20 août 2015

Chapitre sept : De l'alcool et un café

Le lendemain, Heihachi se réveilla avec lenteur et avec un mal de tête horrible. Il ne se souvenait plus de rien, sauf de Lei Wulong car il avait fait un cauchemar. Un flic fou et chinois qui se battait comme une méduse, ou comme un autre animal de la forêt, ça ne courait pas les rues, surtout quand elles étaient désertes. Notre héros au grand coeur se leva de par terre et alla prendre un bon bain bien tiédasse pour se remettre les idées dans le slip. Il mit de la mousse et un jouet qui couine pour barboter tranquille dans sa baignoire en fer forgé légendaire. Puis, en sortant, encore ruisselant d'eau gelée, il admira son corps magnifiquement musclé et velu dans le miroir en plexiglas de sa salle de bains en cuir chromé et en argent de synthèse. Il mit ensuite ses plus beaux habits et bien sûr son chapeau haut-de-forme et sa redingote car c'était dimanche et il y avait la messe dans la grande rue. Il prit un litre d'alcool pour tenir le coup jusqu'à ce midi et sortit dans le dehors pour respirer le bon air poussiéreux qui le faisait tant tousser. La cloche de l'église de la village sonnait pour la cent-douzième fois ce matin-là et Heihachi descendit les coteaux jusqu'à arriver au rassemblement inintéressant qui se présentait ici. Apparemment des hommes étaient morts hier dans les parages et on les enterrait avec dignité, mais notre ami fragile n'en avait pas grand chose à cirer même s'il pleura une larme lorsqu'il retrouva un ongle de sa main gauche coincé dans une partie du corps tranché trouvée dans un des cercueils et qu'il s'empressa de manger rapidement. Puis il alla au café de la P.O.S.T.E., lieu de débauche pour un certain Law de la Forest qui faisait du striptease intégral pour quelque piécette en plus de son job combiné d'été qui faisait office de garçon de café et de livreur de la P.O.S.T.E. postale. Heihachi n'en avait cure et n'était pas ici pour voir un popotin se trémousser sous ses fesses : il cherchait un indice pour retrouver la trace de ce détraqué de Lei Wulong et l'appela donc dans l'enceinte puante de l'établissement susmentionné :

- Oh, Lei, t'es là ?

Le garçon de café de la P.O.S.T.E. ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd :

- Vous voulez parler de Lei Wulong ?

- De Lei mon petit. Tu es sourd ou juste aveugle de naissance ?

- Oui mais Lei Wulong ?

- Si tu me cherches tu vas me trouver jeune petit con.

Et Heihachi saisit Law Forest par les trous de nez et le jeta violemment contre un autre homme qui se trouvait là assis par hasard en train de boire un thé vert de nature chnoise ; il portait également une tenue purement asiatique avec des teintes de vert et de violet tirant sur le bleuté pourpre, ainsi que des cheveux noirs jais qui ferait pâlir d'envie n'importe quelle idole japonaise en manque de couleur d'origine et de beauté sombre. Il dit :

- Hé dites donc vous ! dit-il en se relevant du genre il était fâché mais ne savait pas qu'il aurait vite à faire au Grand Heihachi.

- Quoi jeune con trisomique, t'as un problème ? Mais ? dit-il avant un silence d'étonnement. Tu es Lei Wulong ?!

- Ah, je le savais bien ! disait alors Law Forest plus mort que vif sur le bas-côté avant que Heihachi ne l'achève d'une mandale bien placée entre les deux yeux.

- Heihachi ! Viens te battre si t'es une gonzesse ! dit Lei Wulong à son tour.

Et il essaya de prendre la fuite en fuyant par la porte de derrière.

(suite)


25 août 2015

Chapitre douze : Un beau merdier

Après une nuit sacrément agitée, Heihachi se réveilla dans son vomi vers quinze heures de l'après-midi. La place était un véritable carnage et les villageois s'affairaient comme d'habitude, l'air de rien, enjambant notre héros au passage tout en marchant dans les restants de sauces et du bouffon qui était mort en faisant un tour de magie qui avait échoué. Notre héros magnifique avait un sacré mal de crâne et il se frotta la tête avec son genou avant de bailler de toute ses dents. Puis, comme il ne savait pas où il était, il commença à retourner chez lui en titubant et en finissant une vieille bouteille de vodka-mandarine, la spécialité de Feng Wei. Mince ! Feng Wei ! Où était-il désormais ? Heihachi se gratta le slip et en sortit une brochette de boeuf qu'il engloutit sans un soupir, puis il courut vers le cimetière. Mais son éternel ami n'était pas là. Le croque-mort était là par contre, mais à l'époque on l'appelait le croque-en-stock. C'était un homme mince et sec, la cinquantaine, deux yeux, deux bras, deux jambes, deux oreilles et un casque pour écouter de la musique techno très en vogue chez les apothicaires. Il parla en ces termes :

- Bonjour Monsieur Heihachi, belle journée pour mourir n'est-ce pas !

- Belle journée pour une éviscération ouais ! Tu aurais pas vu mon bel ami Feng Wei cher fils de paysan ?

- Si, mais il n'était pas crevé donc la marchandise ne m'intéressait pas. Je l'ai laissé sur le trottoir, tu le trouveras derrière les poubelles.

Heihachi va rapide vers les déchets et il trouve en effet un homme au sol qui ressemble étrangement à son grand ami Feng Wei. Il le dépoussière avec promptitude et constate les dégâts sur son corps joli et délicat. En son for intérieur, notre beau héros jure que celui qui l'a ainsi blessé le paiera très cher ! Sans doute Lei Wulong d'ailleurs. Mince ! Lei Wulong ! Heihachi laissa tomber son ami de toujours dans la boue et coura rapide vers les toilettes car il avait envie de couler un bronze. Puis, une fois le colombin déposé, il se rhabilla de manière svelte avant de foncer lentement vers la prison communale. Là, il ne put que constater les dégâts : malgré ses blessures, Lei put quitter sa cellule et effectuer une distance impressionnante de 25 centimètres en se traînant comme une merde, ce qui était plutôt raccord avec ce que venait de faire notre ami juré dans les WC. Heihachi raccompagna son ennemi maudit jusqu'à sa geôle à coups de savates et referma soigneusement la porte avant d'avaler la clé :

- Comme ça, plus aucun problème ! dit-il en riant de fort belle manière.

Puis il quitta les lieux en gloussant afin de profiter enfin de ses vacances avec ses testicules.

(suite)