20 août 2011

La rencontre fatale

Heihachi était assis près de Ronald. Il dégustait un sandouiche au bœuf de Thaïlande, et la sauce mexicanos dégoulinait de sa lèvre basse. Il se régalait, le bougre, c'était certain. Repu de frites et de ketchup, c'est vers les 13h30 qu'il quitta le restaurant. Mais il ne fit pas un pas dehors que la vue d'une sorte de fou en costume de cowboy se présenta face à sa tignasse:

- Hé toi ! Je t'arrête pour tuage de mouton et mangeage de sauce tartare !

Heihachi sourit, sûr de sa force:

- Écoute petit con, je ne sais pas qui tu es et toi non plus. Écarte-toi de là et rapporte-moi plutôt un digestif !

L'homme se mit en position de tir horizontal. Notre héros sentit la menace, et se mit également en position, comme un réflexe. Mais il n'avait aucun flingue sur lui. Tous ses effets personnels étaient restés à la prison, avec notamment sa gourmette de Droopy et son châle jaune à motifs bleu ciel. Comprenant son erreur, il se ravisa aussi rapidement qu'un lapin de garenne et reprit la parole:

- Enfin, rien ne sert de nous fâcher pour cela, j'ai bien mangé et bien bu, j'ai la peau du ventre bien tendue !
- Tais-toi, ordure ! Tu ne mérites pas de te balader en liberté ! Foi de flic, je vais te coffrer, même si je dois abuser de la force ! Les mains en l'air, canaille !

Cette fois, Heihachi ne pouvait plus reculer. Il sortit donc un stylo quatre couleurs de sa poche et le jeta en l'air de sorte de faire un miroir aveuglant, mais son attaque échoua et le policier en jupette rit de bon cœur:

- Ah ! Ah ! Ah ! Tu es trop faible !

Ce rire de singe mutant éveilla les soupçons de notre héros:

- Mais... Tu es Lei ! Ou Lang, je ne sais plus très bien...
- Oui Heihachi, c'est moi ! J'ai changé de coiffure, mais ça m'empêchera pas de te botter le cul !

Il courut subitement, mais le flic chinois fit un mauvais pas, se tordit la cheville, glissa et tomba dans un ravin. On ne le revit plus durant des années et Heihachi put poursuivre son chemin les mains dans les poches et les doigts de pied en éventail.

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18 septembre 2011

Heihachi roi d'la route

« Moi, Heihachi de la corporation Mishima, a été formé afin de combattre la haine et la justice et de protéger les faibles de l'armistice. »

Telle était la devise de notre héros. Sauf que sans armes, Heihachi ne valait pas un rond. C'était durant sa pause déjeuner quotidienne, entre deux services, qu'Heihachi s'aperçut de la banalité de son arme fétiche : Un Colt cinq sang 40 n'oeuf gravé au feu de bois et numéroté à l'encre chino-japonaise.

- « Tavernière ! » dit-il, « où pourrais-je donc bien me procurer une arme capable du pire comme du meilleur? »

La jeune et soigneuse Anna lui répondit : « dégage de mon bar ivrogne ou j'appelle les keufs ! »

En effet, le problème était qu'Heihachi venait de s'enfiler une semi-douzaine de cocktails Dry à la cuillère et pas au shaker ni au Moulinex et qu'il n'arrivait plus à articuler comme il l'aurait désiré et parlait vraiment très fort. Celui-ci partit vitesse une idée en tête et sans régler ses consommations. Il vomit sur un passant et rejoignait bientôt son siège de bureau. Confortablement installé sur son coussin-péteur entreposé lui même sur un faux fauteuil en marbre, Heihachi décida de prendre un bain. L'homme propre, les fraîches idées biens dégarnies, les bourses en poches, il s'apprêtait à quitter les lieux afin de trouver un Computer MACmaismesamism'appellentmacdonald's© lorsque soudain, attention Bruce, il vit à, à peine quelques mètres de lui, un fond de bouteille d'une vieille liqueur nigeroise.

« Santé ! » dit-il, puis se reposa.

La larme à l’œil, le main dans le futal, il s'était réveillé. Il regardait dans l'annuaire les numéros proposés pour un lien via une boutique de Gun ou de lingerie féminine - oui, Heihachi s'absentait parfois bien trop facilement. Ses yeux pétillèrent à la vue d'une annonce : "Chez Jack, le roi du Gun". Parfait dit-il ! Le numéro en tête, il se précipita sur son combiné vintage pour y inscrire les quelques chiffres. Sauf que, faute de mémoire, il retourna de nouveau vers son annuaire téléphonique - Heihachi avait trouvé rigolo le fait de coller son combiné sur un pupitre pour faire comme dans les cabines téléphoniques publiques - alors que son téléphone pas mobile se trouvait dans les toilettes, au cas où quelqu'un venait à l’appeler, alors qu'il aurait pu s'aventurer dans un jouissif et palpitant magazine culinaire au wok durant le largage de pêches du matin. A la dix-huitième et dernière tentative, notre flic très essoufflé et et inspirant tel un cancéreux céda au supplice de sa mésaventure et sortit, armé de son caleçon blanc, à la recherche d'un bout de papier et d'un stylo Montblanc saveur framboise des bois. Heihachi, gai et insipide comme toujours, sonna à grand poing ferme et détendu à la porte d'une boutique où pendouillait une pancarte avec une inscription des moins banale "Clauzèd". Une ombre se vit dans l'obscurité de la pièce se rapprochant petit à petit puis quelqu'un l'accueilla :

- « Désolé, mais je n'ai pas de monnaie sur moi ! »

Heihachi ne comprit pas pourquoi il flippa, mais un robot géant qui veut lui filer d'la thune, ça avait l'air louche... Oh oui, très très louche... Trop trop louche pour notre héros...

- « Vous voulez prendre un bain ? Questionna la silhouette se révélant être un robot. »

- « Non misérable ! Figurez-vous que je suis à la recherche d'une plume d'oie de caille me permettant une souscription éternelle d'analphabétisme conjugale kiosque douée d'une intelligence euh, vraiment supérieur ! »

- « Vous voulez dire.. mon cerveau ? »

- « Ah nan nan nan... »

Et Heihachi brandit instinctivement son arme contre son agresseur présumé, coupable de crime contre l'humanité. Le robot, affolé par le courant d'air que sécrétait cette porte normalement fermée, s'enrhumait dangereusement. Il tenta par tous les moyens de se débattre comme il le pouvait face à une attaque si adroite et maligne. Mais tout à coup... Patatra ! Un bruit terrible ! Malheureusement, notre jeune héros se blessa.

« Outch ! » s'éxprima t-il. Le portable d'Heihachi sonnait, rendant la bataille de plus en plus abrupte et ce dernier semblait complètement excité à l'idée de reparler à sa femme après toutes ces décennies passées et malaxées sans la moindre carte postale.

Un bruit totalement étrange se fit entendre :

- « Ouaaane, toooou, fouii, faaaaur, faaaïveu, siiix... »

- « Tiens, je ne comprends pas, j'ai pourtant pas déclenché mon chronomètre...? »

Non, ce n'était pas le délicat son de son chronomètre spécial "combien-je-peux-manger-de-Chipster-en-une-heure", mais bel et bien une voix qui sortait de nul part !

- « Séveun, haaaïte, naaaïne... »

« Combien de temps cela allait donc durer ? », se demanda t-il, puis en regardant ses chaussures de ville, il s'empressa de remettre son scratch ôté lors du combat sans trucage.

- « Tèèèn ! »

Puis le robot d'acier géant tournicotant cassa l'ensemble de ses vitrines laissant ainsi une panoplie d'armes variées et diverses et un fracas de verre indéfinissable rayonna dans toute la cité. L'homme aux deux sabres collés au ben se demanda si le robot était décédé d'une mort naturelle luxurieuse. Il prit le dernier Gun qu'il vit et tira sur une grenade rangée à côté du C4 devant le petit étendard de bonbons « Dynamito, la bubble gum à tout péter ! ». Mais il rata son coup et la balle en blanc finissa sa course dans la tête humaine du robot moche.
Heihachibre, accompagné de sa nouvelle monture, partit à l'aide de son skateboard, la moustache au vent, vers une contrée plus lointaine.

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26 décembre 2011

Chapitre 11

Depuis qu'il avait semé cette flicaille à l'air de loutre fou, Heihachi courait sans s'arrêter, ayant trop peur de se faire arrêter et envoyer en prison. La pluie s'était remise à tomber, et les flaques d'eau sale ruisselaient sur la chaussée du matin. Notre héros au coeur d'or avait le souffle court et l'arrivée d'une horde de chiens errants manqua de lui dévorer une jambe, un oeil et un concombre des prairies. Il se cacha alors dans un trou et attendit que la pluie et les chiens passent pendant qu'il se reposait délicatement.
Plus tard, alors que la boue l'avait à moitié ensevelli, Heihachi sortit sa main de son cache-nez et commença à uriner partout. Il s'aperçut bien vite que la neige manquait et que les tubercules du jasmin étaient plus grands qu'un clown monté sur échasses. Aussitôt dit aussitôt fait, il remonta à la surface pour respirer le bon air frais, et surtout pour - enfin - rentrer chez lui après cette dure journée de merde.
La nuit tombait bientôt dans la ville à petite portée, et l'angle de vue de notre héros au coeur vaillant vacillait à chaque pas qu'il faisait sur la chaussée lisse et froide. Depuis son dernier sandouiche à la rillette, il n'avait rien mangé depuis quelques jours de battement flasque et voluptueux. Ainsi, ses pensées vagabondaient allègrement entre les mailles du filet, et il pensa qu'il n'y avait que maille qui lui aille.
Après plusieurs pas chaloupés et deux bonnes heures de marche triangulaire, il finit par tomber sur un croisement dans la ville noire et brune: c'était le lieu de prédilection d'une installation rapide et belle d'un bar jumelé tenu par la famille de longue date. Heihachi entra en se mouchant, et referma la porte derrière lui parce qu'il avait quand même des bonnes manières (il avait vécu 3 mois dans le Doubshire, Sussex, Angleterre, Royaume-Uni, en compagnie d'une madame travestie). Une blondasse apparut soudainement dans un costume bleu turquoise avec des nunchakus et un couteau de boucher:

- Bien le bonsoir espèce de gros porc, que désirez-vous ?
- Hé bien, la meilleure saucissaille que vous possédez, deux tranches de lard et une kyrielle de pommes dauphines cuites au four ancien dans un demi-litre de graisse d'oie véritable.
- Tout de suite raclure de bidet.

La femme s'éloigna, mais notre héros au coeur vacillant n'eut pas le temps de se remettre à ses mots fléchés qu'il avait déjà la visite d'une autre hurluberlue en chapeau de cowboy et tenue de soirée rouge vif d'un goût plus que douteux:

- Bien le bonsoir pauvre pourriture moisie, que désirez-vous ?
- Hé bien, un demi-kilo de noix de cajou, quatre ailes de poulette sauce chicken, dix-huit calibres 900 et mon pied au cul si tu te casses pas dans la seconde.
- Tout de suite vieille nouille séchée.

Et la femme s'éloigna tout aussi promptement que la seconde. Mettant sa serviette autour du cou comme toute bonne tortue mutant qui se respecte, Heihachi ne put s'empêcher de rôter, de péter et de rôter à nouveau, comme pour mieux préparer la bectance qui allait s'amener dard-dard. De plus, il contempla l'enseigne d'une vue extérieure: "Le Bar du Coin". Tiens-tiens, cet air de canard lui disait abruptement quelque chose...

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07 mars 2012

Chapitre 12

Heihachi était toujours atablé. Il attendait, l'oeil hagard, l'arrivée de son repas demandé par doublon. Mais cette enseigne qu'il avait vue au détour d'un clin d'oeil lui rappela à sa mémoire quelque souvenir subjectif. "Le bar du coin"... Où diable avait-il pu entendre parler de ça ? Est-ce l'un de ces bars louches dans lequel il avait pu aller un soir de cuite mémorable ? Non, assurément: notre héros et néanmoins ami n'était pas un tel débauché. Etait-ce le lieu d'un meurtre pour lequel il avait dû enquêter un soir de pleine lune ? Non, promptement pas: comment aurait-il eu l'audace d'oublier tel évènement, lui qui notait tout - bon an mal an - dans son journal intime ? Les méninges se creusaient et le ventre gargouillait. Heihachi n'en pouvait plus. Hurlant de fâcherie, il frappa du poing sur la table et les couverts volèrent :

- Bordel ! Où est donc la bectance, femmes ! Je vais brûler votre établissement, et vous avec !

Tout à coup, un éclair de génie au chocolat lui traversa l'esprit :

- Mais oui, évidemment ! C'était... Comment s'appelait-il déjà ? Un chinois... Lei ou Lang... Je lui avais buté sa tête au colt magnum ! C'était ici, j'en suis sûr !

Il criait comme un pendu et tous les clients le regardait :

- Quoi, les mauviettes ? Je vous prends tous un par un ! Non, tous en même temps ! Venez !

C'est alors que, sortant d'une poubelle déguisé en chamelle, un flic avec une chemise blanche et des bretelles à la mode pointa son arme de service sur notre héros au coeur doré :

- Hey ! Lâche ton arme Hachi ! Ou j'te fais cramer les esgourdes !

- Ah ouais ?

- Ouais !

- Ah ouais ?

- Ouais !

Et tout l'immeuble s'effondra.

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18 décembre 2014

Heihachi Story 1

Heihachi titubait. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas pris une telle cuite au Bar du coin. La nuit était noire, la pluie était humide et les vêtements du maître du karaté semblaient se gondoler à mesure qu'il roulait dans la ruelle maussade. En tapant dans une poubelle, Heihachi se cogna le rotule dans un rat qui passait. C'est à cet instant que les yeux du vieil homme rencontrèrent ceux d'un homme à l'allure belle et longiligne, un mec qui faisait la loi dans la forêt : Forest Law. Au lieu de ses fringues en peau de mammouth habituels, le fils de Jude arborait une redingote du plus bel effet, ce qui éblouit tout naturellement le visage teinté d'émeraudes de notre héros au coeur léger. Dix minutes passèrent alors qu'aucun des deux compères ne bougeât. Puis, avec une habileté mêlée d'intrigue, chacun bondit dans un coin du ring avant de scruter l'horizon d'un oeil malicieux ; ils sortirent un fusil à pompe de leur sacoche de voyage et commencèrent à tirer dans tous les sens sans vraiment viser quoi que ce soit. Ils finirent par tuer trois passants innocents sauf un qui était un voleur de diamants célèbre du XIXème siècle. Une fois toutes leurs cartouches utilisées et le silence revenu, une odeur de sirène de police retentit dans la ville lugubre et rapide : il s'agissait du célèbre policier-flic Lei ou Lang, on ne sait plus très bien, qui avait tout entendu dans son local moite situé à 12 kilomètres au nord-ouest. Aussitôt dit aussitôt fait, les deux lascars au cheveu rare prirent immédiatement la fuite en direction de la galerie d'art. Ils étaient en effet tous les deux en cavale depuis plusieurs années et retourner en taule ne faisait clairement par partie de leurs prérogatives. Une course-poursuite s'engagea alors pendant 5 secondes mais Heihachi se foula la cheville et il tomba dans le caniveau. Cette infortune lui permit de semer son poursuivant, mais en contrepartie il mourut dans d'horribles souffrances.

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19 décembre 2014

Heihachi Story 2

Docteur Panda lui rendait visite nuit et jour pour son déjeuner nuptial. C'était moche et vraiment loin d'être beau. Une rotule avariée, le lit d'hôpital mal repassé et une barbe de 3 heures. Docteur Penneda ne se préoccupait pas que de lui changer sa perfusion, non, il stabilisait également son pouls et refilait les siens. Un jour de pleine lune cosmétique âcre, le défunt lança ces quelques phrases dans un dernier soupir agité : « Ouh ! ». Puis s'en alla dans un monde meilleur, où il rejoindra l'amour et l'amitié. L'amour oui ! Mais l'amitié lui pendait au nez. Dans un élan de grâce infirme, l’octogénaire s'octroya une seconde vie pour le round two et ne pouvait compter que sur ses techniques et son beretta falcon calibre 12 pour mettre d’ors et déjà, la terre en état de nuire et surplomber les liens qui unissait sa chair à ses couilles velues et luisantes à souhait. Kuma de son vrai nom n'était déjà plus de service et avait laissé par m'égare son casque et son jeu de clé de scooter sur le plateau repas entre le champomy et le dictionnaire d'une autre époque gagné dans une émission perse impliquant des questions belles. « Est-ce une illusion ? » se demanda le patient en larme. Évidemment, que ce n'était pas le cas, sa réponse était fausse et cette douleur extra-conjugale se faisait sentir au nez comme aux tympans. D'après la radio, sa rotule de l'avant bras suintait de champignons tropicaux et autres désherbants fratricides mais ce n'était pas la bonne fréquence, car oui il préférait le jazz et il assumait. Il se pinça le jeu de clé, bu un cul sec de joue et démarra le deux roues à l'aide du champomy d'abord. Il en oublia le casque et n'hésita pas à chanter sa liberté submersive de bon cœur pour ne pas se faire prendre par les keufs postés sur les tours de guet. Heihachi était hétéro et de plus... c'était notre héros.

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23 janvier 2015

Le Heihachi versaire party 1

C'était une nuit nocturne. Heihachi se réveilla avec un mal de tête de tous les diables et avec un mal de dos dû aux bouteilles sur lesquelles il s'était allongé quelques heures auparavant. Ivre. Le sommeil l'avait emporté dans ses bras et il était parti faire des rêves bleus avec le Prince Ali Ababoua. Toujours assis à même les détritus qui jonchaient le sol moisi de sa moquette délavée, notre héros au coeur pur et vaillant se gratta le slip, l'aisselle gauche et le sommet du crâne qui luisait tel un diamant brut qui se serait trouvé au fond d'une grotte sombre et humide. Par une technique ancestrale de vitesse rapide et prodigieusement longue, Heihachi se leva ensuite tel un aigle fonçant dans un arbre : il fit quelques pas de côté histoire de récupérer un équilibre judicieux, puis se mit à marcher droit devant lui en direction du frigogidaire familial à usage personnellement unique. Il entreprit d'en ouvrir la porte afin d'en soutirer quelque boisson alcoolisée car - il fallait bien le dire - sa lèvre avait grand soif entre sa babine et sa langue asséchée par le rhume qu'on lui avait refilé la dernière fois qu'il avait eu une séance de piscine sportive avec son ancien club de lecture des Îles Sandouiches où il passât ses vacances intestines afin de solder ses deux dernières semaines de congés payés durant l'été indien. Prompt dans son mouvement, il vida une canette de bière frelatée avant de se l'écraser vide sur son front ridé et fatigué d'homme terrible. En refermant la fermeture qui permettait de fermer le matériel de cuisine, il remarqua son calendrier de blagues qui était clouté au mur de son salon ; alors qu'il s'en approchait avec une vigueur aussi franche qu'un escargot sous morphine, il se rendit compte que c'était le jour de sa naissance belle et prospectrice. Ses yeux s'illuminèrent de toutes leurs beautés mais au moment où une pensée allait lui venir en tête, il entendit une sorte de feulement félin s'engager vers sa personne...

(à suivre)

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24 janvier 2015

Le Heihachi versaire party 2

Heihachi ne bougeait plus. Seul le battement régulier de son coeur d'artichaut le faisait se mouvoir avec légèreté. Sa concentration était telle que si une mouche passait, elle trépasserait. Un félin ! Ici ! Dans sa demeure ! Sous son toit ! Sur sa moquette dégueulasse ! C'était tout bonnement intenable.

- Qui es-tu ? beugla notre champion des temps anciens à travers la pièce. Parle ! Sinon je vais vite te faire fermer ta gueule !

Nullement intimidé, le félon félin rugit avec faiblesse en grognant comme un rat perché sur une pierre tombale. Sa queue allait de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, et Heihachi pensa que son adversaire physique essayait de l'hypnotiser avec une technique lamentable que seuls les plus grands maîtres Chinois (Ken, Ken) auraient pu exécuter avec ardeur et justesse.

- Tu tiens donc à te faire botter le cul, bougre ? Cela ne va pas se passer ainsi.

Et notre ami de toujours sauta rapide par-dessus son bar afin de donner un coup de talon rotatif à son assaillant. Celui-ci esquiva par une esquive simple et rapide vers la gauche et chopa Heihachi au niveau du dos pour lui exécuter une sorte de prise de catch aphrodisiaque qui le fit valser du sol au plafond dans un fracas des plus jubilatoires.

- Arg ! dit notre héros.

Le félin debout se rapprocha alors de son adversaire et le contempla avec mépris et dents bien aiguisées. Heihachi était à sa merci, mais il ne voulut pas l'avouer. Alors, pour tenter de disséminer l'attention de la foule, il changea de sujet :

- Tu sais quoi mon gros ? Aujourd'hui, c'est mon anniversaire ! Ouais ! Alors si tu pouvais te barrer et me laisser tranquille, ça serait le plus beau cadeau qu'on pourrait offrir à un vieil homme !

Heihachi (ce bel homme) était rusé : il voulait faire diversion. Il essaya de ne pas rigoler en disant sa phrase, car il savait qu'il était trop fort pour la palabre armoricaine. Et en effet cela marcha : le félin fou haussa les épaules avec dédain, et cracha par terre. Il tourna ensuite les talons pour quitter la demeure de notre héros. C'est ce moment que choisit Heihachi pour se relever avec foudroyance, sortir un colt de sa botte, et tirer dans chaque rotule de son ennemi.

- Aha ! Tu fais moins le fier maintenant ! Tiens, le voilà mon cadeau !

Et il finit de vider son chargeur. Il dut alors brancher son portable puis s'assit au coin du feu pour profiter d'une bonne pipe bien bourrée. Cette nouvelle année commençait bien.

25 janvier 2015

Pas de vacances pour les héros

Alors que les fêtes de fin d'année étaient largement passées de plusieurs mois, Heihachi ne se privait jamais d'une bonne mousse, surtout quand celle-ci était offerte par la Corporation Mishima qui commémorait la bravoure d'un jeune flic freluquet parvenu à l'arrestation triomphale d'un trafic de drogue dans le secteur ouest.

La jalousie de Heihachi se faisait sentir dans son regard vide. Car oui, le seul flic capable de cette foutue ville, c'était bien lui. Les nombreuses nuits passées à traquer le moindre élément suspicieux, c'est encore lui. C'est à la sueur de son front et à la goutte au nez que Heihachi avait voué corps et âme pour cette tâche ingrate, endurant toutes les peines, infiltré par-ci par-là afin de traquer la moindre preuve où son seul soutien durant toutes ces nuits interminables était sa bouteille de liqueur bas de gamme. Le plus dur avait été pour lui de rattraper tout ce sommeil en retard et une intervention au service des urgences pour une greffe de foie. Le donneur est resté inconnu mais Heihachi savait au fond de lui qu'il restait certaines personnes avec encore un peu d'humanité.

Le démantèlement de ce cartel ne pouvait être que l’œuvre d'un pro. Enfin, c'est ce que Heihachi s'imaginait, car notre héros avait obtenu par son dentiste, un certificat d'arrêt de travail signé de sa main la plus habile après une lourde opération chirurgicale d'une dent de vieillesse. Cela faisait un an qu'il n'avait pas foutu les pieds à son travail officiellement et cela le rendait heureux. D'ailleurs, personne ne l'avait invité ce soir.
Alors que Heihachi s'apprêtait comme à ses habitudes de voler le café des distributeurs automatiques qu'il stocke dans son grenier, comme chaque vendredi soir dans les bureaux des fédéraux, un bruit l'a interpellé. Et telle une pièce manquante dans un puzzle, celui-ci s'est incrusté selon les règles de l'art en jurant de ne pas consommer plus de trois verres par tranche de quart d'heure.

Heihachi aimait bien faire la causette un canapé à la main, une main dans l'autre. C'était le grand luxe ! Et comme c'était buffet à volonté, il en profitait copieusement pour remplir sa besace en toute impunité.
C'est alors que le Directeur de la Corporation arriva, applaudi par une foule impatiente. Heihachi quant à lui, sifflait de tout son souffle vieux et intrépide, deux doigts graisseux dans la bouche à l'haleine purgée. Mais cela ne marchait pas. Il vomit sur un rondin de bois tellement l'obstination fut intense.

Un micro à la main, le Directeur s'exprima :

« - Bonsoir à toutes les personnes ici présentes ce soir... En tant que chef de la police, j'ai le plaisir de vous présenter un garçon plein d'espoir. Vous me connaissez peut-être déjà, je suis Jin Kazmoissa, lui-même, en chair et en os, solitaire et beau gosse, fier symbole représentant des valeurs qui nous unissent. J'ai l'immense joie et le plaisir charnel de récompenser comme il se doit, selon les lois de notre société belle, le courage et la bravoure d'une jeune recrue nouvelle, à l'avenir plus ou moins long... J'ai nommé M. Lei ou Long !

- What's ta gueule ! »

Heihachi n'en n'avait rien à foutre de tout ça. Depuis qu'il avait commencé son job de flic, jamais personne ne l'avait félicité pour son travail... Attendez... Quoi ? Lei ou Lang ?
Heihachi se réveilla de son coma passager et s'empara de son télescope de poche afin de scruter méticuleusement les mimiques de ce soit-disant flic bientôt décoré par ses balles.

« - Par la sainte moustache mal taillée ! Mais c'est le jeune chinois mongolien en redingote que j’aperçois ! »

Nul ne peut tromper le flair d'un maître tel que Heihachi pour le camouflage optique. Ce sale drogué allait découvrir son heure de gloire.
C'est dans un élan de grâce distingué, que notre héros parvint à dégainer son fameux Colt. Il était de son devoir de mettre un terme à la vie de cet imposteur une bonne fois pour toute. Mais contrairement à la loi de la relativité, notre sauveur a eu le malheur de déguster une huître calibre 000 fine de clair peu fraîche entraînant une immense et incroyable douleur subjuguant des tréfonds de la paroi intercostale de son colon.
Et oui, une fois n'est pas coutume, et un véritable cirque gastrique bouillonnant mettait en péril l'existence de son slibard. L'heure était proche. Heihachi nageait dans sa peine et tout autour de lui paraissait infiniment plus nauséeux. L'homme eut une pensée qualifiable à celle que certaines personnes content avant de passer l'arme à gauche, rassemblant toute une existence en une fraction de seconde et Heihachi eu une pensée infime de son ex-femme illégitime Ling.
Stimulant ces dernières forces et enfreignant les lois de la nature de la retenue, il dégageait tout ce qui se trouvait sur son passage afin de se frayer un chemin ingénieux tout en délassant sa ceinture de kimono afin de limiter les risques. Arrivé sur les lieux du futur crime, il empoigna avec panache la porte des commodités et se jeta avec une souplesse fulgurante sur le trône sans prendre la peine de fermer la porte. Mais Heihachi s'en fout, car il sait que sa vitesse légendaire lui a permis d'arrêter le temps suffisamment longtemps pour déféquer en toute tranquilité.

L'affaire du cas de l'enquête

Une fois le démoulage de cake liquide snake terminé, Heihachi remarqua avec noblesse qu'il ne restait plus qu'une seule feuille sur le rouleau de PQ lotus bleu. Celui-ci s'empara d'une main moite et droite de la sus présumée feuille zéro épaisseur et se racla le derrière avec souplesse belle et prosective.

De retour dans la salle de vidéoconférence sans s'être lavé les mains, il regagna sa place au micro pour pousser la chansonnette :

« ♪ Talala micasso - Talala mica misso - Talala micasso - Talala mica... ♫ »

Puis glissa de la scène, faute de scratch aux tongs, de manière fortuite sur la foule faisant trois blessés graves, dont deux légers transportés à la morgue la moins proche.

Il se dirigea expressément dans la douleur la plus muette vers les quelques mets restant afin de remplir son estomac de nouveau vide tout en mijotant un stratagème audacieux.
La salle guindée de flicailles, Heihachi réfléchoisse vitesse, une paille dans chaque narine, avant d'avoir un déclic digne d'une boulangerie thaïlandaise. Il rajouta du sel et une pointe de tabasco à son cocktail qui le rendit tout de suite moche et bon à la fois. Seulement voilà, ce macaque belge venait de finir son discours et risquait de prendre la fuite d'un instant à l'autre. Il ne fallait pas que Heihachi le perde du slibard.

Un tronc d'arbre l'interpella :

- Excusez-moi vieil homme de laideur, c'est vous qui m'avez dégobillé dans les interstices ?
- Recule tout de suite ou tu tâteras de mon flingue.
- Je n'ai que faire de vos sermons, payez-moi les notes de teinturiers et nous serons quittes de secours.

Heihachi s'exécuta, faisant mine d'empoigner sa bourse de son futal préféré mais en fait, il se grattait simplement les parties. Une fois son cocktail terminé, il en commanda un nouveau, puis repartit dans ses pensées glorieuses où un monde féerique l'attendait.

Lei ou Lang-je-ne-sais-plus-très-bien était dans le champ de tirs de notre héros qui perdit sa trace après un déplacement lenteur tout en exécutant une sorte de kata zoophile d'aigle, de tigre, de serpent, de singe macaque et de cigogne. La démarche de ce jeune fou à la devanture simiesque laissait perplexe le vieil homme qui se frottait la moustache du menton. Mais ce n'était que le début d'une série de crimes atroces et son instinct de détective le poussa à recommander un avant-dernier verre.

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