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Les Histoires Biens de Heihachi

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19 décembre 2014

Heihachi Story 2

Docteur Panda lui rendait visite nuit et jour pour son déjeuner nuptial. C'était moche et vraiment loin d'être beau. Une rotule avariée, le lit d'hôpital mal repassé et une barbe de 3 heures. Docteur Penneda ne se préoccupait pas que de lui changer sa perfusion, non, il stabilisait également son pouls et refilait les siens. Un jour de pleine lune cosmétique âcre, le défunt lança ces quelques phrases dans un dernier soupir agité : « Ouh ! ». Puis s'en alla dans un monde meilleur, où il rejoindra l'amour et l'amitié. L'amour oui ! Mais l'amitié lui pendait au nez. Dans un élan de grâce infirme, l’octogénaire s'octroya une seconde vie pour le round two et ne pouvait compter que sur ses techniques et son beretta falcon calibre 12 pour mettre d’ors et déjà, la terre en état de nuire et surplomber les liens qui unissait sa chair à ses couilles velues et luisantes à souhait. Kuma de son vrai nom n'était déjà plus de service et avait laissé par m'égare son casque et son jeu de clé de scooter sur le plateau repas entre le champomy et le dictionnaire d'une autre époque gagné dans une émission perse impliquant des questions belles. « Est-ce une illusion ? » se demanda le patient en larme. Évidemment, que ce n'était pas le cas, sa réponse était fausse et cette douleur extra-conjugale se faisait sentir au nez comme aux tympans. D'après la radio, sa rotule de l'avant bras suintait de champignons tropicaux et autres désherbants fratricides mais ce n'était pas la bonne fréquence, car oui il préférait le jazz et il assumait. Il se pinça le jeu de clé, bu un cul sec de joue et démarra le deux roues à l'aide du champomy d'abord. Il en oublia le casque et n'hésita pas à chanter sa liberté submersive de bon cœur pour ne pas se faire prendre par les keufs postés sur les tours de guet. Heihachi était hétéro et de plus... c'était notre héros.

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18 décembre 2014

Heihachi Story 1

Heihachi titubait. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas pris une telle cuite au Bar du coin. La nuit était noire, la pluie était humide et les vêtements du maître du karaté semblaient se gondoler à mesure qu'il roulait dans la ruelle maussade. En tapant dans une poubelle, Heihachi se cogna le rotule dans un rat qui passait. C'est à cet instant que les yeux du vieil homme rencontrèrent ceux d'un homme à l'allure belle et longiligne, un mec qui faisait la loi dans la forêt : Forest Law. Au lieu de ses fringues en peau de mammouth habituels, le fils de Jude arborait une redingote du plus bel effet, ce qui éblouit tout naturellement le visage teinté d'émeraudes de notre héros au coeur léger. Dix minutes passèrent alors qu'aucun des deux compères ne bougeât. Puis, avec une habileté mêlée d'intrigue, chacun bondit dans un coin du ring avant de scruter l'horizon d'un oeil malicieux ; ils sortirent un fusil à pompe de leur sacoche de voyage et commencèrent à tirer dans tous les sens sans vraiment viser quoi que ce soit. Ils finirent par tuer trois passants innocents sauf un qui était un voleur de diamants célèbre du XIXème siècle. Une fois toutes leurs cartouches utilisées et le silence revenu, une odeur de sirène de police retentit dans la ville lugubre et rapide : il s'agissait du célèbre policier-flic Lei ou Lang, on ne sait plus très bien, qui avait tout entendu dans son local moite situé à 12 kilomètres au nord-ouest. Aussitôt dit aussitôt fait, les deux lascars au cheveu rare prirent immédiatement la fuite en direction de la galerie d'art. Ils étaient en effet tous les deux en cavale depuis plusieurs années et retourner en taule ne faisait clairement par partie de leurs prérogatives. Une course-poursuite s'engagea alors pendant 5 secondes mais Heihachi se foula la cheville et il tomba dans le caniveau. Cette infortune lui permit de semer son poursuivant, mais en contrepartie il mourut dans d'horribles souffrances.

7 mars 2012

Chapitre 12

Heihachi était toujours atablé. Il attendait, l'oeil hagard, l'arrivée de son repas demandé par doublon. Mais cette enseigne qu'il avait vue au détour d'un clin d'oeil lui rappela à sa mémoire quelque souvenir subjectif. "Le bar du coin"... Où diable avait-il pu entendre parler de ça ? Est-ce l'un de ces bars louches dans lequel il avait pu aller un soir de cuite mémorable ? Non, assurément: notre héros et néanmoins ami n'était pas un tel débauché. Etait-ce le lieu d'un meurtre pour lequel il avait dû enquêter un soir de pleine lune ? Non, promptement pas: comment aurait-il eu l'audace d'oublier tel évènement, lui qui notait tout - bon an mal an - dans son journal intime ? Les méninges se creusaient et le ventre gargouillait. Heihachi n'en pouvait plus. Hurlant de fâcherie, il frappa du poing sur la table et les couverts volèrent :

- Bordel ! Où est donc la bectance, femmes ! Je vais brûler votre établissement, et vous avec !

Tout à coup, un éclair de génie au chocolat lui traversa l'esprit :

- Mais oui, évidemment ! C'était... Comment s'appelait-il déjà ? Un chinois... Lei ou Lang... Je lui avais buté sa tête au colt magnum ! C'était ici, j'en suis sûr !

Il criait comme un pendu et tous les clients le regardait :

- Quoi, les mauviettes ? Je vous prends tous un par un ! Non, tous en même temps ! Venez !

C'est alors que, sortant d'une poubelle déguisé en chamelle, un flic avec une chemise blanche et des bretelles à la mode pointa son arme de service sur notre héros au coeur doré :

- Hey ! Lâche ton arme Hachi ! Ou j'te fais cramer les esgourdes !

- Ah ouais ?

- Ouais !

- Ah ouais ?

- Ouais !

Et tout l'immeuble s'effondra.

26 décembre 2011

Chapitre 11

Depuis qu'il avait semé cette flicaille à l'air de loutre fou, Heihachi courait sans s'arrêter, ayant trop peur de se faire arrêter et envoyer en prison. La pluie s'était remise à tomber, et les flaques d'eau sale ruisselaient sur la chaussée du matin. Notre héros au coeur d'or avait le souffle court et l'arrivée d'une horde de chiens errants manqua de lui dévorer une jambe, un oeil et un concombre des prairies. Il se cacha alors dans un trou et attendit que la pluie et les chiens passent pendant qu'il se reposait délicatement.
Plus tard, alors que la boue l'avait à moitié ensevelli, Heihachi sortit sa main de son cache-nez et commença à uriner partout. Il s'aperçut bien vite que la neige manquait et que les tubercules du jasmin étaient plus grands qu'un clown monté sur échasses. Aussitôt dit aussitôt fait, il remonta à la surface pour respirer le bon air frais, et surtout pour - enfin - rentrer chez lui après cette dure journée de merde.
La nuit tombait bientôt dans la ville à petite portée, et l'angle de vue de notre héros au coeur vaillant vacillait à chaque pas qu'il faisait sur la chaussée lisse et froide. Depuis son dernier sandouiche à la rillette, il n'avait rien mangé depuis quelques jours de battement flasque et voluptueux. Ainsi, ses pensées vagabondaient allègrement entre les mailles du filet, et il pensa qu'il n'y avait que maille qui lui aille.
Après plusieurs pas chaloupés et deux bonnes heures de marche triangulaire, il finit par tomber sur un croisement dans la ville noire et brune: c'était le lieu de prédilection d'une installation rapide et belle d'un bar jumelé tenu par la famille de longue date. Heihachi entra en se mouchant, et referma la porte derrière lui parce qu'il avait quand même des bonnes manières (il avait vécu 3 mois dans le Doubshire, Sussex, Angleterre, Royaume-Uni, en compagnie d'une madame travestie). Une blondasse apparut soudainement dans un costume bleu turquoise avec des nunchakus et un couteau de boucher:

- Bien le bonsoir espèce de gros porc, que désirez-vous ?
- Hé bien, la meilleure saucissaille que vous possédez, deux tranches de lard et une kyrielle de pommes dauphines cuites au four ancien dans un demi-litre de graisse d'oie véritable.
- Tout de suite raclure de bidet.

La femme s'éloigna, mais notre héros au coeur vacillant n'eut pas le temps de se remettre à ses mots fléchés qu'il avait déjà la visite d'une autre hurluberlue en chapeau de cowboy et tenue de soirée rouge vif d'un goût plus que douteux:

- Bien le bonsoir pauvre pourriture moisie, que désirez-vous ?
- Hé bien, un demi-kilo de noix de cajou, quatre ailes de poulette sauce chicken, dix-huit calibres 900 et mon pied au cul si tu te casses pas dans la seconde.
- Tout de suite vieille nouille séchée.

Et la femme s'éloigna tout aussi promptement que la seconde. Mettant sa serviette autour du cou comme toute bonne tortue mutant qui se respecte, Heihachi ne put s'empêcher de rôter, de péter et de rôter à nouveau, comme pour mieux préparer la bectance qui allait s'amener dard-dard. De plus, il contempla l'enseigne d'une vue extérieure: "Le Bar du Coin". Tiens-tiens, cet air de canard lui disait abruptement quelque chose...

18 septembre 2011

Heihachi roi d'la route

« Moi, Heihachi de la corporation Mishima, a été formé afin de combattre la haine et la justice et de protéger les faibles de l'armistice. »

Telle était la devise de notre héros. Sauf que sans armes, Heihachi ne valait pas un rond. C'était durant sa pause déjeuner quotidienne, entre deux services, qu'Heihachi s'aperçut de la banalité de son arme fétiche : Un Colt cinq sang 40 n'oeuf gravé au feu de bois et numéroté à l'encre chino-japonaise.

- « Tavernière ! » dit-il, « où pourrais-je donc bien me procurer une arme capable du pire comme du meilleur? »

La jeune et soigneuse Anna lui répondit : « dégage de mon bar ivrogne ou j'appelle les keufs ! »

En effet, le problème était qu'Heihachi venait de s'enfiler une semi-douzaine de cocktails Dry à la cuillère et pas au shaker ni au Moulinex et qu'il n'arrivait plus à articuler comme il l'aurait désiré et parlait vraiment très fort. Celui-ci partit vitesse une idée en tête et sans régler ses consommations. Il vomit sur un passant et rejoignait bientôt son siège de bureau. Confortablement installé sur son coussin-péteur entreposé lui même sur un faux fauteuil en marbre, Heihachi décida de prendre un bain. L'homme propre, les fraîches idées biens dégarnies, les bourses en poches, il s'apprêtait à quitter les lieux afin de trouver un Computer MACmaismesamism'appellentmacdonald's© lorsque soudain, attention Bruce, il vit à, à peine quelques mètres de lui, un fond de bouteille d'une vieille liqueur nigeroise.

« Santé ! » dit-il, puis se reposa.

La larme à l’œil, le main dans le futal, il s'était réveillé. Il regardait dans l'annuaire les numéros proposés pour un lien via une boutique de Gun ou de lingerie féminine - oui, Heihachi s'absentait parfois bien trop facilement. Ses yeux pétillèrent à la vue d'une annonce : "Chez Jack, le roi du Gun". Parfait dit-il ! Le numéro en tête, il se précipita sur son combiné vintage pour y inscrire les quelques chiffres. Sauf que, faute de mémoire, il retourna de nouveau vers son annuaire téléphonique - Heihachi avait trouvé rigolo le fait de coller son combiné sur un pupitre pour faire comme dans les cabines téléphoniques publiques - alors que son téléphone pas mobile se trouvait dans les toilettes, au cas où quelqu'un venait à l’appeler, alors qu'il aurait pu s'aventurer dans un jouissif et palpitant magazine culinaire au wok durant le largage de pêches du matin. A la dix-huitième et dernière tentative, notre flic très essoufflé et et inspirant tel un cancéreux céda au supplice de sa mésaventure et sortit, armé de son caleçon blanc, à la recherche d'un bout de papier et d'un stylo Montblanc saveur framboise des bois. Heihachi, gai et insipide comme toujours, sonna à grand poing ferme et détendu à la porte d'une boutique où pendouillait une pancarte avec une inscription des moins banale "Clauzèd". Une ombre se vit dans l'obscurité de la pièce se rapprochant petit à petit puis quelqu'un l'accueilla :

- « Désolé, mais je n'ai pas de monnaie sur moi ! »

Heihachi ne comprit pas pourquoi il flippa, mais un robot géant qui veut lui filer d'la thune, ça avait l'air louche... Oh oui, très très louche... Trop trop louche pour notre héros...

- « Vous voulez prendre un bain ? Questionna la silhouette se révélant être un robot. »

- « Non misérable ! Figurez-vous que je suis à la recherche d'une plume d'oie de caille me permettant une souscription éternelle d'analphabétisme conjugale kiosque douée d'une intelligence euh, vraiment supérieur ! »

- « Vous voulez dire.. mon cerveau ? »

- « Ah nan nan nan... »

Et Heihachi brandit instinctivement son arme contre son agresseur présumé, coupable de crime contre l'humanité. Le robot, affolé par le courant d'air que sécrétait cette porte normalement fermée, s'enrhumait dangereusement. Il tenta par tous les moyens de se débattre comme il le pouvait face à une attaque si adroite et maligne. Mais tout à coup... Patatra ! Un bruit terrible ! Malheureusement, notre jeune héros se blessa.

« Outch ! » s'éxprima t-il. Le portable d'Heihachi sonnait, rendant la bataille de plus en plus abrupte et ce dernier semblait complètement excité à l'idée de reparler à sa femme après toutes ces décennies passées et malaxées sans la moindre carte postale.

Un bruit totalement étrange se fit entendre :

- « Ouaaane, toooou, fouii, faaaaur, faaaïveu, siiix... »

- « Tiens, je ne comprends pas, j'ai pourtant pas déclenché mon chronomètre...? »

Non, ce n'était pas le délicat son de son chronomètre spécial "combien-je-peux-manger-de-Chipster-en-une-heure", mais bel et bien une voix qui sortait de nul part !

- « Séveun, haaaïte, naaaïne... »

« Combien de temps cela allait donc durer ? », se demanda t-il, puis en regardant ses chaussures de ville, il s'empressa de remettre son scratch ôté lors du combat sans trucage.

- « Tèèèn ! »

Puis le robot d'acier géant tournicotant cassa l'ensemble de ses vitrines laissant ainsi une panoplie d'armes variées et diverses et un fracas de verre indéfinissable rayonna dans toute la cité. L'homme aux deux sabres collés au ben se demanda si le robot était décédé d'une mort naturelle luxurieuse. Il prit le dernier Gun qu'il vit et tira sur une grenade rangée à côté du C4 devant le petit étendard de bonbons « Dynamito, la bubble gum à tout péter ! ». Mais il rata son coup et la balle en blanc finissa sa course dans la tête humaine du robot moche.
Heihachibre, accompagné de sa nouvelle monture, partit à l'aide de son skateboard, la moustache au vent, vers une contrée plus lointaine.

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20 août 2011

La rencontre fatale

Heihachi était assis près de Ronald. Il dégustait un sandouiche au bœuf de Thaïlande, et la sauce mexicanos dégoulinait de sa lèvre basse. Il se régalait, le bougre, c'était certain. Repu de frites et de ketchup, c'est vers les 13h30 qu'il quitta le restaurant. Mais il ne fit pas un pas dehors que la vue d'une sorte de fou en costume de cowboy se présenta face à sa tignasse:

- Hé toi ! Je t'arrête pour tuage de mouton et mangeage de sauce tartare !

Heihachi sourit, sûr de sa force:

- Écoute petit con, je ne sais pas qui tu es et toi non plus. Écarte-toi de là et rapporte-moi plutôt un digestif !

L'homme se mit en position de tir horizontal. Notre héros sentit la menace, et se mit également en position, comme un réflexe. Mais il n'avait aucun flingue sur lui. Tous ses effets personnels étaient restés à la prison, avec notamment sa gourmette de Droopy et son châle jaune à motifs bleu ciel. Comprenant son erreur, il se ravisa aussi rapidement qu'un lapin de garenne et reprit la parole:

- Enfin, rien ne sert de nous fâcher pour cela, j'ai bien mangé et bien bu, j'ai la peau du ventre bien tendue !
- Tais-toi, ordure ! Tu ne mérites pas de te balader en liberté ! Foi de flic, je vais te coffrer, même si je dois abuser de la force ! Les mains en l'air, canaille !

Cette fois, Heihachi ne pouvait plus reculer. Il sortit donc un stylo quatre couleurs de sa poche et le jeta en l'air de sorte de faire un miroir aveuglant, mais son attaque échoua et le policier en jupette rit de bon cœur:

- Ah ! Ah ! Ah ! Tu es trop faible !

Ce rire de singe mutant éveilla les soupçons de notre héros:

- Mais... Tu es Lei ! Ou Lang, je ne sais plus très bien...
- Oui Heihachi, c'est moi ! J'ai changé de coiffure, mais ça m'empêchera pas de te botter le cul !

Il courut subitement, mais le flic chinois fit un mauvais pas, se tordit la cheville, glissa et tomba dans un ravin. On ne le revit plus durant des années et Heihachi put poursuivre son chemin les mains dans les poches et les doigts de pied en éventail.

20 août 2011

Le poème de Heihachi

C'était une journée belle et envoûtante. Heihachi se levait avec le soleil dans les yeux et le ventre vide. Il avait pensé toute la nuit, il avait réfléchit comme un surdoué, et il avait même commencé à se dire que l'énervement fortuit et très fou ne l'aiderait pas à obtenir vigueur et compréhension dans le royaume des morts. Les barreaux de sa cellule formaient une sorte de barrière magique vers les étoiles de la nuit, et personne ne pouvait se rendre compte de la transformation fantastique qui était en train de se tramer dans l'esprit vif éclair de notre ami héroïque.
En effet, après le meurtre de la doctoresse des dents de sagesse, aucune police spéciale ne put empêcher Heihachi d'être condamné à une peine de huit mois de prison. Il eut beau clamer son innocence et commander douze patates douces par hectolitre carré, cela ne changea rien et renforça même la décision du juge à augmenter les doses et à compter deux par deux en sautant à cloche-pied entre un cheval à bascule et une pierre de mousse. Les yeux rivés vers le lointain, les nuages scintillant dans la brindille spatiale, Heihachi se mit à écrire sur les murs de sa geôle avec un os de rat et du sang de ptérodactyle:

OH SEIGNEUR,
Quand me ramèneras-tu du beurre ?
Je mange tous les jours des cacahuètes
Et pourtant, même sans cela, je pète !
Qui l'eut cru quand je sois arrivé
Que je mettrais mon pied sur mon nez ?
Et qui comprendra à la fin
La douleur évoquée par un orphelin ?
Car oui, je n'ai point de parents
Abandonné que je fus dès mon accouchement
Illettré et battu par tous
Pourtant j'avais une si belle frimousse !
Ah que la vie est dure et pourtant belle
Comme l'était ce superbe ciel
Que je contemplais avec émoi le soir
Quand j'avais la tête dans des nénuphars...

La vitesse était belle et lyrique, et notre héros au cœur grand savait maintenant comment rendre le monde meilleur: ses poèmes seraient lus dans les écoles, dans les mairies, et dans les cimetières. Vive Heihachi ! Que la gloire et la fortune lui soit acquises, et que la viande de bison soit rapidement dans son écuelle ! Son ventre gargouillait effectivement, et les images du Macdonald lui firent rapidement scier les barreaux de sa cellule pour rejoindre avec vitesse et promptitude le monde extérieur, là même où devait se repaître un génie tel que lui.

18 août 2011

L'attente de Heihachi

C’était un jour de beauté prospective. Heihachi avait eu mal à la dent en mangeant un carambar à la noisette, et il avait pris un rendez-vous chez son pharmacien urgentiste. Il se trouvait donc dans la salle d’attente, seul, comme une vulgaire personne normale qui aurait été abandonnée de tous. C’était un peu une grosse merde, il fallait l’avouer. Une horloge bilingue pianotait les secondes intrinsèquement et les yeux de Heihachi ne pouvaient s’empêcher de la contempler de toute sa laideur tridimensionnelle. Dans sa tête, notre héros devenait très fou. Il n’en pouvait plus d’attendre, il détestait cela. Déjà, l’autre jour, quand il avait dû faire la queue pour aller au cinéma, il avait cassé un pot de fleur de dix kilos sur la vieille dame qui le précédait. Il sut plus tard qu’il s’agissait de Ling Xiaoyu, sa femme. Enfin, il avait fait un séjour au poste pour cela, et il y avait prescription. Le silence était de mort dans la salle. Il n’y avait que des vieux magazines moisis et des chaises pas confortables. Heihachi tapait du pied sur le sol. Il était en stress, lui qui était si beau et si belliqueux d’habitude. Enfin, au bout de cinq minutes d’attente, le médecin femme vint lui ouvrir la porte :
- Bonjour cher monsieur Heihachi, veuillez me suivre s’il vous plaît.
Heihachi voulut botter les fesses de cette bonne femme qui lui donnait des ordres, mais sa douleur dentaire était telle qu’il lui était parfaitement impossible de soulever le talon plus haut que son genou gauche. Il marcha donc d’un air las, et entra dans le cabinet.
- Vous pouvez vous asseoir.
Notre héros en avait plus que ras-le-bol. Cette fois, c’en était trop. Il sortit son colt 257 Magnum et buta le canard bègue qui marchait dans le couloir, avant de pointer du doigt la femme médecin qui avait un badge en forme de rectangle.
- Écoute-moi bien petite pétasse, tu me soignes tout de suite et tu fermes ta gueule !
Oui, Heihachi était vulgaire, mais il avait mal à la gencive et il était très énervé. Il fallait pas le faire chier dans ces moments-là. La femme doctoresse eut peur et partit en courant en sautant par la fenêtre du 3ème étage avant même que Heihachi ait eu le temps de recharger son arme.
- Z… Zut, dit Heihachi d'un air con.
Comment allait-il faire maintenant pour se soigner ? Enfin, il avait tout à disposition, ça serait donc très facile de faire ce que cette femme désormais morte devait faire. Enfantin. Classique. Facile.
Quatre heures plus tard, Heihachi sortait du cabinet avec du sang partout. Un passant qui passait dit :
- Oh mon dieu, mais ça doit être une véritable boucherie là-dedans !
Il décéda rapidement d’un coup de colt, et notre héros s’en alla dans le soleil couchant, vers de nouvelles aventures burlesques.

4 avril 2011

Ogueur le notaire, histoire spéciale de Heihachi

Avec Ogueur dans le rôle du notaire, Hwoarang dans le rôle de la secrétaire absente, et Heihachi dans le rôle de la plante verte

C'était une après-midi de pluviométrie rapide. La neige ruisselait sur le toit de la bâtisse de pierre taillée brute, et l'homme qui se tenait près de l'entrée avait l'œil morne et le museau en forme de trompette. Il appuya sur la sonnette ronde, et une douce mélopée s'échappa de l'intérieur, derrière la porte colossale qui se dressait face à lui en diagonale. Celle-ci s'ouvrit dans un fracas énorme, grondant comme une pelle qu'on aurait jeté contre un joli galet de couleur rougeâtre, et l'homme entra d'un pas lent et sournois avant d'avancer vers le bureau qui se trouvait au centre d'une salle de cent vingt cinq mètres carrés.
- Bonjour cher maître ! dit l'homme en enlevant son chapeau de cuir et ses bottes melons.
- Bonjour M. Mitsu. Asseyez-vous donc pas, je vous en prie.
- Merci, mais vous pouvez m'appeler Yoshi comme le font mes amis.
- D'accord M. Mitsu. Alors, qu'est-ce qui vous amène dans mes cabinets ?
- Une petite envie de chier.
- Très bien ! Première porte à droite, tout droit, trois feux rouge et quinze douzaines d'œufs durs.
Mais alors que M. Mitsu levait ses grosses fesses, un homme pénétra à son tour dans la tour.
- Restez assis, bande de petites merdes séchées ! Plus un geste ! Personne ne bouge ! Haut les mains ! Stop ! Vos papiers !
C'était Jin Kazmoissa avec son gun spécial zombie.
- Je suis Jin Kazmoissa avec son gun spécial zombie ! Ogueur, tête de patate au beurre ! Tu es notaire, et je vais te faire taire !
Les rimes de Jin étaient aussi naze que celles de Trou Ogueur, le frère de Ogueur, qui était humoriste expérimental dans les années 50. Il était donc aussi pitoyable que son grand-père, mais plutôt moyen en ce qui concernait le jardinage des haricots en milieu solaire. Plus personne n'osait bouger, et la situation était tendue. Au bout de 100 millisecondes, Jin sauta au cou de Ogueur pour l'étrangler avec une seringue. M. Mitsu était paralysé par un livre de Jean-Pierre Coiffe. Ogueur grogna alors en volant à travers l'espace, et dit:
- Tu me lâches, tu me lâches !
C'était la preuve évènementielle qu'il manquait à Heihachi pour confondre les suspects. Il sortit donc de sa plante en prenant racine, et dégaina son magnifique colt alors qu'une armée de Gun-Jack les Rois des Guns encerclait tout le bâtiment. Une affaire rondement menée.

3 février 2011

Heihachi ne meurt jamais 3

Les vacances s'étaient terminées aussi vite que possible. Heihachi était fatigué d'avoir passé son temps à réfléchoir et à manger des papayes, mais il devait retourner à son travail. Alors qu'il préparait sa valise avec des clés à molette et des gruyères AOC, quelqu'un vint toquer à la porte de la chambre de son hôtel privatif et joyeux. Étonné d'une rencontre si tardive dans la matinée, Heihachi fit une sieste avant d'aller ouvrir la fenêtre, puis s'échappa par les gouttières. Il rencontra plusieurs hommes mystérieux dans des aventures toujours plus passionnantes, puis il demanda audience au Roi de Suède qu'il avait vu sur une réclame publicitaire. Cet homme s'appelait Ogueure.

- Parle ! dit Ogueure d'un ton méchant et vilain. Parle te dis-je ! Sinon, je te fais arracher la langue, et les yeux avec !

Heihachi frémissa un petit peu. Il avait oublié son revolver colt 007 dans son sac à main, sur le bar des soeurs jumelles nés sous le signe du lion, parole d'Aphrodite (c'est ma faute). Il comprit donc qu'il lui fallait manger par les orties et compenser la perte de mémoire sensorielle par une identité propre et abjecte qui lui permettrait de rouler son interlocuteur comme on roule une bonne pizza faite maison dans la farine naturelle qui fit la joie de nos aïeux les plus sincères:

- Ahaha ! fit Heihachi d'un air narquois. Tu ne reconnais donc pas ton frère, ton ami, ton camarade de l'armée transvinaigrette ?
- Comment ? hurla Ogueure qui devint de plus en plus vert avec des yeux pourpres. Qu'oses-tu dire, misérable connard aux cheveux hirsutes ? Insulterais-tu la mémoire de mon fidèle Trou Ogueure, sang de mon sang, chair de ma chair, mortecouille et plaquette de beurre ?

Heihachi ne savait que dire. Comment aurait-il pu savoir que la paternité luxembourgeoise du Roi de la Suède pouvait être originaire de la guerre sunique des terrassions de la voûte plantaire ? Il était furieux, et souple comme un chêne.

- Parfait ! reprit Heihachi en faisant une roulade arrière avec un fusil à pompes dans la main. Hé bien, puisque c'est ça, je partirai seul chez grand-maman !

Et les haricots tombèrent du ciel, scintillant de mille feux, comme cette mer qui ne l'avait jamais quitté dans son coeur meurtri par les âmes. La nuit embrassa la palissade du sud de l'outre-monde, et l'équité des justes conquit l'absurdité des douleurs environnementales. Il était temps pour Heihachi de mener son dernier combat: retrouver, soit Lei, soit Lang, et lui faire payer de sa vie ses affronts les plus sincères.

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