09 novembre 2007

Chapitre 4

La papier peint du bureau était blanc, immaculé.
Le mobilier n'avait pas bougé, il était resté le même depuis toutes ces années.
Même cette bonne vieille bonbonne de gaz n'avait pas bougé !
Heihachi songeait à ces années passées où il glandait sur son superbe fauteuil, regardant par la vitre située au fond de la pièce.
Là où Ogueur se trouvait actuellement d'ailleurs.
Il avait changé de coupe, certes, mais était parfaitement reconnaissable par notre héros, à qui il avait jadis volé la petite amie !
En commençant à s'énerver à la vue de son rival et ennemi de toujours, Heihachi s'avança en proférant des menaces de mort à l'égard du nouvel inspecteur de la Mishima Corporation :
 
- Ogueur, connard ! Je vais te défoncer ta gueule de merde dans la seconde !
 
L'autre parut surpris.
Il fit sa tête de victime, puis la discussion s'enchaîna alors que la distance les séparant rétrécissait à mesure que Heihachi se dirigeait vers lui, l'air particulièrement remonté :
 
- Heihachi, vieille fripouille ridée ! Comment m'as-tu donc reconnu ?
 
Notre héros ne s'arrêta pas, et tel un diplodocus-rex, explosa le bureau d'un geste puissant du bras droit ; le meuble à terre scindé en deux, Heihachi fit encore deux pas et attrapa l'autre par le col ; Ogueur, commençant à être furieux à son tour, rétorqua :
 
- Tu me lâches, tu me lâches !
 
Heihachi ne le lâcha pas, et reprit :
 
- Tu rêves mon gros, je vais te faire passer le goût de t'immiscer dans ma vie définitivement ! Je vais tellement t'éclater qu'on pourra même plus ramasser ta tête de pygmée à la petite cuillère !!
 
C'est qu'il avait pris quelques cours de français, le bougre.
Mais l'ogre ne s'en laissa pas compter, et après avoir réfléchoix un instant sur la situation, il ajouta :
 
- Mais au fait, comment as-tu su pour mon changement d'identité ?
- Hein ?
- Bin ouais, je m'appelle Ogueur maintenant, et plus Ogre.
- Quoi ? Quelle est la différence ?
 
Alors que, semblant soudainement calmé, Heihachi déserra son emprise, Ogueur sortit son porte-feuille et sa fausse carte d'identité au nom de Ogueur de son blouson en cuir.
Il avait également un diplôme d'expert en trapèze volant, un as de pique Carta Mundi et une montre-gousset dont la pile était morte.
Ogueur profita alors de l'inattention de Heihachi pour s'enfuir en sautant par la fenêtre par laquelle il traversa : cela fit un boucan terrible, ce qui ameuta tous les autres employés qui travaillaient ici.
Et c'était sûr qu'avec le ketchup qui se trouvait dans la pièce, notre héros allait maintenant être le suspect numéro un !

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02 février 2011

Heihachi ne meurt jamais 2

Nous sommes en février, un soleil de plomb frappait les moustaches de notre héros. Celui-ci était avachi sur un transat, l'œil hagard dissimulé par de grosses lunettes noires. Peut-être recherchait-il une proie, une faille ou encore une barmaid avec qui draguer ? Mais il n'en était rien. Heihachi venait de découvrir qu'il s'était trompé de paire de lunettes et avait maladroitement confondu avec celles destinées aux biens fait des yeux lors d'une éclipse solaire prévu pour mai 1982, juin 1987, mars 2001 et février 2058. Il était tellement vénère qu'il poussa un cri, rappelant alors celui qu'on beugle lorsqu'une grosse commission est enfin expulsée, puis partit chausser ses ski.
Les vagues étaient belles et scintillantes. Heihachi enfila d'un coup de main de maître sa combi de bodyboard préférée et courût vers l'océan d'un pas fier et déterminé. Mais seulement au bout de quelques parasols, il aperçut son vieil ami Gon sirotant un chocolat un peu tiédasse, mais plus chaud que tiède. D'ailleurs Heihachi se fit la remarque et trébucha très violemment sur le vélociraptorrusserex qui ne broncha pas. Le chocolat était maintenant tiède et râpeux, et, un peu partout sur la gueule de Gon qui lui péta au nez de joie! Heihachi se rappela alors d'une très vieille histoire qu'on lui avait raconté ; une bande de ninjas extraterrestres qui balançait du riz à la gueule des gens tel un sacrifice envers le Dieu Delacuissondouceduriz. "Un mythe !" me suis-je encore murmuré.
Il était l'heure de la sieste, Heihachi et ses gros bras s'entraînaient davantage alors qu'il n'y avait plus de place pour contenir une telle masse de caractère et de puissance, sa peau craquelait et ses os se déchiraient, ou peut-être les deux, depuis bien longtemps déjà mais il n'en n'était rien, le cœur à ses raisons que la raison ne connaît point. Il prit un stylo bille bique et y inscrit sa date de naissance. Il pleura de tout son être et sortit son porte feuille pour rendre la monnaie d'un flingue. On pouvait lire sur l'arme : "COME GET SOME". Heihachi jura alors de retrouver le marchand de chocolat pas encore tiédasse.
C'est dans son hôtel particulier qu'Heihachi se distrayait le mieux. Malgré son grand âge mature, voire de surmaturation en pourriture noble tel le botrytis cinerea. Il trouvait toujours un passe temps pour, comme son nom l'indique, passer le temps voir le tuer. Oui, Heihachi s'ennuyait fort vite, à peine le temps d'y réfléchir qu'il culpabilisait encore pour ne toujours par avoir mis Lei ou Lang en prison ainsi que la grosse racaille résidant en ces lieux beaux mais moches que pouvaient être la rue. Oui, Heihachi vivait comme un clodo. Il sentait le phoque à plein nez et suintait tel un volcan sur le cul de sa tendre et chère Xiaoyu Lang. C'était triste à dire mais c'était vrai, et aussi invrésenblable soit-il que son voisin de chambre le Dr. Bosconovitch, lui vomi sur son short alpin de mi-mollet. Il vomit tellement qu'il en perdit raison. Après ce geste de dernière volonté, on eut cru voir un cadavre vaseux aussi rêche qu'un coup de trique dans les bonbons. "Heureusement que la banque ne ferme qu'à 20 heures !" s'exprima Heihachi.
De retour sur son transat, il découvrit enfin pourquoi sa moustache était paillassoneuse.
Il réfléchoix un temps.
Le lendemain matin, vers les alentours des 15h biens passées, il s'étonna de sa forme inhabituelle et prit son petit déjeuné sur le pouce. Et non pas comme l'expression pourrait le stipuler, mais bel et bien sur le pouce. Droit, en l'occurrence. Il était vénère parce que son bol de céréales biocellulaires lui avait glissé des mains et s'était coincé dans son bermuda rouge et jaune à petit pois. Le PC n'était plus là. Il avait laissé derrière lui un ordinateur portable, sans dique dur ni batterie. Cela n'inquièta pas le moindre du monde notre héros qui n'avait qu'à se souvenir de ses anciens cours de musique pour mettre fin au problème. Il tapa avec franchise la tour du PC à l'aide d'une bouée qu'il avait sans doute volé ultérieurement à son fils. Un écran s'alluma. C'était celle d'une pub pour boîte de nuit "Soirée jazzy chez les Williams" qui clignotait rose fuchsia en haut d'un panneau juste au dessus de la tête d'Heihachi. La pub changeait toutes les 11 secondes pour passer de celle des sœurs fumeuses de crack à celle d'une promo sur une coupe chez un Suédois. On pouvait y lire "Promo d'enfer! Moins 25% sur coupe brûlure-saturée-au-8ème-degré / Moins 25% sur coupe à-ras-la-touffe / Moins 10 % sur coupe Atilla-le-cheveux-ne-repousse-jamais".
Heihachi, par un élan survolté et une précision surnaturelle, eut une idée démoniaque. Il s'en alla, le pas fier, la moustache dressée, le slibard à l'envers vers une marche certaine...

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