09 juin 2015

Heihachi, Story Bien IV

     Alors que je flânais, une magazine de couture en main, dans la salle d'attente du coiffeur du coin, je remarqua un mec qui essayait de décaler mes deux sabres installés sur trois fauteuils en face de moi afin d'y entreprendre de s'asseoir.
« Comment t'appelles-tu ? », lui demanda-je avant d'en finir avec sa vie.
« Chin Chang. », me réponda-t-il avec effroi !
« Hein ? », soupçonnant le doute de l'intérêt de la question.
« Chin chang ! », me confirma t-il.
Puis il se mordu la langue, ce qui déclencha une panique démente chez cet abruti qui hurlait sa mère. Je le finissa à coup de sabres pour abréger les souffrances et déclarant ainsi le silence. Malheureusement pour moi, cet espèce de coiffeur suédois m'expulsa de son intrépide boutique en criant en danois ancien : « Enfilade fist in you ! ».
Je n'avais plus la moindre piste et une envie soudaine de picoler. Je décida alors de rejoindre ce trou à rat, qu'on appelle l'hôtel 1 étoile de monsieur Phénix, en marchant à l'aide de mes pieds vers ces lieux. La musique y était forte, l'odeur des tabourets renfermait comme un élixir de bouse, la barmaid Anna n'avait pas de soutien-gorge contrairement à sa sœur qui n'avait pas de chapeau. Un cocktail explosif qui me fit me remémorer une anecdote siamoise : lors de mon voyage en classe de neige durant ma tendre enfance juvénile, j'avais oublié mes rackettes de pongiste confirmé. Ce souvenir me permit de commander sans retenue une bonne mousse accompagnée d'un shooter bien mérité.
Un vieil homme presque aussi soûl que moi, assis juste à côté, me présenta une bouteille afin d'y partager son breuvage. « Oh ! », m'exclamais-je. Il s'agissait là d'une bouteille atypique de vodka me rappelant vaguement quelque chose. Je la regarda avec contemplation métaphysique puis remercia ce déchet humain pour sa grande courtoisie. « Tiens, tiens... Une bouteille de vodka... ». Je devait dès lors, questionner ce docteur fou afin de lui extirper la vérité sortant de sa bouche.
« Que faisiez-vous hier soir ? »
« Hier soir ? Voyons voir... J'étais ici je crois. »
La jolie tenancière Anna confirma en hochant la tête sans discontinuer sur un air musical de techno.
Je poursuiva mon interrogatoire :
« Où vous-êtes vous procuré cet alcool exactement ? »
« Eh-eh ! C'est un secret de fabrication maison ! »
C'est alors que tout bascula dans ma tête et je tombis à même le sol en glissant de mon fauteuil. On ne m'aida pas pour me relever. Je devais impérativement appeler le service des pièces à convictions de la Mishima Corp© afin qu'ils me confirment que cette bouteille retrouvée sur les lieux du crime correspondait bien à celle que ce vieux chnok et moi, sirotions gaiement. On me dit que oui.
« Enfin un début de piste convenable. », soupirais-je.

(Heihachi, Story bien V par ici)