et le spectacle qui s'offrit devant mes yeux fut attroce ; Anna était allongée, la tête en sang, tandis que sa soeur était décapitée, brûlée, électrocutée, noyée, étranglée et hâchée menue.

M. Wulong se tenait debout, devant moi. Il se retourna, et je voyais de par la couleur de ses yeux que ce gros connard avait pris de la drogue et avait bu un coup de trop. Je lui demandais alors comment il avait fait pour survivre alors que, l'autre jour, je lui avais tiré trois balles dans sa gueule de vieux chinois.

« - Je ne sais pas de quoi tu parles.
- Tu es bien M. Wulong ?
- Oui, mais je suis Lei Wulong. »

Ces paroles furent attroces ; je n'avais donc pas tué le vrai Lei Wulong ? J'étais vraiment dans la merde, j'avais fait la plus belle connerie de tous les temps.

« - Non je déconne, en fait je suis Lei ou Lang. »

Là je ne comprenais plus rien du tout. Mais qui est ce salopard à la fin ?

9 décembre 1998

Chapitre 8 - Lei Wulong, le retour (3ème partie)

Je cherchais donc où Anna Williams et sa soeur Nina avaient bien pu partir.

Alors que j'allais sortir du bar, M. Bosconovitch m'appela : je vins jusqu'à lui et il me dit que si je lui payais une bonne bouteille, il me dirait où ces deux chipies se sont échappées. Je demandais alors à Law Forest, le garçon de café, de nous apporter sa meilleure bouteille de whisky. Le vieux Bosco me dit alors que les deux soeurs étaient parties rejoindre leur patron M. Wulong dans l'arrière-boutique du supermarché.

Je remercie alors ce vieux fou pour ces précieuses informations et je courus jusqu'au supermarché. Une question cependant me brûlait les lèvres : comment se faisait-il que M. Wulong soit toujours vivant ? Car je lui avais tiré, trois jours auparavant, trois balles de mon superbe flingue à 200 $ dans sa vieille tête de chimpanzé, et je l'avais laissé pour mort : comment aurait-il pu survivre ?

Alors que je marmonnais ces quelques paroles, j'entendis une voix dans mon dos qui poussa un cri : une femme sans doute. Je me dirige alors de là où avait émané ce cri strident, quand j'entendis : « Pou year ! » Je ne comprenais pas ce qui se passait car la porte derrière laquelle émanaient ces sons était fermée à quadruple tour... Ça s'annonçait plutôt mal...

(à suivre)

9 décembre 1998

Chapitre 7 - Lei Wulong, le retour (2ème partie)

En réalité, seule une seule personne ne m'inspirait pas confiance : il s'agissait de la soeur de Nina Williams, j'ai nommé Anna Williams, car c'était la seule à ne pas avoir de témoin. Je suis donc allé chez ce coiffeur dont elle m'avait parlé, ce certain M. Ogre.

Il tenait un salon de coiffure respectable qui se trouvait juste en face du Musée des Champignons, et juste à côté du supermarché. Je suis alors entré, je me suis présenté et je lui ai demandé s'il avait reçu aujourd'hui une femme du nom de Anna Williams. Il me répondit que non car il venait tout juste d'ouvrir sa boutique : il était allé faire des courses avec son frère True Ogre durant tout le début de l'après-midi.

La preuve en était faite : Anna Williams m'avait bel et bien menti ; je suis donc aussitôt après allé au bar des Williams. Lorsque je suis entré, je ne vis personne à part M. Bosconovitch qui était en train de boire sa bouteille d'alcool préférée.

Mais où était donc les soeurs Williams ? Encore un grand mystère...

(à suivre)

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