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Les Histoires Biens de Heihachi
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18 septembre 2011

Heihachi roi d'la route

« Moi, Heihachi de la corporation Mishima, a été formé afin de combattre la haine et la justice et de protéger les faibles de l'armistice. »

Telle était la devise de notre héros. Sauf que sans armes, Heihachi ne valait pas un rond. C'était durant sa pause déjeuner quotidienne, entre deux services, qu'Heihachi s'aperçut de la banalité de son arme fétiche : Un Colt cinq sang 40 n'oeuf gravé au feu de bois et numéroté à l'encre chino-japonaise.

- « Tavernière ! » dit-il, « où pourrais-je donc bien me procurer une arme capable du pire comme du meilleur? »

La jeune et soigneuse Anna lui répondit : « dégage de mon bar ivrogne ou j'appelle les keufs ! »

En effet, le problème était qu'Heihachi venait de s'enfiler une semi-douzaine de cocktails Dry à la cuillère et pas au shaker ni au Moulinex et qu'il n'arrivait plus à articuler comme il l'aurait désiré et parlait vraiment très fort. Celui-ci partit vitesse une idée en tête et sans régler ses consommations. Il vomit sur un passant et rejoignait bientôt son siège de bureau. Confortablement installé sur son coussin-péteur entreposé lui même sur un faux fauteuil en marbre, Heihachi décida de prendre un bain. L'homme propre, les fraîches idées biens dégarnies, les bourses en poches, il s'apprêtait à quitter les lieux afin de trouver un Computer MACmaismesamism'appellentmacdonald's© lorsque soudain, attention Bruce, il vit à, à peine quelques mètres de lui, un fond de bouteille d'une vieille liqueur nigeroise.

« Santé ! » dit-il, puis se reposa.

La larme à l’œil, le main dans le futal, il s'était réveillé. Il regardait dans l'annuaire les numéros proposés pour un lien via une boutique de Gun ou de lingerie féminine - oui, Heihachi s'absentait parfois bien trop facilement. Ses yeux pétillèrent à la vue d'une annonce : "Chez Jack, le roi du Gun". Parfait dit-il ! Le numéro en tête, il se précipita sur son combiné vintage pour y inscrire les quelques chiffres. Sauf que, faute de mémoire, il retourna de nouveau vers son annuaire téléphonique - Heihachi avait trouvé rigolo le fait de coller son combiné sur un pupitre pour faire comme dans les cabines téléphoniques publiques - alors que son téléphone pas mobile se trouvait dans les toilettes, au cas où quelqu'un venait à l’appeler, alors qu'il aurait pu s'aventurer dans un jouissif et palpitant magazine culinaire au wok durant le largage de pêches du matin. A la dix-huitième et dernière tentative, notre flic très essoufflé et et inspirant tel un cancéreux céda au supplice de sa mésaventure et sortit, armé de son caleçon blanc, à la recherche d'un bout de papier et d'un stylo Montblanc saveur framboise des bois. Heihachi, gai et insipide comme toujours, sonna à grand poing ferme et détendu à la porte d'une boutique où pendouillait une pancarte avec une inscription des moins banale "Clauzèd". Une ombre se vit dans l'obscurité de la pièce se rapprochant petit à petit puis quelqu'un l'accueilla :

- « Désolé, mais je n'ai pas de monnaie sur moi ! »

Heihachi ne comprit pas pourquoi il flippa, mais un robot géant qui veut lui filer d'la thune, ça avait l'air louche... Oh oui, très très louche... Trop trop louche pour notre héros...

- « Vous voulez prendre un bain ? Questionna la silhouette se révélant être un robot. »

- « Non misérable ! Figurez-vous que je suis à la recherche d'une plume d'oie de caille me permettant une souscription éternelle d'analphabétisme conjugale kiosque douée d'une intelligence euh, vraiment supérieur ! »

- « Vous voulez dire.. mon cerveau ? »

- « Ah nan nan nan... »

Et Heihachi brandit instinctivement son arme contre son agresseur présumé, coupable de crime contre l'humanité. Le robot, affolé par le courant d'air que sécrétait cette porte normalement fermée, s'enrhumait dangereusement. Il tenta par tous les moyens de se débattre comme il le pouvait face à une attaque si adroite et maligne. Mais tout à coup... Patatra ! Un bruit terrible ! Malheureusement, notre jeune héros se blessa.

« Outch ! » s'éxprima t-il. Le portable d'Heihachi sonnait, rendant la bataille de plus en plus abrupte et ce dernier semblait complètement excité à l'idée de reparler à sa femme après toutes ces décennies passées et malaxées sans la moindre carte postale.

Un bruit totalement étrange se fit entendre :

- « Ouaaane, toooou, fouii, faaaaur, faaaïveu, siiix... »

- « Tiens, je ne comprends pas, j'ai pourtant pas déclenché mon chronomètre...? »

Non, ce n'était pas le délicat son de son chronomètre spécial "combien-je-peux-manger-de-Chipster-en-une-heure", mais bel et bien une voix qui sortait de nul part !

- « Séveun, haaaïte, naaaïne... »

« Combien de temps cela allait donc durer ? », se demanda t-il, puis en regardant ses chaussures de ville, il s'empressa de remettre son scratch ôté lors du combat sans trucage.

- « Tèèèn ! »

Puis le robot d'acier géant tournicotant cassa l'ensemble de ses vitrines laissant ainsi une panoplie d'armes variées et diverses et un fracas de verre indéfinissable rayonna dans toute la cité. L'homme aux deux sabres collés au ben se demanda si le robot était décédé d'une mort naturelle luxurieuse. Il prit le dernier Gun qu'il vit et tira sur une grenade rangée à côté du C4 devant le petit étendard de bonbons « Dynamito, la bubble gum à tout péter ! ». Mais il rata son coup et la balle en blanc finissa sa course dans la tête humaine du robot moche.
Heihachibre, accompagné de sa nouvelle monture, partit à l'aide de son skateboard, la moustache au vent, vers une contrée plus lointaine.

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6 décembre 1998

Chapitre 4 - Lei Wulong fait du mytho (1ère partie)

Moi, agent Heihachi de la Corporation Mishima, suis parti dans l'hôtel 1 étoile de M. Phoenix.

Un cadavre était allongé sur la moquette du propriétaire : c'était Mme Xiaoyu, cette très très vieille dame de 114 ans qui avait assisté au meurtre du regretté Tiger Jackson ; elle fut retrouvée morte flinguée. Dans cet hôtel, il y avait quatre suspects : Mme Julia Chang, M. Wulong, M. Bosconovitch et M. Phoenix.

Je courus voir Mme Chang : elle avait un alibi en béton. Elle était chez M. Ogre (un coiffeur suédois) pendant le meurtre. Aussitôt après je suis allé voir M. Wulong : c'était un policier japonais. Il me dit qu'il était en train de dormir durant le meurtre ; je n'en croyais rien. Après, je suis allé voir M. Bosconovitch : ce monsieur bourré jusqu'aux pieds me disait qu'il était allé au bar du coin, chez les Williams, des soeurs jumelles. Vu sa tête, je l'ai cru sur parole. Un peu plus tard, je suis allé voir M. Phoenix pour l'interroger : son alibi était correct. Il m'a dit qu'il attendait sa femme qui était à son travail.

Tout cela était bizarre : M. Wulong peut avoir un revolver car c'était un flic. Une affaire bien bizarre...

(à suivre)

6 décembre 1998

Chapitre 2 - Première enquête pour Heichahi

Lundi 6 décembre. Musée des Champignons, à Oulossis-les-Moulineux.

Moi, Heihachi, de la Corporation Mishima, me suis fait informer d'un meurtre en chambre close. La victime n'est autre que Tiger Jackson, la célèbre star de cinéma qui était venue admirer les peintures du très célèbre Bryan Fury. Le meurtre a eu lieu dans les toilettes du musée.

Seuls six suspects suspects peuvent être suspectés : le premier est une très très vieille femme proche de la mort âgée de 114 ans, Mme Ling Xiaoyu. Le second suspect est l'animal de compagnie de M. Jackson, un ours prénommé Kuma. Les troisième et quatrième sont un couple de jeunes mongoliens, M. et Mme Wulong. Le cinquième n'est autre que le demi-frère de M. Jackson, Eddy Gordo, auteur de 72 meurtres, 15 vols à main armée et 23 homicides volontaires. A fait 5 années de prison, aujourd'hui recherché pour évasion et détestant son demi-frère pour son succès au point de vouloir le tuer. Le dernier est un extraterrestre vendeur de riz au bord des routes thaïlandaises, nommé Yoshimitsu.

Quel est donc le meurtrier ? Ceci reste un immense mystère...

Suite de l'enquête très prochainement...

25 janvier 2015

L'affaire du cas de l'enquête

Une fois le démoulage de cake liquide snake terminé, Heihachi remarqua avec noblesse qu'il ne restait plus qu'une seule feuille sur le rouleau de PQ lotus bleu. Celui-ci s'empara d'une main moite et droite de la sus présumée feuille zéro épaisseur et se racla le derrière avec souplesse belle et prosective.

De retour dans la salle de vidéoconférence sans s'être lavé les mains, il regagna sa place au micro pour pousser la chansonnette :

« ♪ Talala micasso - Talala mica misso - Talala micasso - Talala mica... ♫ »

Puis glissa de la scène, faute de scratch aux tongs, de manière fortuite sur la foule faisant trois blessés graves, dont deux légers transportés à la morgue la moins proche.

Il se dirigea expressément dans la douleur la plus muette vers les quelques mets restant afin de remplir son estomac de nouveau vide tout en mijotant un stratagème audacieux.
La salle guindée de flicailles, Heihachi réfléchoisse vitesse, une paille dans chaque narine, avant d'avoir un déclic digne d'une boulangerie thaïlandaise. Il rajouta du sel et une pointe de tabasco à son cocktail qui le rendit tout de suite moche et bon à la fois. Seulement voilà, ce macaque belge venait de finir son discours et risquait de prendre la fuite d'un instant à l'autre. Il ne fallait pas que Heihachi le perde du slibard.

Un tronc d'arbre l'interpella :

- Excusez-moi vieil homme de laideur, c'est vous qui m'avez dégobillé dans les interstices ?
- Recule tout de suite ou tu tâteras de mon flingue.
- Je n'ai que faire de vos sermons, payez-moi les notes de teinturiers et nous serons quittes de secours.

Heihachi s'exécuta, faisant mine d'empoigner sa bourse de son futal préféré mais en fait, il se grattait simplement les parties. Une fois son cocktail terminé, il en commanda un nouveau, puis repartit dans ses pensées glorieuses où un monde féerique l'attendait.

Lei ou Lang-je-ne-sais-plus-très-bien était dans le champ de tirs de notre héros qui perdit sa trace après un déplacement lenteur tout en exécutant une sorte de kata zoophile d'aigle, de tigre, de serpent, de singe macaque et de cigogne. La démarche de ce jeune fou à la devanture simiesque laissait perplexe le vieil homme qui se frottait la moustache du menton. Mais ce n'était que le début d'une série de crimes atroces et son instinct de détective le poussa à recommander un avant-dernier verre.

3 février 2011

Heihachi ne meurt jamais 3

Les vacances s'étaient terminées aussi vite que possible. Heihachi était fatigué d'avoir passé son temps à réfléchoir et à manger des papayes, mais il devait retourner à son travail. Alors qu'il préparait sa valise avec des clés à molette et des gruyères AOC, quelqu'un vint toquer à la porte de la chambre de son hôtel privatif et joyeux. Étonné d'une rencontre si tardive dans la matinée, Heihachi fit une sieste avant d'aller ouvrir la fenêtre, puis s'échappa par les gouttières. Il rencontra plusieurs hommes mystérieux dans des aventures toujours plus passionnantes, puis il demanda audience au Roi de Suède qu'il avait vu sur une réclame publicitaire. Cet homme s'appelait Ogueure.

- Parle ! dit Ogueure d'un ton méchant et vilain. Parle te dis-je ! Sinon, je te fais arracher la langue, et les yeux avec !

Heihachi frémissa un petit peu. Il avait oublié son revolver colt 007 dans son sac à main, sur le bar des soeurs jumelles nés sous le signe du lion, parole d'Aphrodite (c'est ma faute). Il comprit donc qu'il lui fallait manger par les orties et compenser la perte de mémoire sensorielle par une identité propre et abjecte qui lui permettrait de rouler son interlocuteur comme on roule une bonne pizza faite maison dans la farine naturelle qui fit la joie de nos aïeux les plus sincères:

- Ahaha ! fit Heihachi d'un air narquois. Tu ne reconnais donc pas ton frère, ton ami, ton camarade de l'armée transvinaigrette ?
- Comment ? hurla Ogueure qui devint de plus en plus vert avec des yeux pourpres. Qu'oses-tu dire, misérable connard aux cheveux hirsutes ? Insulterais-tu la mémoire de mon fidèle Trou Ogueure, sang de mon sang, chair de ma chair, mortecouille et plaquette de beurre ?

Heihachi ne savait que dire. Comment aurait-il pu savoir que la paternité luxembourgeoise du Roi de la Suède pouvait être originaire de la guerre sunique des terrassions de la voûte plantaire ? Il était furieux, et souple comme un chêne.

- Parfait ! reprit Heihachi en faisant une roulade arrière avec un fusil à pompes dans la main. Hé bien, puisque c'est ça, je partirai seul chez grand-maman !

Et les haricots tombèrent du ciel, scintillant de mille feux, comme cette mer qui ne l'avait jamais quitté dans son coeur meurtri par les âmes. La nuit embrassa la palissade du sud de l'outre-monde, et l'équité des justes conquit l'absurdité des douleurs environnementales. Il était temps pour Heihachi de mener son dernier combat: retrouver, soit Lei, soit Lang, et lui faire payer de sa vie ses affronts les plus sincères.

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2 février 2011

Heihachi ne meurt jamais 2

Nous sommes en février, un soleil de plomb frappait les moustaches de notre héros. Celui-ci était avachi sur un transat, l'œil hagard dissimulé par de grosses lunettes noires. Peut-être recherchait-il une proie, une faille ou encore une barmaid avec qui draguer ? Mais il n'en était rien. Heihachi venait de découvrir qu'il s'était trompé de paire de lunettes et avait maladroitement confondu avec celles destinées aux biens fait des yeux lors d'une éclipse solaire prévu pour mai 1982, juin 1987, mars 2001 et février 2058. Il était tellement vénère qu'il poussa un cri, rappelant alors celui qu'on beugle lorsqu'une grosse commission est enfin expulsée, puis partit chausser ses ski.
Les vagues étaient belles et scintillantes. Heihachi enfila d'un coup de main de maître sa combi de bodyboard préférée et courût vers l'océan d'un pas fier et déterminé. Mais seulement au bout de quelques parasols, il aperçut son vieil ami Gon sirotant un chocolat un peu tiédasse, mais plus chaud que tiède. D'ailleurs Heihachi se fit la remarque et trébucha très violemment sur le vélociraptorrusserex qui ne broncha pas. Le chocolat était maintenant tiède et râpeux, et, un peu partout sur la gueule de Gon qui lui péta au nez de joie! Heihachi se rappela alors d'une très vieille histoire qu'on lui avait raconté ; une bande de ninjas extraterrestres qui balançait du riz à la gueule des gens tel un sacrifice envers le Dieu Delacuissondouceduriz. "Un mythe !" me suis-je encore murmuré.
Il était l'heure de la sieste, Heihachi et ses gros bras s'entraînaient davantage alors qu'il n'y avait plus de place pour contenir une telle masse de caractère et de puissance, sa peau craquelait et ses os se déchiraient, ou peut-être les deux, depuis bien longtemps déjà mais il n'en n'était rien, le cœur à ses raisons que la raison ne connaît point. Il prit un stylo bille bique et y inscrit sa date de naissance. Il pleura de tout son être et sortit son porte feuille pour rendre la monnaie d'un flingue. On pouvait lire sur l'arme : "COME GET SOME". Heihachi jura alors de retrouver le marchand de chocolat pas encore tiédasse.
C'est dans son hôtel particulier qu'Heihachi se distrayait le mieux. Malgré son grand âge mature, voire de surmaturation en pourriture noble tel le botrytis cinerea. Il trouvait toujours un passe temps pour, comme son nom l'indique, passer le temps voir le tuer. Oui, Heihachi s'ennuyait fort vite, à peine le temps d'y réfléchir qu'il culpabilisait encore pour ne toujours par avoir mis Lei ou Lang en prison ainsi que la grosse racaille résidant en ces lieux beaux mais moches que pouvaient être la rue. Oui, Heihachi vivait comme un clodo. Il sentait le phoque à plein nez et suintait tel un volcan sur le cul de sa tendre et chère Xiaoyu Lang. C'était triste à dire mais c'était vrai, et aussi invrésenblable soit-il que son voisin de chambre le Dr. Bosconovitch, lui vomi sur son short alpin de mi-mollet. Il vomit tellement qu'il en perdit raison. Après ce geste de dernière volonté, on eut cru voir un cadavre vaseux aussi rêche qu'un coup de trique dans les bonbons. "Heureusement que la banque ne ferme qu'à 20 heures !" s'exprima Heihachi.
De retour sur son transat, il découvrit enfin pourquoi sa moustache était paillassoneuse.
Il réfléchoix un temps.
Le lendemain matin, vers les alentours des 15h biens passées, il s'étonna de sa forme inhabituelle et prit son petit déjeuné sur le pouce. Et non pas comme l'expression pourrait le stipuler, mais bel et bien sur le pouce. Droit, en l'occurrence. Il était vénère parce que son bol de céréales biocellulaires lui avait glissé des mains et s'était coincé dans son bermuda rouge et jaune à petit pois. Le PC n'était plus là. Il avait laissé derrière lui un ordinateur portable, sans dique dur ni batterie. Cela n'inquièta pas le moindre du monde notre héros qui n'avait qu'à se souvenir de ses anciens cours de musique pour mettre fin au problème. Il tapa avec franchise la tour du PC à l'aide d'une bouée qu'il avait sans doute volé ultérieurement à son fils. Un écran s'alluma. C'était celle d'une pub pour boîte de nuit "Soirée jazzy chez les Williams" qui clignotait rose fuchsia en haut d'un panneau juste au dessus de la tête d'Heihachi. La pub changeait toutes les 11 secondes pour passer de celle des sœurs fumeuses de crack à celle d'une promo sur une coupe chez un Suédois. On pouvait y lire "Promo d'enfer! Moins 25% sur coupe brûlure-saturée-au-8ème-degré / Moins 25% sur coupe à-ras-la-touffe / Moins 10 % sur coupe Atilla-le-cheveux-ne-repousse-jamais".
Heihachi, par un élan survolté et une précision surnaturelle, eut une idée démoniaque. Il s'en alla, le pas fier, la moustache dressée, le slibard à l'envers vers une marche certaine...

4 novembre 2007

Chapitre 3

Les véhicules passaient dans la ruelle dans un mouvement semblant aussi méthodique que répétitif, et la vieille dame tentait de traverser : en vain.
Sa vitesse lente et moche ne pouvait contenir la rapidité successive et monstrueuse des engins qui dévalaient cette voie à des vitesses folles, aussi dut-elle attendre, patiemment, que le temps s'écoule.
Elle crut un moment que celui-ci fut venu, mais non, ce n'était qu'une feinte : une file de dangereux cubes motorisés passèrent à nouveau, l'empêchant de faire un quelconque mouvement vers l'avant.
C'est à cet instant que Heihachi sortait de chez lui : il avait mis son plus beau slibard, des vêtements semblant propre et un costume trois pièces qui le rendait vraiment chic ; regardant d'un rapide coup d'oeil à droite, puis à gauche, il passa le trottoir d'un long pas et commença sa traversée de la route, sûr de lui.
Un crissement de pneu, un bruit de choc : Heihachi se retourna, mais il était déjà loin, et ne ralentit pas le pas.
Peut-être était-ce cette dame qu'il avait légèrement bousculée en passant.
Après tout, quelle importance ?
Son ami Mitchi lui avait écrit, et c'était là ce qui comptait pour le moment.
Aussi, et ce sans stratégie, il se dirigea vers son lieu de travail : la Mishima Corporation.
 
La standardiste qui faisait office de réceptionniste était toujours aussi charmante : mademoiselle Hwoarang, puisque c'était son nom, fit un beau sourire au nouvel entrant avant de prendre un appel qui arrivait.
Heihachi quant à lui savait où était son bureau, et c'est donc fier qu'il en prit la direction.
Mais il croisa Jin dans les couloirs, et une discussion s'engagea alors de manière tout à fait impulsif :
 
- Hey, Heihachi, comment vas-tu !
- Je...
- En effet, je vois ça ! Mais je croyais que tu étais mort depuis notre dernière affaire, que fais-tu donc ici ?
- Eh bien...
- Je comprends, mais depuis, nous t'avons remplacé ! Alala, tu me mets dans une position fâcheuse et délicate, mon ami !
- Que...
- Allons, vous allez bien pouvoir faire équipe, je te laisse faire sa connaissance ! A plus !
 
Sur ces dernières paroles, l'homme à la coiffure noire et patron des lieux à ses heures s'en alla, laissant Heihachi sans voix et sans moustique.
Remis de ses émotions après quarante neuf minutes et cinquante dix sept secondes de stabilité orthographique, il se dirigea vers ce qui était anciennement son bureau : et là, surprise.
Ce qu'il vit était horrible.
A la fois beau et mystique.
Oui.
C'était lui : le coiffeur suédois du nom de Ogueur.

9 décembre 1998

Chapitre 7 - Lei Wulong, le retour (2ème partie)

En réalité, seule une seule personne ne m'inspirait pas confiance : il s'agissait de la soeur de Nina Williams, j'ai nommé Anna Williams, car c'était la seule à ne pas avoir de témoin. Je suis donc allé chez ce coiffeur dont elle m'avait parlé, ce certain M. Ogre.

Il tenait un salon de coiffure respectable qui se trouvait juste en face du Musée des Champignons, et juste à côté du supermarché. Je suis alors entré, je me suis présenté et je lui ai demandé s'il avait reçu aujourd'hui une femme du nom de Anna Williams. Il me répondit que non car il venait tout juste d'ouvrir sa boutique : il était allé faire des courses avec son frère True Ogre durant tout le début de l'après-midi.

La preuve en était faite : Anna Williams m'avait bel et bien menti ; je suis donc aussitôt après allé au bar des Williams. Lorsque je suis entré, je ne vis personne à part M. Bosconovitch qui était en train de boire sa bouteille d'alcool préférée.

Mais où était donc les soeurs Williams ? Encore un grand mystère...

(à suivre)

12 janvier 2008

Chapitre 6 - 2ème partie

Le lendemain matin, c'était une journée belle et prospective qui commençait. Heihachi se réveilla sans douleurs et avait fait de beaux rêves.
Il se dirigea dont vers sa cuisine toutékipé en se grattant les fesses puis se fit un petit kawa.
Ce mot l'avait toujours fait rire : kawa, kawabunga, kawatéfesse, etc.
De folles minutes drôles et pathétiques s'en suivirent, et notre héros avait la larme à l'oeil droit tant il riait de bon coeur.
Et comme on dit dans les prairies de Sibérie : bon coeur, bon palmier.
Après s'être brûlé la lèvre gauche sans que cela ne lui fasse perdre sa bonté originelle, Heihachi alluma la radio et écouta une merveilleuse émission de chansons hollandoises.
Cela lui rappela son passé, lorsqu'il élevait des vaches au milieu des cactus dans la région de San Tiagos.
C'était sûr, la journée s'annonçait bonne.
Et ce n'était pas ces quelques rayons de soleil qui perçaient les rideaux à coloris orangés et à motifs divers de la fenêtre de sa cuisine qui allaient l'en contredire, bien au contraire.
Lorsqu'il eut fini de manger deux biscottes au beurre et à la confiture de myrtille, l'homme se leva car il s'était assis, puis il quitta la pièce pour rejoindre sa salle de bains.
Là, il fit couler un bain pendant qu'il revenait dans son salon pour mettre de la musique techno.
Ensuite, il se déshabilla - ouh le beau gosse - puis il sauta à pieds joints dans la baignoire.
C'était le paradis.
Heihachi adorait prendre des bains chauds qu'il remplissait de mousse et de canards en plastique.
Il resta là deux bonnes heures.
Et alors que la musique de Vitalic et de David Carretta tournait toujours dans sa platine et qu'il se nettoyait les oreilles avec un coton-tige, quelqu'un frappa à la porte de sa résidence.
Il alla ouvrir nu comme un ver, mais sec puisqu'il s'était séché entre temps.
C'était la voisine du dessous, Adeline, qui venait lui dire quelque chose :

- Ça va pas de mettre de la musique pareille à 7 heures du matin ?

C'est alors qu'elle s'aperçut de la nudité de son charmant voisin.

- Ah, et puis habillez-vous avant d'ouvrir la porte de chez vous espèce de dégénéré !

Elle partit alors aussitôt.
Notre héros au grand coeur n'avait encore rien dit, et il referma la porte sans la claquer, le sourire toujours présent sur ses lèvres.
C'était incroyable.
Un Heihachi qui ne s'énervait pas, c'était comme... deux Heihachi qui ne s'énervaient pas. Autant dire impossible !
Ce jour était à marquer d'une pierre blanche, c'était sûr.
Coupant le son de sa stéréo, l'homme finit tout de même par s'habiller : après tout, il allait sortir pour faire les boutiques, et être nu n'était pas très bon pour son hygiène bucco-dentaire.
Aussi mit-il un costume trois pièces et des chaussures très classes.
Il coiffa ses cheveux et se regarda dans la glace de longues minutes.
Ça y est : il était fin prêt à partir.

22 décembre 2007

Chapitre 6 - 1ère partie

Quarante-quatre heures passèrent.
Heihachi finit par se relever avec délicatesse, reprenant petit à petit ses esprits.
Il frotta de sa main gauche la bosse qui se trouvait sur son crâne chauve, puis remarqua qu'il tenait toujours son arme à la main ; dès lors, tout lui revint en mémoire : le suicide de Ogueur, la vieille dame dans la rue, les murs en béton armé, le barbecue coréen avec des saucisses, cet ours bizarre qui l'avait conduit ici, les tirs échangés...
Notre héros regarda tout d'abord s'il n'était pas blessé, puis il rangea son colt dans sa braguette.
Il jeta ensuite un oeil autour de lui, tentant de trouver dans quelle direction il fallait se rendre pour quitter cet endroit de merde.
C'est alors que son regard croisa ce rocher derrière lequel il s'était caché : bon sang mais c'est bien sûr, il s'agissait de la météorite !
Heihachi courut vers elle et manqua de glisser douze fois, la pluie étant tombée depuis son combat et le terrain étant devenu plutôt gadouilleux.
Arrivé près de l'énorme caillou, il sortit son calepin de sa poche et photographia cette curieuse chose venue de l'espace pour en avoir le coeur net.
Il l'examina ensuite quelque peu, mais comme il n'était ni géologue, ni pharmacien, il s'en alla.
 
En rentrant chez lui, Heihachi avait perdu sa bonne humeur et son sourire naturel.
Il claqua la porte derrière lui, enleva ses chaussettes et jeta ses affaires sur la table basse de son salon plongé dans la pénombre de la soirée.
Il soupira, puis ouvrit windows live messenger sur son ordinateur portébeule.
Angélique Michoux, une amie de longue date, était connectée.
Il ouvrit une discussion tout en allumant winamp et en mettant quelques titres de Teenage Bad Girl, Etienne de Crécy et LCD Soundsystem pour faire style qu'il écoutait de la bonne musique :
 
- Slt AnGlik alor komen sa va dep8 le tps ?
- Qui c'est ?
- C Heihachi tu tsouvi1 plu dmoi ou koi lol.
- Qui ça ?
- Heihachi put1 ! Heihachi 2 la Corporation Mishima !!
- Ah, le grand-père de Jin Kazama ! Comment va-t-il, ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu...
 
Heihachi se déconnecta aussitôt et était encore plus véner qu'avant.
Comment pouvait-on moins se souvenir de lui que de ce petit con de Jin Kazama ?
Si ça continuait ainsi, il le jeterait bientôt lui aussi de la plus haute montagne du monde, et il serait débarrassé de cette famille de merde.
Il coupa le son de son pécé et s'affala dans son canapé pour regarder les informations.
Ils parlaient d'un voleur qui sévissait en ville, et qui frappait les gens à l'aide d'un marteau.
Une affaire qu'aurait pu suivre notre héros il y a quelques années, mais maintenant il ne travaillait que sur de hautes affaires importantes et énergisantes.
Aussi, il ne sourcilla pas sur ce sujet, et continua de zapper.
Il vit une émission avec Laurence Brocoli, des pubs nazes et un match de football en différé.
Rien d'intéressant donc.
Mais alors qu'il aperçut une cagette dans un reportage, Heihachi eut l'idée de mettre un déguisement afin de continuer l'enquête qu'il menait en ce moment.
L'idée lui parut belle et possessive, aussi se réjouit-il d'aller dès demain chez le vendeur de farces et attrapes.
Il s'endormit alors paisiblement.

11 novembre 2007

Chapitre 5

La grille se referma violemment.
Heihachi s'assit sur ce qui allait lui servir de lit, la tête penchée vers l'avant, abattu.
Il se prit la tête des deux mains, et se mit à réfléchir.
Qu'est-ce qu'il s'était passé ?
Comment avait-il pu laisser Ogueur se jeter par la fenêtre alors qu'elle venait tout juste d'être refaite ?
Pourquoi Ogueur avait-il un diplôme d'expert en trapèze volant ?
Qui étaient ces autres employés de la Mishima Corporation qu'il n'avait jamais vu ?
Tant de questions, si peu de réponses.
Heihachi se dit qu'il était temps de dormir, et que la nuit lui porterait conseil, même s'il n'était que 10h30 du matin.
Il était au-delà de ça.
Il s'allongea donc, et s'endormit.
Après une très longue sieste qui dura 7 minutes et 18 secondes top chrono, Jin réapparut derrière la grille de sa cellule avec un gardien ; il dit :
 
- C'est bon, tu es libre. J'ai réussi à convaincre le juge que Ogueur était doué pour le trapèze volant grâce à son diplôme, et que sa mort n'était qu'une mise en scène. En plus, nous étions au rez-de-chaussée, et nous n'avons jamais retrouvé le corps. L'affaire a été classée sans suite, tu peux donc sortir.
 
Heihachi sourit de ses plus belles moustaches, et se leva.
Ses vertèbres craquèrent, et il poussa un petit cri, s'avançant ensuite misérablement vers la sortie de sa geôle.
Accompagné de Jin, il retourna à son bureau où les dégâts avaient déjà été effacés.
Il pouvait se remettre immédiatement au travail, et s'assit donc dans son superbe fauteuil avant de prendre le premier dossier qui se trouvait sur son bureau, en haut d'une pile mesurant à vue de nez 16,23 cm.
Il se mit à le lire, calmement.
Par un hasard hasardeux, il s'agissait de l'enquête concernant cette météorite tombée dans le jardin des Ramon.
Ni une ni deux, Heihachi bondit d'une vitesse voluptueuse, prit sa veste et s'en alla.
Direction : chez les Ramon.
Les Ramon habitaient un manoir qui se trouvait un peu éloigné de la ville, sur une petite colline.
Leur jardin faisait à peu près 154 000 m², ce qui était bien pour faire du golf mais nul pour retrouver une météorite.
Arrivé en patins à roulettes, Heihachi sonna à la porte des Ramon.
Il était bien sûr ici incognito.
Une servante vint ouvrir.
Heihachi nota sur son calepin très beau qu'elle s'appelait Julia Chang et qu'elle habitait avec son mari dans un petit appartement à côté de chez lui.
Elle le fit ensuite entrer, et il se retrouva dans le salon où il attendit les maîtres des lieux.
Cette pièce était d'une beauté subversive, avec des vases en faïence, des tableaux en toile, des murs en béton armé, une cheminée en parfaite harmonie avec le reste, ainsi que des tapis, des sièges de grandes valeur et quelques magazines sur la consommation des truites dans les plats à base de soupe de légumes.
On lui apporta un cocktail pour patienter, et il le but vitesse.
Quelqu'un arriva ensuite : il s'agissait d'un ours d'à peu près deux mètres cinquante, couvert de poils bruns, plutôt gros et lourd et semblant particulièrement joyeux.
Il s'affala dans son canapé favori qui faisait face à Heihachi, et prit la parole en ces mots :
 
- Bonjour Monsieur, que puis-je pour vous en cette belle matinée de novembre ?
 
Heihachi nota sur son calepin que l'ours parlait un français correct.
 
- Eh bien, cher ami, j'ai ouï dire qu'un caillou géant semblant être une météorite se serait écrasé par mégarde dans votre vert jardin.
- C'est exact.
- J'aurai voulu analyser cette pierre, si cela ne vous offusqua point bien entendu.
- Mais je vous en prie voyons, je vais même vous accompagner jusqu'à elle.
 
Ils se levèrent dans une concordance médusée, et se dirigèrent ensuite vers l'arrière de la bâtisse d'un pas lent et lourd.
L'ours ouvrit la porte, et, chemin faisant, ils se dirigèrent tous deux vers la forêt.
Après plusieurs minutes de marche, il s'arrêta.
Heihachi lui demanda :
 
- Est-ce encore loin ?
- Non, c'est là, tout près... Hin-hin-hin...
 
Ce rire était étrange.
Sur ses gardes, Heihachi sortit son arme de service, un colt single action army .45, et s'apprêta à en faire usage.
De son côté, l'ours se retourna dans un geste rapide, et sortit de son sac à dos une sulfateuse à double injection rétro-tactile.
Le conflit est inévitable, et les balles commencèrent à fuser dans la prairie verdoyante.
Alors que Heihachi parvint à se protéger derrière un rocher pour recharger son arme, le plantigrade reprit la parole :
 
- Alors, tu veux toujours voir cette météorite, vieux croulant ? Tu sais, j'ai tous les ingrédients qu'il faut pour empêcher quiconque de s'en approcher ! Tu vas aller rejoindre les autres que j'ai enterré dans les environs !
 
C'était vraiment la merde.
Son arme rechargée, Heihachi ne savait pas vraiment quoi faire, il s'était mis dans un beau bordel.
Il réfléchit alors à la meilleure tactique à employer, et se souvint d'une attaque en roulade extérieure que lui avait enseigné son ami Mitchi, ce bon vieux Mitchi.
Il attendit un instant afin d'être prêt ; il sentait que l'ours se rapprochait, ce salopard.
Quand le moment lui parut opportun, il plongea sur la droite et, d'une roulade aussi magnifique que précise, tira 19 balles de calibre 11,43 mm spécial long rifle dans le bide de son adversaire.
Heihachi rata malgré tout son atterrissage et se retrouva assommé contre un arbre, alors que l'ours s'écroula dans un bruit sourd.
Le calme revint dans le jardin des Ramon, et les oiseaux se remirent à chanter alors que les deux ennemis ne se relevaient plus...

26 décembre 2011

Chapitre 11

Depuis qu'il avait semé cette flicaille à l'air de loutre fou, Heihachi courait sans s'arrêter, ayant trop peur de se faire arrêter et envoyer en prison. La pluie s'était remise à tomber, et les flaques d'eau sale ruisselaient sur la chaussée du matin. Notre héros au coeur d'or avait le souffle court et l'arrivée d'une horde de chiens errants manqua de lui dévorer une jambe, un oeil et un concombre des prairies. Il se cacha alors dans un trou et attendit que la pluie et les chiens passent pendant qu'il se reposait délicatement.
Plus tard, alors que la boue l'avait à moitié ensevelli, Heihachi sortit sa main de son cache-nez et commença à uriner partout. Il s'aperçut bien vite que la neige manquait et que les tubercules du jasmin étaient plus grands qu'un clown monté sur échasses. Aussitôt dit aussitôt fait, il remonta à la surface pour respirer le bon air frais, et surtout pour - enfin - rentrer chez lui après cette dure journée de merde.
La nuit tombait bientôt dans la ville à petite portée, et l'angle de vue de notre héros au coeur vaillant vacillait à chaque pas qu'il faisait sur la chaussée lisse et froide. Depuis son dernier sandouiche à la rillette, il n'avait rien mangé depuis quelques jours de battement flasque et voluptueux. Ainsi, ses pensées vagabondaient allègrement entre les mailles du filet, et il pensa qu'il n'y avait que maille qui lui aille.
Après plusieurs pas chaloupés et deux bonnes heures de marche triangulaire, il finit par tomber sur un croisement dans la ville noire et brune: c'était le lieu de prédilection d'une installation rapide et belle d'un bar jumelé tenu par la famille de longue date. Heihachi entra en se mouchant, et referma la porte derrière lui parce qu'il avait quand même des bonnes manières (il avait vécu 3 mois dans le Doubshire, Sussex, Angleterre, Royaume-Uni, en compagnie d'une madame travestie). Une blondasse apparut soudainement dans un costume bleu turquoise avec des nunchakus et un couteau de boucher:

- Bien le bonsoir espèce de gros porc, que désirez-vous ?
- Hé bien, la meilleure saucissaille que vous possédez, deux tranches de lard et une kyrielle de pommes dauphines cuites au four ancien dans un demi-litre de graisse d'oie véritable.
- Tout de suite raclure de bidet.

La femme s'éloigna, mais notre héros au coeur vacillant n'eut pas le temps de se remettre à ses mots fléchés qu'il avait déjà la visite d'une autre hurluberlue en chapeau de cowboy et tenue de soirée rouge vif d'un goût plus que douteux:

- Bien le bonsoir pauvre pourriture moisie, que désirez-vous ?
- Hé bien, un demi-kilo de noix de cajou, quatre ailes de poulette sauce chicken, dix-huit calibres 900 et mon pied au cul si tu te casses pas dans la seconde.
- Tout de suite vieille nouille séchée.

Et la femme s'éloigna tout aussi promptement que la seconde. Mettant sa serviette autour du cou comme toute bonne tortue mutant qui se respecte, Heihachi ne put s'empêcher de rôter, de péter et de rôter à nouveau, comme pour mieux préparer la bectance qui allait s'amener dard-dard. De plus, il contempla l'enseigne d'une vue extérieure: "Le Bar du Coin". Tiens-tiens, cet air de canard lui disait abruptement quelque chose...

20 août 2011

La rencontre fatale

Heihachi était assis près de Ronald. Il dégustait un sandouiche au bœuf de Thaïlande, et la sauce mexicanos dégoulinait de sa lèvre basse. Il se régalait, le bougre, c'était certain. Repu de frites et de ketchup, c'est vers les 13h30 qu'il quitta le restaurant. Mais il ne fit pas un pas dehors que la vue d'une sorte de fou en costume de cowboy se présenta face à sa tignasse:

- Hé toi ! Je t'arrête pour tuage de mouton et mangeage de sauce tartare !

Heihachi sourit, sûr de sa force:

- Écoute petit con, je ne sais pas qui tu es et toi non plus. Écarte-toi de là et rapporte-moi plutôt un digestif !

L'homme se mit en position de tir horizontal. Notre héros sentit la menace, et se mit également en position, comme un réflexe. Mais il n'avait aucun flingue sur lui. Tous ses effets personnels étaient restés à la prison, avec notamment sa gourmette de Droopy et son châle jaune à motifs bleu ciel. Comprenant son erreur, il se ravisa aussi rapidement qu'un lapin de garenne et reprit la parole:

- Enfin, rien ne sert de nous fâcher pour cela, j'ai bien mangé et bien bu, j'ai la peau du ventre bien tendue !
- Tais-toi, ordure ! Tu ne mérites pas de te balader en liberté ! Foi de flic, je vais te coffrer, même si je dois abuser de la force ! Les mains en l'air, canaille !

Cette fois, Heihachi ne pouvait plus reculer. Il sortit donc un stylo quatre couleurs de sa poche et le jeta en l'air de sorte de faire un miroir aveuglant, mais son attaque échoua et le policier en jupette rit de bon cœur:

- Ah ! Ah ! Ah ! Tu es trop faible !

Ce rire de singe mutant éveilla les soupçons de notre héros:

- Mais... Tu es Lei ! Ou Lang, je ne sais plus très bien...
- Oui Heihachi, c'est moi ! J'ai changé de coiffure, mais ça m'empêchera pas de te botter le cul !

Il courut subitement, mais le flic chinois fit un mauvais pas, se tordit la cheville, glissa et tomba dans un ravin. On ne le revit plus durant des années et Heihachi put poursuivre son chemin les mains dans les poches et les doigts de pied en éventail.

18 août 2011

L'attente de Heihachi

C’était un jour de beauté prospective. Heihachi avait eu mal à la dent en mangeant un carambar à la noisette, et il avait pris un rendez-vous chez son pharmacien urgentiste. Il se trouvait donc dans la salle d’attente, seul, comme une vulgaire personne normale qui aurait été abandonnée de tous. C’était un peu une grosse merde, il fallait l’avouer. Une horloge bilingue pianotait les secondes intrinsèquement et les yeux de Heihachi ne pouvaient s’empêcher de la contempler de toute sa laideur tridimensionnelle. Dans sa tête, notre héros devenait très fou. Il n’en pouvait plus d’attendre, il détestait cela. Déjà, l’autre jour, quand il avait dû faire la queue pour aller au cinéma, il avait cassé un pot de fleur de dix kilos sur la vieille dame qui le précédait. Il sut plus tard qu’il s’agissait de Ling Xiaoyu, sa femme. Enfin, il avait fait un séjour au poste pour cela, et il y avait prescription. Le silence était de mort dans la salle. Il n’y avait que des vieux magazines moisis et des chaises pas confortables. Heihachi tapait du pied sur le sol. Il était en stress, lui qui était si beau et si belliqueux d’habitude. Enfin, au bout de cinq minutes d’attente, le médecin femme vint lui ouvrir la porte :
- Bonjour cher monsieur Heihachi, veuillez me suivre s’il vous plaît.
Heihachi voulut botter les fesses de cette bonne femme qui lui donnait des ordres, mais sa douleur dentaire était telle qu’il lui était parfaitement impossible de soulever le talon plus haut que son genou gauche. Il marcha donc d’un air las, et entra dans le cabinet.
- Vous pouvez vous asseoir.
Notre héros en avait plus que ras-le-bol. Cette fois, c’en était trop. Il sortit son colt 257 Magnum et buta le canard bègue qui marchait dans le couloir, avant de pointer du doigt la femme médecin qui avait un badge en forme de rectangle.
- Écoute-moi bien petite pétasse, tu me soignes tout de suite et tu fermes ta gueule !
Oui, Heihachi était vulgaire, mais il avait mal à la gencive et il était très énervé. Il fallait pas le faire chier dans ces moments-là. La femme doctoresse eut peur et partit en courant en sautant par la fenêtre du 3ème étage avant même que Heihachi ait eu le temps de recharger son arme.
- Z… Zut, dit Heihachi d'un air con.
Comment allait-il faire maintenant pour se soigner ? Enfin, il avait tout à disposition, ça serait donc très facile de faire ce que cette femme désormais morte devait faire. Enfantin. Classique. Facile.
Quatre heures plus tard, Heihachi sortait du cabinet avec du sang partout. Un passant qui passait dit :
- Oh mon dieu, mais ça doit être une véritable boucherie là-dedans !
Il décéda rapidement d’un coup de colt, et notre héros s’en alla dans le soleil couchant, vers de nouvelles aventures burlesques.

4 avril 2011

Ogueur le notaire, histoire spéciale de Heihachi

Avec Ogueur dans le rôle du notaire, Hwoarang dans le rôle de la secrétaire absente, et Heihachi dans le rôle de la plante verte

C'était une après-midi de pluviométrie rapide. La neige ruisselait sur le toit de la bâtisse de pierre taillée brute, et l'homme qui se tenait près de l'entrée avait l'œil morne et le museau en forme de trompette. Il appuya sur la sonnette ronde, et une douce mélopée s'échappa de l'intérieur, derrière la porte colossale qui se dressait face à lui en diagonale. Celle-ci s'ouvrit dans un fracas énorme, grondant comme une pelle qu'on aurait jeté contre un joli galet de couleur rougeâtre, et l'homme entra d'un pas lent et sournois avant d'avancer vers le bureau qui se trouvait au centre d'une salle de cent vingt cinq mètres carrés.
- Bonjour cher maître ! dit l'homme en enlevant son chapeau de cuir et ses bottes melons.
- Bonjour M. Mitsu. Asseyez-vous donc pas, je vous en prie.
- Merci, mais vous pouvez m'appeler Yoshi comme le font mes amis.
- D'accord M. Mitsu. Alors, qu'est-ce qui vous amène dans mes cabinets ?
- Une petite envie de chier.
- Très bien ! Première porte à droite, tout droit, trois feux rouge et quinze douzaines d'œufs durs.
Mais alors que M. Mitsu levait ses grosses fesses, un homme pénétra à son tour dans la tour.
- Restez assis, bande de petites merdes séchées ! Plus un geste ! Personne ne bouge ! Haut les mains ! Stop ! Vos papiers !
C'était Jin Kazmoissa avec son gun spécial zombie.
- Je suis Jin Kazmoissa avec son gun spécial zombie ! Ogueur, tête de patate au beurre ! Tu es notaire, et je vais te faire taire !
Les rimes de Jin étaient aussi naze que celles de Trou Ogueur, le frère de Ogueur, qui était humoriste expérimental dans les années 50. Il était donc aussi pitoyable que son grand-père, mais plutôt moyen en ce qui concernait le jardinage des haricots en milieu solaire. Plus personne n'osait bouger, et la situation était tendue. Au bout de 100 millisecondes, Jin sauta au cou de Ogueur pour l'étrangler avec une seringue. M. Mitsu était paralysé par un livre de Jean-Pierre Coiffe. Ogueur grogna alors en volant à travers l'espace, et dit:
- Tu me lâches, tu me lâches !
C'était la preuve évènementielle qu'il manquait à Heihachi pour confondre les suspects. Il sortit donc de sa plante en prenant racine, et dégaina son magnifique colt alors qu'une armée de Gun-Jack les Rois des Guns encerclait tout le bâtiment. Une affaire rondement menée.

26 décembre 2009

Heihachi ne meurt jamais

C'était un jour de beauté prospective. Comme d'habitude, le ciel était bleu et les arbres étaient enneigés par la neige neigeuse qui avait neigé pendant la nuit noire de la veille qui dura toute la nuit nocturne. En voyant ce spectacle désolant, Heihachi eut un air désolé, puis il cracha par terre et toussa pendant cinq bonnes minutes avant d'écraser un vieux mégot de cigarette qui était en train de mettre le feu à la moquette de son salon flamboyant. Refermant ensuite d'un geste rapide la partie droite de sa robe de chambre rougeâtre sur la partie gauche, il tourna les talons avant de se remémorer un souvenir fabuleusement enfoui tout en trempant une tranche de brioche séchée dans son café au lait.
C'était le jour où il parla pour la dernière fois à Lei ou Long, il ne se souvenait plus très bien. Celui-ci était en face de lui, debout, et il tenait entre ses mains un revolver type Lefaucheux ancienne génération de scouts Hongrois. La finition de cette arme était telle qu'elle brillait dans la nuit même si il faisait jour à moitié, à part la lune qui était cachée par un petit nuage qu'on apercevait par une petite fenêtre avec trois barreaux tordus de type renaissance. Heihachi était quant à lui solidement attaché à une chaise en bois brut, et il ne pouvait esquisser le moindre mouvement, sauf pour cligner des paupières ou se faire cuir un oeuf sur le plat entre 12h43 et 13h07. Lei ou Lang l'interrogeait de manière fortuite :
- Alors, tu vas te mettre à table, vieil homme ?
- Il n'est que 11h26.
- Je parle des révélations que tu as à me faire, gredin des forêts !
- Je ne parle jamais entre les repas.
- OK.
Lei ou Longue tira alors une balle dans le pied de Heihachi, mais celui-ci rigola après l'impact :
- Ah, ah, ah ! Jeune freluquet ! Je savais que tu ferais ça, alors j'ai mis une chaussette pare-balle !
Lei ou Langue était étonné, mais après tout il lui restait cinq balles: aussi tira-t-il cette fois dans le genou de l'homme qui se trouvait à sa portée, avant d’enchaîner sur son épaule droite puis de manquer trois fois sa cible à cause d’un problème de chien mal ajusté. Heihachi resta dix semaines à l'hôpital pour se remettre de ses blessures, mais il n'avait pas révélé la recette de sa grand-mère, c'était là le principal.
Ce souvenir revenait à la mémoire de notre héros comme si c’était hier jour à partir de demain, et il ne revint à la ferme réalité que lorsque son pouce se brûla dans son café tiédasse :
- Ouille ! dit-il alors dans un sanglot rempli de haine et d’effroi.
Il secoua alors son pouce rapidement et entama une sorte de danse rituelle qui semblait indiquer aux dieux du vent que le temps était venu de souffler le chaud et le froid.
A cet instant précis, on frappa à la porte : Heihachi se roulait par terre mais entendit tout de même la sonnette manuelle qui s’activait à moult reprises. Il décrocha donc son combiné téléphonique pour répondre rapidement :
- Oui ? Qui est-ce donc à une heure si matinalement matinale ?
Personne ne répondit, mais le vieil homme touilla son café. Puis, au bout de deux bonnes minutes de rafut sans nom aucun, quelqu’un défonça la porte à coups de pieds et à coups de machette de fort bonne qualité. En quelques secondes, notre héros fut encerclé dans tous les sens, sauf derrière lui. Il renversa alors son café lentement pour détourner l’attention, mais le subterfuge ne prit pas. Il faut dire que les ninjas n’étaient pas des nazes. L’un d’eux s’avança d’ailleurs d’un pas vitesse et, brandissant sa longue lame tranchante vers la moustache de Heihachi, il lui tint ces mots remplis d’amour et d’espoir tenace :
- Toi, le vieux, tu vas mourir ce jour et je bénirai mon Dieu unique avec tes tripes et tes boyaux, foi de Yoshimitsu !
Puis, après cette tirade, il jeta du riz un peu partout dans la pièce en entamant un chant belliqueux. Un des grains de riz virevolta d’ailleurs longuement avant de tomber dans la tasse de l’agressé ; cela eu pour effet de rendre Heihachi subitement fou à lier, et il commença à se mettre en position basse pour faire caca :
- Gouh ! Toi, l’extra-terrestre chauve ! Comment oses-tu fouler ce sol sacré de ta présence nébuleuse ? Ne comprends-tu pas que celui qui va mourir ici, c’est toi, sombre idiot ?
Le regard de l’ancêtre était fou et beau à la foi, sauf l’œil gauche. Mais Yoshimitsu n’eut qu’un ricanement de mépris pour son adversaire, le mettant en garde de façon gardienne :
- Hin ! Petit con ! Je tiens ta femme en otage ! Xiaoyu Ling, cela ne te dit rien ?
En effet, ce Chinois vendeur de riz avait raison : l’un des autres samouraïs ninja qui l’entourait tenait entre sa poignée délicate une femme âgée et vieille d’une centaine d’année, dont la peau flétrie se décollait parfois selon la partie du corps qui était la plus entreprenante. Le visage de Heihachi se déconfit d’une manière bleutée, ne sachant que dire, et son ennemi rapide qui souriait toujours eut un nouveau sarcasme lucide :
- Ah ! Ah ! Ah ! Tu vois bien que c’est moi le plus fort ! Abandonne !
Loin d’abandonner, Heihachi sauta par la fenêtre du troisième étage et s’échappa en tongs dans la neige fraîche et mœlleuse. Personne ne le revit, mais on dit parfois que des enfants un peu idiots l’aperçoivent au loin la veille de noël, le nez rouge et une tasse de café dans la main droite, mendiant devant un grand magasin tout en tentant de démasquer les ninjas Thaïlandais qui feraient leurs courses de riz gluant pour le Nouvel An Chinois.

3 novembre 2007

Chapitre 2

Les feuilles mortes tombaient des arbres.
Le jour se levait petit à petit dans l'appartement de Heihachi, avachi sur son superbe canapé qui avait vu passer sa couleur de noir foncé à noir clair dans les dernières heures de sa vie nocturne.
Quelques oiseaux piaillaient au dehors, et notre héros n'aimait pas cela.
Ces sons l'agaçaient, l'irritaient, le réveillaient.
Et c'est ainsi que commença une mauvaise journée.
Se grattant la tête en tentant vainement de se relever, il comprit que son mal de dos chronique était revenu.
Il fallait bien dire que dormir dans pareille position, la tête perpendiculaire au corps et à moitié assis, n'était pas de tout repos.
Enfin, Heihachi préféra finalement tenter une roulade saltoïque afin de se relever, et se retrouva par terre en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
Grommelant des choses incompréhensibles et que, de toutes les façons, la morale réprouve sans aucun doute, l'homme se leva cette fois et se traîna jusqu'à sa salle de bains où - comble de l'ironie - ne se trouvait en fait qu'une cabine de douche et un lavabo.
Ouvrant le robinet d'eau froide, le son de cette eau s'écoulant lui donna soudain envie d'aller au petit coin, ce qu'il s'empressa de faire sur-le-champ ; malheureusement pour lui, c'est cet instant sacré que choisit le livreur de courrier - autrement dit le facteur - pour sonner à sa porte.
Décidé à ne pas se faire malmener par la vie, Heihachi prit son mal en patience et se dirigea de manière spontanément énervée vers la porte de son bel appartement aux couleurs froides et ternes.
Après avoir déverrouillé l'accès vers l'extérieur, la porte s'ouvrit devant un homme assez jeune de type asiatique, à la tunique jaune caractéristique des employés de la P.O.S.T.E., sigle dont notre bon Heihachi n'avait jamais saisi la signification pourtant simpliste.
Le courageux travailleur qui travaillait par temps froid ou chaud selon les saisons fit un bref "Brrrrr..." pour rappeler que l'extérieur était plutôt tiédasse en cette saison, et il donna en mains propres une lettre à Heihachi qui ne le remercia pas, ayant froid aux pieds.
Après avoir refermé la porte derrière lui et verrouillé à nouveau l'accès afin qu'un charlatan ne vienne pas le déranger dans sa prière, notre héros s'avança dans son appartement en analysant cette enveloppe qui protégeait le courrier.
Était-ce un piège ?
Avait-il eu raison de fermer la porte une première fois sur les doigts de cet employé de la P.O.S.T.E. ?
Pourquoi la queue du cochon est-elle en tire-bouchon ?
Il aurait sans doute toutes les réponses à ces questions en ouvrant la lettre.
Heihachi retourna donc dans son salon et, s'asseyant, s'empara de son coupe-papier et sortit le courrier :   

Salut Heihachi,

Ça fait une paye mon vieux !
Comment vas-tu ?
Je ne sais pas si tu te rappelles de moi, on était à l'école de police ensemble.
Je me souviens encore du jour où tu as eu cette conjonctivite, c'était vraiment flippant !
La doctoresse avait remarqué que tu n'avais plus de pouls, mais personne ne s'en était alors inquiété.
Enfin bref, je voulais te dire que j'allais venir en ville d'ici une ou deux semaines, on pourrait se revoir, qu'en penses-tu ?
J'ai lu quelques uns de tes rapports sur ton site en ligne, et ils sont mathématiquement biens !

En plus, j'aurais aimé étudier de près cette météorite qui est tombée l'autre jour dans le jardin des Ramon.
Je sais que tu as dû voir des photos, mais elles sont truquées : les extraterrestres ne jouent pas au tennis.
De toute façon je t'appelle quand je suis à l'aéroport, tu viendras me chercher, hein vieux frère ?

Allez je te laisse.
A+

Signé : Mi-Chan, un mec chaud.

PS : Tu as eu raison, ne t'inquiète pas.
PS2 : En fait, c'est le tire-bouchon qui est en forme de queue de cochon.
PS3 : Pas encore de bon jeu sur cette console...

Heihachi n'en crut pas ses oeils : il allait revoir Mitchi, ce bon vieux Mitchi, lui qu'il n'avait pas vu depuis des années ?
Le reconnaîtrait-il ?
Faisait-il toujours aussi bien les uppercuts à la sauce soja ?
Heihachi se souvenait du bon vieux temps, quand il s'amusait avec Mitchi à jeter des excréments, ou qu'il tentait d'accoupler un hamster avec un hippopotame.
Tant de souvenirs lui revenait en mémoire, tant de choses restées en cage qui semblaient se libérer au gré du vent...
Un rayon de soleil apparut dans le ciel d'Oulossis.
Ça y est : la journée pouvait enfin commencer.

17 octobre 1998

Les personnages principaux

Voici les personnages se trouvant dans les différentes histoires que vous pourrez lire, classés par ordre alphabétique.

  • Adeline : Voisine du dessous de chez Heihachi.
  • Anna Williams : Soeur de Nina Williams. Tenancière du Bar du Coin.
  • Bryan Fury : Grand peintre indépendant qui expose souvent dans la galerie d'art de la ville.
  • Docteur B. : Mystérieux docteur. Serait le grand-père psychologique de Lei Wulong.
  • Dr. Bosconovitch : Professeur fou. Passe ses journées bourré au Bar du Coin.
  • Eddy Gordo : Danseur de capoeira.
  • Feng Wei : Vieil ami de Heihachi. Jeune. Hais Lei Wulong.
  • Gon : Vélociraptorrusserex laid et moche qui voyage dans le temps à l'aide de son surf.
  • Gun Jack, dit "Jack Le Roi du Gun" : Vendeur d'armes en centre ville.
  • Heihachi Mishima : Grand inspecteur de la Mishima Corporation, héros de plusieurs histoires. Il a résolu de nombreuses enquêtes. Né dans les montagnes rocheuses, il éleva des vaches durant sa jeunesse dans la région de San Tiagos. Il a vécu 3 mois dans le Sussex. C'est un champion des temps anciens. Il aime prendre des bains.
  • Hwoarang : Travaille pour la Mishima Corporation. C'est une belle hôtesse d'accueil à la chevelure rousse.
  • Jin Kazama : C'est le chef de la Mishima Corporation. On l'appelle parfois Jin Kazmoissa. Même lui se gourre des fois en se présentant. Parle avec des belles phrases qui riment pour se la raconter encore plus.
  • Jinpachi Mishima : Père de Heihachi. Vieux. Espagnol de naissance.
  • Jude : Mère de Forest. Mari de Mentha.
  • Julia Chang : Mariée à Chin Chang, ils sont tous deux serviteurs de Kuma. Ils habitent à côté de chez Heihachi.
  • Kazuya Mishima : Fils de Heihachi. Ce dernier le jeta de la plus haute falaise de la plus haute montagne, et il mourut.
  • King : Félin félon. Il aime faire chier les gens à l'aide d'une prise de catch.
  • Kuma : Ours riche habitant un peu en dehors de la ville.
  • Law Forest : C'est le roi de la forêt. On dit qu'il serait le fils d'un marshall. Sa mère se nomme Jude. Vendeur mal payé au magasin Camouflage & Cie, il entreprend des petits boulots pour subvenir à ses besoins (garçon de café au Bar du Coin, facteur de la P.O.S.T.E., garçon de café de la P.O.S.T.E., stripteaseur intégral pour quelque piécette, huissier de justice...). Pauvre.
  • Lei Wulong, on ne sait plus très bien : Flic chinois drogué. Fils d'un certain M. Wulong. Petit-fils du mystérieux Docteur B. Grand prêtre de la magie noire. Milliardaire. Vendeur de glace dans le Colorado.
  • Ling Xiaoyu : Vieille femme d'environ 100 ans. Ex petite amie de Heihachi. Voisine de Heihachi.
  • Lurette (belle) : Amie si chère à Heihachi qui habitait auparavant dans le palier voisin.
  • Mentha Law : Soeur de Forest Law, mariée à Jude Law. Factrice à la P.O.S.T.E.
  • Michelle Chang : Riche femme d'affaires chinoises. Elle adore les chapeaux. Mère de Julia Chang.
  • Mitchi, alias Mi-Chan, un mec chaud : Frère d'arme de Heihachi dans sa jeunesse belle et prospective.
  • Mokujin : Tronc d'arbre de décoration engagé à la Mishima Corporation.
  • Nina Williams : Soeur de Anna Williams. Tenancière du Bar du Coin.
  • Ogueur : Nouveau nom de Ogre. C'est un ancien trapéziste. On le connaît surtout comme coiffeur suédois, mais il est également notaire, contremaître et officier des arts et des lettres. Il est amoureux de Ling Xiaoyu. Roi de Suède. C'est le frère aîné de True Ogre.
  • Panda : Panda.
  • Panda aide-soignante : Toujours un attaché-case à la main.
  • Paul Phoenix : Tenancier d'un hôtel 1 étoile en centre ville. Sa femme est à son travail.
  • Philémon : Frère germain jumeaux de Heihachi. Heihachi ne connaissoit pas ce frère qu'il n'avait jamais vu.
  • Raven Sburger : Inspecteur des impôts de la région. Aveugle de naissance.
  • Roger Mishima : Frère de Heihachi qui ne le reconnut pas et se dépêcha de partir très vite.
  • Thierro Beccary : Jeune mâle à tête hypnotique qu'avait reccueilli Heihachi - ce bel homme - quelques mois après une altercation musclée dans les gorges du futur état de Lamasse. Muet, sourd, moche.
  • Tiger Jackson : Meurtrier multirécidiviste.
  • True Ogre : Frère de Ogueur. Aussi appelé Trou Ogueur. Propriétaire du musée des Champignons. A connu son heure de gloire dans les années 50 alors qu'il était humoriste expérimental de lettres modernes. Ancien combattant de l'armée luxembourgeoise. Il est mort, accident d'avion.
  • Yoshimitsu : Vendeur de riz. Fait partie d'une secte de samouraïs ninjas extraterrestres qui voue un culte envers le Dieu Delacuissondouceduriz et entreprant des rituels de sacrifice en jetant du riz à la gueule des gens (en chantant).
17 octobre 1998

Introduction

Les Histoires Biens de Heihachi sont des fan-fictions gravitant autour des personnages du jeu vidéo Tekken 3 de Namco. Plus précisément, nous narrons ici les aventures de ce personnage emblématique de la série, j'ai nommé Heihachi Mishima (je dis nous, car nous sommes deux à écrire). Les textes sont parodiques et jouent sur l'auto-dérision de l'écriture et le sens des mots. Les fautes de grammaire ou les barbarismes font partie intégrante du texte, ce que nous revendiquons. Les histoires sont bien évidemment tout à fait originales et se centrent sur les enquêtes de Heihachi et sur ses rencontres avec autrui. Nous vous souhaitons une bonne visite, en espérant que vous prendrez plaisir à nous lire !

Note : Divers points humoristiques pourraient déplaire à certains selon les sujets traités. Nous tenons à préciser que les textes sont à prendre au second degré, et qu'aucun message n'est là pour inciner à la haine ou à la violence dans nos histoires. Il ne s'agit que de divertissement, rien de plus. Si vous pensez pouvoir être choqué du contenu de ce blog, merci de passer votre chemin. Dans le cas contraire, enjoy !

2 janvier 2009

Le Jour de l'An de Heihachi

C'était le premier janvier. Heihachi se réveillait avec difficulté dans une flaque de vomi avec un mal de crâne horrible. Se dirigeant d'un pas pénible vers sa salle de bain, il se nettoya le visage et les dessous de bras avant de s'asperger du déodorant bon marché et d'avaler un comprimé d'origine inconnue dont il espérait qu'il ferait passer sa migraine persistante. Ensuite, d'un pas sûr, l'homme se rendit dans sa cuisine pour manger un reste de couscous de la veille, et un bol de café amer. Puis, requinqué, il s'empressa de sortir de chez lui.
C'est là que tout commença. On ne pouvait pas savoir ce qui avait déclenché cela chez lui, mais Heihachi fut subitement pris d'une pulsion meurtrière lorsque sa voisine qui sortait également de chez elle - une très très vieille femme de 127 ans - lui souhaita la bonne année: il empoigna alors son Beretta 92 et logea une balle dans la tête de l'ancêtre qui s'écroula aussitôt. Et alors qu'il souffla sur le canon de son arme, il dit d'un air froid:

- J'te souhaite aussi une bonne année mamie. Par contre, je parlerai pas de ta santé.

Puis il quitta les lieux en rangeant son arme dans son slip.
Dévalant ensuite les marches du bâtiment dans lequel il habitait depuis une semaine, il tua deux autres locataires d'un geste rapide et sortit. A l'extérieur, c'était le même cinéma: les gens, souriant béatement, se souhaitaient bonheur, joie, amour et tout le toutim. C'en était trop pour Heihachi qui n'en pouvait plus de cette confiture de cons sentiments: où étaient donc passés la crise, les plaintes et l'énervement quotidien des gens ? Dans un excès de fureur amère, il brandit son pistolet mitrailleur MP5 de son sac à dos Dora l'exploratrice et tira dans la foule en délire.
Il y eut 17 morts, dont deux graves.
Malheureusement, l'un d'eux survécu: il portait un nom ouzbek étrange, Lei ou Lang, je ne sais plus très bien. Il n'empêche: la situation était grave, et les deux hommes se regardaient dans le blanc des chaussettes Lacoste. Un léger vent souffla, et Lei ou Lang s'envola vers des cieux plus bleus. Heihachi était maintenant débarrassé de toute la racaille, et il retrouva le sourire sous sa moustache grisonnante. Il déambula ainsi en ville, et transperça de son sabre toutes les personnes qui passaient à sa portée, dans un cri maintenant bien connu de chimpanzé en rut.
Le soir venu quand il fut rentré chez lui, notre ami au grand coeur commanda une pizza au bacon et s'affala devant la télé; il se délecta des nouvelles du monde, guerres, meurtres, crise sociale et financière, et se dit que demain, il pourrait reprendre tranquillement son travail qui ne manquerait sans doute pas après ses un jour de vacances.
La vie était belle et il s'endormait à nouveau dans son vomi, l'air idiot.

7 mars 2012

Chapitre 12

Heihachi était toujours atablé. Il attendait, l'oeil hagard, l'arrivée de son repas demandé par doublon. Mais cette enseigne qu'il avait vue au détour d'un clin d'oeil lui rappela à sa mémoire quelque souvenir subjectif. "Le bar du coin"... Où diable avait-il pu entendre parler de ça ? Est-ce l'un de ces bars louches dans lequel il avait pu aller un soir de cuite mémorable ? Non, assurément: notre héros et néanmoins ami n'était pas un tel débauché. Etait-ce le lieu d'un meurtre pour lequel il avait dû enquêter un soir de pleine lune ? Non, promptement pas: comment aurait-il eu l'audace d'oublier tel évènement, lui qui notait tout - bon an mal an - dans son journal intime ? Les méninges se creusaient et le ventre gargouillait. Heihachi n'en pouvait plus. Hurlant de fâcherie, il frappa du poing sur la table et les couverts volèrent :

- Bordel ! Où est donc la bectance, femmes ! Je vais brûler votre établissement, et vous avec !

Tout à coup, un éclair de génie au chocolat lui traversa l'esprit :

- Mais oui, évidemment ! C'était... Comment s'appelait-il déjà ? Un chinois... Lei ou Lang... Je lui avais buté sa tête au colt magnum ! C'était ici, j'en suis sûr !

Il criait comme un pendu et tous les clients le regardait :

- Quoi, les mauviettes ? Je vous prends tous un par un ! Non, tous en même temps ! Venez !

C'est alors que, sortant d'une poubelle déguisé en chamelle, un flic avec une chemise blanche et des bretelles à la mode pointa son arme de service sur notre héros au coeur doré :

- Hey ! Lâche ton arme Hachi ! Ou j'te fais cramer les esgourdes !

- Ah ouais ?

- Ouais !

- Ah ouais ?

- Ouais !

Et tout l'immeuble s'effondra.

20 août 2011

Le poème de Heihachi

C'était une journée belle et envoûtante. Heihachi se levait avec le soleil dans les yeux et le ventre vide. Il avait pensé toute la nuit, il avait réfléchit comme un surdoué, et il avait même commencé à se dire que l'énervement fortuit et très fou ne l'aiderait pas à obtenir vigueur et compréhension dans le royaume des morts. Les barreaux de sa cellule formaient une sorte de barrière magique vers les étoiles de la nuit, et personne ne pouvait se rendre compte de la transformation fantastique qui était en train de se tramer dans l'esprit vif éclair de notre ami héroïque.
En effet, après le meurtre de la doctoresse des dents de sagesse, aucune police spéciale ne put empêcher Heihachi d'être condamné à une peine de huit mois de prison. Il eut beau clamer son innocence et commander douze patates douces par hectolitre carré, cela ne changea rien et renforça même la décision du juge à augmenter les doses et à compter deux par deux en sautant à cloche-pied entre un cheval à bascule et une pierre de mousse. Les yeux rivés vers le lointain, les nuages scintillant dans la brindille spatiale, Heihachi se mit à écrire sur les murs de sa geôle avec un os de rat et du sang de ptérodactyle:

OH SEIGNEUR,
Quand me ramèneras-tu du beurre ?
Je mange tous les jours des cacahuètes
Et pourtant, même sans cela, je pète !
Qui l'eut cru quand je sois arrivé
Que je mettrais mon pied sur mon nez ?
Et qui comprendra à la fin
La douleur évoquée par un orphelin ?
Car oui, je n'ai point de parents
Abandonné que je fus dès mon accouchement
Illettré et battu par tous
Pourtant j'avais une si belle frimousse !
Ah que la vie est dure et pourtant belle
Comme l'était ce superbe ciel
Que je contemplais avec émoi le soir
Quand j'avais la tête dans des nénuphars...

La vitesse était belle et lyrique, et notre héros au cœur grand savait maintenant comment rendre le monde meilleur: ses poèmes seraient lus dans les écoles, dans les mairies, et dans les cimetières. Vive Heihachi ! Que la gloire et la fortune lui soit acquises, et que la viande de bison soit rapidement dans son écuelle ! Son ventre gargouillait effectivement, et les images du Macdonald lui firent rapidement scier les barreaux de sa cellule pour rejoindre avec vitesse et promptitude le monde extérieur, là même où devait se repaître un génie tel que lui.

22 mars 2008

Chapitre 9

Plusieurs jours passèrent, et la pluie n'avait pas cessé de tomber.
Heihachi commençait à être fatigué d'attendre debout comme ça devant cette boutique qui avait depuis mis la clé sous la porte faute d'avoir un seul client, notre héros obstruant le passage.
Alors qu'il cherchait une idée pour se protéger de cette pluie incessante et ainsi regagner son domicile de façon aléatoire et saugrenue, Heihachi aperçut une brouette à quelques pas de lui.
D'un mouvement de pas chassé qui rendrait tout sauteur à la perche jaloux et honteux, l'homme à la moustache florissante s'approcha subrepticement de l'objet entreposé là par mégarde par un jardinier scandinave : une fois à côté, il jeta un oeil furtif autour de lui, fit diversion en jetant des noisettes vers la droite et prit à pleines dents la brouette qu'il mit immédiatement renversée au-dessus de sa tête.
Toute l'eau qui s'était accumulée dans l'objet ces derniers jours se renversa donc sur Heihachi, qui fut trempé jusqu'aux os ; mais au moins, la pluie ne l'atteindrait plus maintenant, c'était sûr.
C'est donc le coeur empli de joie et les poches emplies de billets trempés que notre héros se dirigea à pas rapide jusqu'à l'abribus situé à deux pas afin d'emprunter un autocar qui le ramènerait rapidement dans son quartier malfamé.

Trois personnes se trouvaient déjà sous ce refuge de fortune : une jeune secrétaire à la chevelure rousse, une très très vieille femme de 112 ans à l'air misérable qu'il trouva somme toute fort jolie, et un panda géant avec un attaché-case.
Heihachi se méfia immédiatement de cette secrétaire, la couleur de ses cheveux paraissait évidemment louche !
Mais avant que notre homme n'ait pu les interroger en les torturant, le bus arriva et tout ce petit monde monta à l'intérieur.
Pour avoir une meilleure vue d'ensemble, Heihachi s'assit devant pour surveiller le chauffeur, un homme de quarante ans environ qui ne s'était semble-t-il pas rasé depuis une bonne semaine.
Mais notre héros ne se laissa pas piéger par ce stupide subterfuge, et ainsi sourit-il d'un air victorieux alors qu'à l'arrière, la vieille femme était en train de manger des chips au bacon.
Tout aurait pu bien se passer, mais alors que Heihachi allait descendre pour rentrer chez lui, quelqu'un lui jeta un bouquet de fleur : par des réflexes de guerrier chevronné, l'homme se prit le bouquet en pleine gueule et saigna du nez à cause de la vitesse rapide de son esprit à cet instant.
Il ne bougea plus, puis commença à s'énerver tout seul, avant de dire en criant comme un fou :

- Mécréants !!! Vous croyez qu'un simple bouquet de fleurs sauvages parviendrait à me vaincre ???

Il sortit son gun et tua la vieille femme qui se trouvait tout au fond du bus comme par réflexe.

- Maintenant, que l'auteur de ce geste impardonnable se dénonce, où je tuerais tout le monde !!!

Pour montrer qu'il ne rigolait pas, Heihachi tua aussi le chauffeur d'une balle dans l'orteil gauche.
Il se mit à rire d'un rire fou et prétentieux :

- Ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah !!!!!!!!! La justice, c'est moi !!!

La pilule était trop dure à avaler pour la jeune secrétaire rousse qui bondit tel un ninja des temps anciens de la Chine japonaise, et qui fit un mouvement de kung-fu roulé quadrichromique.
Heihachi était désarmé et saoul, et s'écroula sur le trottoir, inconscient...

7 février 2008

Chapitre 8

Après être resté quatre heures et vingt-trois minutes devant le pas de la boutique, Heihachi prit son parapluie et entra en poussant la porte en verre.
Un tintement retentit, coutume idiote mais néanmoins utile pour prévenir le vendeur se trouvant communément dans l'arrière-boutique en train de faire des choses pas très catholiques qu'un étranger, un acheteur potentiel ou bien un voleur malintentionné était maintenant présent dans sa demeure. Notre héros fit abstraction de ce petit son de clochette désagréablement chiant et se dirigea immédiatement vers le rayon déguisement et autre postiches qui se trouvait juste sur la gauche quand on regardait vers la droite.
Comme d'habitude dans ce genre de situation, un vendeur mal payé s'approcha de ce nouveau client et entreprit d'entamer la conversation, en parlant du beau temps qui n'était pas très beau aujourd'hui, afin de venir en aide à cet esprit égaré ; il était originaire de la Chine lointaine d'Asie, avait des cheveux mal peignés, des vêtements propres et bien lavés, et dit sur un ton tout à fait normal et paisible :

- Bonjour monsieur, je peux vous aider ?
- Non merci ça ira.
- Vous cherchez quelque chose de précis peut-être ?
- Pas particulièrement.
- Je vois que vous regardez nos costumes : remarquez cette superbe finition.
- Oui pas mal.
- Sinon nous avons aussi ces très belles perruques qui...
- Écoute : ferme ta gueule et barre-toi le nain.

C'était évidemment dit sans méchanceté, mais avec un flingue sous le menton, nous pouvons tous comprendre la rapidité avec laquelle le vendeur se tut puis partit en direction de la partie du magasin la plus éloignée géométriquement parlant.
Laissant ainsi Heihachi seul, ce dernier eut tout le loisir de choisir ce qu'il était venu chercher, c'est à dire un costume de Batman, le masque de Scream, une perruque rose et une boîte de raviolis Pazzani pour ce soir.
Au comptoir, l'homme à la célèbre moustache croisa à nouveau le vendeur qui énonça la phrase suivante après avoir constaté les achats :

- Cent dix-sept écus et trois pièces de bronze.
- Hein ?
- Cent écus et dix-sept pièces de bronze.
- De quoi ?
- Trois écus cinquante.
- Bien.

Et Heihachi partit sans payer, tout heureux que ce qu'il avait espéré acheter soit maintenant chose faite.
Mais en quittant les lieux, notre héros s'aperçut que le ciel s'était obscurcit et que la pluie avait choisi cet instant pour tomber en quelques gouttes.
N'ayant pas pris son parapluie, l'homme ne savait que faire.
Il attendit donc que la pluie cesse en mangeant un sandwich à la rillette, sa spécialité.

19 janvier 2008

Chapitre 7

Heureux comme un pope, Heihachi sortit de son appartement.
Il était presque huit heures quand il refermait la porte à clé derrière lui, puis il commença à siffloter alors qu'il quittait l'étage où il se trouvait - car en effet notre héros habitait au deuxième étage.
Descendant les marches lentement mais de façon assez précise pour ne pas tomber, il croisa le regard de deux jeunes hommes d'origine maghrébine qui jouaient au tarot au milieu du passage.
Heihachi s'étonna : en effet, le tarot ne se joue-t-il pas plutôt à partir de trois joueurs ?
Enfin, cela ne le regardait pas.
Il continua d'avancer, l'air de rien, et tenta de passer sans adresser la parole à ces deux jeunes qu'il ne connaissait pas.
Mais par malchance et par inadvertance, l'homme marcha sur une carte et il l'abîma un peu.
Il s'en excusa, mais les jeunes de notre époque sont rapidement énervés et ils se levèrent donc dans un mouvement de concordance rapide pour agresser mentalement notre héros :

- Hey toi lààà...! Kessta fais à not' carte de tarot-là, t'es fou ou quoi ? Tu veux mourir ou quoaaa ?

Heihachi n'était pas très chaud pour mourir tout de suite, et comme l'une des deux personnes lui tapotait le thorax avec son doigt, il fut obligé sous la contrainte de sortir son gun qu'il avait toujours sur lui, on n'était jamais trop prudent.
Les deux jeunes reculèrent en faisant tomber les cartes qu'ils avaient dans les mains et en les levant en l'air :

- Oooh du calme mon frère on veut pas d'embrouille nous !
- Ouais c'est vrai, on agresse que les vieilles dames et les scouts d'habitude !

Sans écouter ce qu'ils disaient, Heihachi tira... sa révérence, et partit sans rien dire.
Finalement, il arriva en bas de son immeuble et s'arrêta ; le soleil brillait, il s'étira : c'était un temps magnifiquement beau pour aller se faire bronzer les fesses à la piscine municipale.
Mais avant, il fallait qu'il aille à ce magasin de déguisements.
A pied, il en aurait pour au moins quatre minutes aller-retour, aussi choisit-il de prendre le bus.
Il monta un petit chemin de terre pour rejoindre l'arrêt le plus proche, et arriva rapidement à bon port.
Des gens attendaient déjà.
Comme une vieille dame était assise sur le banc, il sortit son gun pour la deuxième fois de la journée : après tout, il était vieux lui aussi, et il méritait cette place en tant qu'ancien militaire blessé au combat au cinquième doigt de pied gauche.
La vieille quitta sa place en boitillant, et Heihachi s'assit... au moment où le bus arrivait.
Enfin, il se leva en poussant la vieille qui tomba, et monta dans l'autocar qui partit immédiatement ensuite.
Après s'être à nouveau assis, Heihachi sortit un mouchoir de sa veste Louis Vuitton et se moucha avec grand bruit.
Tout le monde le regarda, et le vieil homme adorait ça : il en profitait pour analyser chaque personne présente, tentant de savoir ce qu'ils faisaient là, ce qu'ils allaient faire...
Il les regarda d'ailleurs tous un par un, sans pour autant suspecter l'un d'entre eux d'être un quelconque trafiquant qui voudrait revendre sa marchandise.
Quelques minutes plus tard, Heihachi était arrivé à destination ; il descendit du bus sans payer, puis se dirigea vers la galerie marchande d'un pas rapide et lent.
Là, parmi les piétons, il marcha tranquillement, faisant parfois un croche-pied ou donnant subitement un coup de poing à un passant qui lui paraissait con ou malhonnête.
Toutes sortes de stands étaient là : des vendeurs de fruits avec des pamplemousses et des grenades, des vendeurs de légumes avec des haricots rouges et des tétragones, des vendeurs de vêtements avec des bretelles de couleur et des guitares en plastique...
Et finalement, notre héros arriva devant sa chère boutique : Camouflage & Cie.

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