18 décembre 2014

Heihachi Story 1

Heihachi titubait. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas pris une telle cuite au Bar du coin. La nuit était noire, la pluie était humide et les vêtements du maître du karaté semblaient se gondoler à mesure qu'il roulait dans la ruelle maussade. En tapant dans une poubelle, Heihachi se cogna le rotule dans un rat qui passait. C'est à cet instant que les yeux du vieil homme rencontrèrent ceux d'un homme à l'allure belle et longiligne, un mec qui faisait la loi dans la forêt : Forest Law. Au lieu de ses fringues en peau de mammouth habituels, le fils de Jude arborait une redingote du plus bel effet, ce qui éblouit tout naturellement le visage teinté d'émeraudes de notre héros au coeur léger. Dix minutes passèrent alors qu'aucun des deux compères ne bougeât. Puis, avec une habileté mêlée d'intrigue, chacun bondit dans un coin du ring avant de scruter l'horizon d'un oeil malicieux ; ils sortirent un fusil à pompe de leur sacoche de voyage et commencèrent à tirer dans tous les sens sans vraiment viser quoi que ce soit. Ils finirent par tuer trois passants innocents sauf un qui était un voleur de diamants célèbre du XIXème siècle. Une fois toutes leurs cartouches utilisées et le silence revenu, une odeur de sirène de police retentit dans la ville lugubre et rapide : il s'agissait du célèbre policier-flic Lei ou Lang, on ne sait plus très bien, qui avait tout entendu dans son local moite situé à 12 kilomètres au nord-ouest. Aussitôt dit aussitôt fait, les deux lascars au cheveu rare prirent immédiatement la fuite en direction de la galerie d'art. Ils étaient en effet tous les deux en cavale depuis plusieurs années et retourner en taule ne faisait clairement par partie de leurs prérogatives. Une course-poursuite s'engagea alors pendant 5 secondes mais Heihachi se foula la cheville et il tomba dans le caniveau. Cette infortune lui permit de semer son poursuivant, mais en contrepartie il mourut dans d'horribles souffrances.

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25 janvier 2015

Pas de vacances pour les héros

Alors que les fêtes de fin d'année étaient largement passées de plusieurs mois, Heihachi ne se privait jamais d'une bonne mousse, surtout quand celle-ci était offerte par la Corporation Mishima qui commémorait la bravoure d'un jeune flic freluquet parvenu à l'arrestation triomphale d'un trafic de drogue dans le secteur ouest.

La jalousie de Heihachi se faisait sentir dans son regard vide. Car oui, le seul flic capable de cette foutue ville, c'était bien lui. Les nombreuses nuits passées à traquer le moindre élément suspicieux, c'est encore lui. C'est à la sueur de son front et à la goutte au nez que Heihachi avait voué corps et âme pour cette tâche ingrate, endurant toutes les peines, infiltré par-ci par-là afin de traquer la moindre preuve où son seul soutien durant toutes ces nuits interminables était sa bouteille de liqueur bas de gamme. Le plus dur avait été pour lui de rattraper tout ce sommeil en retard et une intervention au service des urgences pour une greffe de foie. Le donneur est resté inconnu mais Heihachi savait au fond de lui qu'il restait certaines personnes avec encore un peu d'humanité.

Le démantèlement de ce cartel ne pouvait être que l’œuvre d'un pro. Enfin, c'est ce que Heihachi s'imaginait, car notre héros avait obtenu par son dentiste, un certificat d'arrêt de travail signé de sa main la plus habile après une lourde opération chirurgicale d'une dent de vieillesse. Cela faisait un an qu'il n'avait pas foutu les pieds à son travail officiellement et cela le rendait heureux. D'ailleurs, personne ne l'avait invité ce soir.
Alors que Heihachi s'apprêtait comme à ses habitudes de voler le café des distributeurs automatiques qu'il stocke dans son grenier, comme chaque vendredi soir dans les bureaux des fédéraux, un bruit l'a interpellé. Et telle une pièce manquante dans un puzzle, celui-ci s'est incrusté selon les règles de l'art en jurant de ne pas consommer plus de trois verres par tranche de quart d'heure.

Heihachi aimait bien faire la causette un canapé à la main, une main dans l'autre. C'était le grand luxe ! Et comme c'était buffet à volonté, il en profitait copieusement pour remplir sa besace en toute impunité.
C'est alors que le Directeur de la Corporation arriva, applaudi par une foule impatiente. Heihachi quant à lui, sifflait de tout son souffle vieux et intrépide, deux doigts graisseux dans la bouche à l'haleine purgée. Mais cela ne marchait pas. Il vomit sur un rondin de bois tellement l'obstination fut intense.

Un micro à la main, le Directeur s'exprima :

« - Bonsoir à toutes les personnes ici présentes ce soir... En tant que chef de la police, j'ai le plaisir de vous présenter un garçon plein d'espoir. Vous me connaissez peut-être déjà, je suis Jin Kazmoissa, lui-même, en chair et en os, solitaire et beau gosse, fier symbole représentant des valeurs qui nous unissent. J'ai l'immense joie et le plaisir charnel de récompenser comme il se doit, selon les lois de notre société belle, le courage et la bravoure d'une jeune recrue nouvelle, à l'avenir plus ou moins long... J'ai nommé M. Lei ou Long !

- What's ta gueule ! »

Heihachi n'en n'avait rien à foutre de tout ça. Depuis qu'il avait commencé son job de flic, jamais personne ne l'avait félicité pour son travail... Attendez... Quoi ? Lei ou Lang ?
Heihachi se réveilla de son coma passager et s'empara de son télescope de poche afin de scruter méticuleusement les mimiques de ce soit-disant flic bientôt décoré par ses balles.

« - Par la sainte moustache mal taillée ! Mais c'est le jeune chinois mongolien en redingote que j’aperçois ! »

Nul ne peut tromper le flair d'un maître tel que Heihachi pour le camouflage optique. Ce sale drogué allait découvrir son heure de gloire.
C'est dans un élan de grâce distingué, que notre héros parvint à dégainer son fameux Colt. Il était de son devoir de mettre un terme à la vie de cet imposteur une bonne fois pour toute. Mais contrairement à la loi de la relativité, notre sauveur a eu le malheur de déguster une huître calibre 000 fine de clair peu fraîche entraînant une immense et incroyable douleur subjuguant des tréfonds de la paroi intercostale de son colon.
Et oui, une fois n'est pas coutume, et un véritable cirque gastrique bouillonnant mettait en péril l'existence de son slibard. L'heure était proche. Heihachi nageait dans sa peine et tout autour de lui paraissait infiniment plus nauséeux. L'homme eut une pensée qualifiable à celle que certaines personnes content avant de passer l'arme à gauche, rassemblant toute une existence en une fraction de seconde et Heihachi eu une pensée infime de son ex-femme illégitime Ling.
Stimulant ces dernières forces et enfreignant les lois de la nature de la retenue, il dégageait tout ce qui se trouvait sur son passage afin de se frayer un chemin ingénieux tout en délassant sa ceinture de kimono afin de limiter les risques. Arrivé sur les lieux du futur crime, il empoigna avec panache la porte des commodités et se jeta avec une souplesse fulgurante sur le trône sans prendre la peine de fermer la porte. Mais Heihachi s'en fout, car il sait que sa vitesse légendaire lui a permis d'arrêter le temps suffisamment longtemps pour déféquer en toute tranquilité.

20 août 2015

Chapitre sept : De l'alcool et un café

Le lendemain, Heihachi se réveilla avec lenteur et avec un mal de tête horrible. Il ne se souvenait plus de rien, sauf de Lei Wulong car il avait fait un cauchemar. Un flic fou et chinois qui se battait comme une méduse, ou comme un autre animal de la forêt, ça ne courait pas les rues, surtout quand elles étaient désertes. Notre héros au grand coeur se leva de par terre et alla prendre un bon bain bien tiédasse pour se remettre les idées dans le slip. Il mit de la mousse et un jouet qui couine pour barboter tranquille dans sa baignoire en fer forgé légendaire. Puis, en sortant, encore ruisselant d'eau gelée, il admira son corps magnifiquement musclé et velu dans le miroir en plexiglas de sa salle de bains en cuir chromé et en argent de synthèse. Il mit ensuite ses plus beaux habits et bien sûr son chapeau haut-de-forme et sa redingote car c'était dimanche et il y avait la messe dans la grande rue. Il prit un litre d'alcool pour tenir le coup jusqu'à ce midi et sortit dans le dehors pour respirer le bon air poussiéreux qui le faisait tant tousser. La cloche de l'église de la village sonnait pour la cent-douzième fois ce matin-là et Heihachi descendit les coteaux jusqu'à arriver au rassemblement inintéressant qui se présentait ici. Apparemment des hommes étaient morts hier dans les parages et on les enterrait avec dignité, mais notre ami fragile n'en avait pas grand chose à cirer même s'il pleura une larme lorsqu'il retrouva un ongle de sa main gauche coincé dans une partie du corps tranché trouvée dans un des cercueils et qu'il s'empressa de manger rapidement. Puis il alla au café de la P.O.S.T.E., lieu de débauche pour un certain Law de la Forest qui faisait du striptease intégral pour quelque piécette en plus de son job combiné d'été qui faisait office de garçon de café et de livreur de la P.O.S.T.E. postale. Heihachi n'en avait cure et n'était pas ici pour voir un popotin se trémousser sous ses fesses : il cherchait un indice pour retrouver la trace de ce détraqué de Lei Wulong et l'appela donc dans l'enceinte puante de l'établissement susmentionné :

- Oh, Lei, t'es là ?

Le garçon de café de la P.O.S.T.E. ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd :

- Vous voulez parler de Lei Wulong ?

- De Lei mon petit. Tu es sourd ou juste aveugle de naissance ?

- Oui mais Lei Wulong ?

- Si tu me cherches tu vas me trouver jeune petit con.

Et Heihachi saisit Law Forest par les trous de nez et le jeta violemment contre un autre homme qui se trouvait là assis par hasard en train de boire un thé vert de nature chnoise ; il portait également une tenue purement asiatique avec des teintes de vert et de violet tirant sur le bleuté pourpre, ainsi que des cheveux noirs jais qui ferait pâlir d'envie n'importe quelle idole japonaise en manque de couleur d'origine et de beauté sombre. Il dit :

- Hé dites donc vous ! dit-il en se relevant du genre il était fâché mais ne savait pas qu'il aurait vite à faire au Grand Heihachi.

- Quoi jeune con trisomique, t'as un problème ? Mais ? dit-il avant un silence d'étonnement. Tu es Lei Wulong ?!

- Ah, je le savais bien ! disait alors Law Forest plus mort que vif sur le bas-côté avant que Heihachi ne l'achève d'une mandale bien placée entre les deux yeux.

- Heihachi ! Viens te battre si t'es une gonzesse ! dit Lei Wulong à son tour.

Et il essaya de prendre la fuite en fuyant par la porte de derrière.

(suite)

05 juin 2017

Heihachi, Story bien XI

Après une chouette lecture tordante et riche en émotion, le sensationnel homme aux deux sabres récupéra ses vêtements maintenant propre et soyeux. Il enfila son kimono à une main et son souple slip de l'autre. Il se sentait vraiment bien, la fraîcheur de cet instant était un moment d'allégeance flibustière.
Voyant à travers la vitre cassée qu'il pleuvait toujours en ce jour saint, Heihachi décida d'attendre que la pluie ne cesse avant de retourner à son bureau de table de chevet où il avait laissé consciencieusement la fin d'un sudoku niveau moche bien en vue à côté de son dentier de secours. Mais l'endroit qu'il fréquentait déjà depuis maintenant une bonne demie-heure était sale et sentait la cuisson de riz trop cuit. Il fallait déguerpir bongré et malgré tout, mais à condition d'être munit contre la pluie humide. Il récupéra son magazine naze et déplia le poster du centre représentant une star de danse disco à la coupe affrose qui lui permit de se couvrir le crâne chauve des gouttelettes tièdes et glissantes de la ville. Heihachi partit sans éteindre la lumière et marcha sur toutes les flaques d'eau jusqu'à devant l'immeuble de sa résidence belle.
Sans s'essuyer les pieds, il rentra dans le couloir de son immeuble, puis fit un détour vers sa boîte aux lettres. Il n'y avait pas la moindre enveloppe dedans. Triste, il croisa une voisine d'un âge millénaire, mais ne la voya guère et la poussa d'un coup de genoux dans les parties basses, puis s'essuya les tongs dessus avant d'entreprendre l'ouverture de sa porte d'entrée.

Équipé d'une mousse et d'une saucisse sèche, Heihachi s'affala sur son canapé en cuir devant la télévision. Il fit conquit par un film de mousquetogne diffusé en noir et blanc puis s'endormit en ronfflant, rincé par cette glorieuse journée de travail.
Réveillé en sursaut quelques temps après, par l'alarme d'une voiturge de marque lointaine, Heihachi se leva presque grincheusement et alla se brosser la moustache avant de se rendre au travail pour s'entretenir avec Madame le maire, une canette de bière dans la poche de sa redingote qu'il enfila vitesse. La pluie toujours présente, était un véritable calvaire d'hésitation longue avant de se lancer dans la jungle de la ville moite. Enrhumé, Heihachi commanda un taxi.