07 février 2008

Chapitre 8

Après être resté quatre heures et vingt-trois minutes devant le pas de la boutique, Heihachi prit son parapluie et entra en poussant la porte en verre.
Un tintement retentit, coutume idiote mais néanmoins utile pour prévenir le vendeur se trouvant communément dans l'arrière-boutique en train de faire des choses pas très catholiques qu'un étranger, un acheteur potentiel ou bien un voleur malintentionné était maintenant présent dans sa demeure. Notre héros fit abstraction de ce petit son de clochette désagréablement chiant et se dirigea immédiatement vers le rayon déguisement et autre postiches qui se trouvait juste sur la gauche quand on regardait vers la droite.
Comme d'habitude dans ce genre de situation, un vendeur mal payé s'approcha de ce nouveau client et entreprit d'entamer la conversation, en parlant du beau temps qui n'était pas très beau aujourd'hui, afin de venir en aide à cet esprit égaré ; il était originaire de la Chine lointaine d'Asie, avait des cheveux mal peignés, des vêtements propres et bien lavés, et dit sur un ton tout à fait normal et paisible :

- Bonjour monsieur, je peux vous aider ?
- Non merci ça ira.
- Vous cherchez quelque chose de précis peut-être ?
- Pas particulièrement.
- Je vois que vous regardez nos costumes : remarquez cette superbe finition.
- Oui pas mal.
- Sinon nous avons aussi ces très belles perruques qui...
- Écoute : ferme ta gueule et barre-toi le nain.

C'était évidemment dit sans méchanceté, mais avec un flingue sous le menton, nous pouvons tous comprendre la rapidité avec laquelle le vendeur se tut puis partit en direction de la partie du magasin la plus éloignée géométriquement parlant.
Laissant ainsi Heihachi seul, ce dernier eut tout le loisir de choisir ce qu'il était venu chercher, c'est à dire un costume de Batman, le masque de Scream, une perruque rose et une boîte de raviolis Pazzani pour ce soir.
Au comptoir, l'homme à la célèbre moustache croisa à nouveau le vendeur qui énonça la phrase suivante après avoir constaté les achats :

- Cent dix-sept écus et trois pièces de bronze.
- Hein ?
- Cent écus et dix-sept pièces de bronze.
- De quoi ?
- Trois écus cinquante.
- Bien.

Et Heihachi partit sans payer, tout heureux que ce qu'il avait espéré acheter soit maintenant chose faite.
Mais en quittant les lieux, notre héros s'aperçut que le ciel s'était obscurcit et que la pluie avait choisi cet instant pour tomber en quelques gouttes.
N'ayant pas pris son parapluie, l'homme ne savait que faire.
Il attendit donc que la pluie cesse en mangeant un sandwich à la rillette, sa spécialité.

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22 mars 2008

Chapitre 9

Plusieurs jours passèrent, et la pluie n'avait pas cessé de tomber.
Heihachi commençait à être fatigué d'attendre debout comme ça devant cette boutique qui avait depuis mis la clé sous la porte faute d'avoir un seul client, notre héros obstruant le passage.
Alors qu'il cherchait une idée pour se protéger de cette pluie incessante et ainsi regagner son domicile de façon aléatoire et saugrenue, Heihachi aperçut une brouette à quelques pas de lui.
D'un mouvement de pas chassé qui rendrait tout sauteur à la perche jaloux et honteux, l'homme à la moustache florissante s'approcha subrepticement de l'objet entreposé là par mégarde par un jardinier scandinave : une fois à côté, il jeta un oeil furtif autour de lui, fit diversion en jetant des noisettes vers la droite et prit à pleines dents la brouette qu'il mit immédiatement renversée au-dessus de sa tête.
Toute l'eau qui s'était accumulée dans l'objet ces derniers jours se renversa donc sur Heihachi, qui fut trempé jusqu'aux os ; mais au moins, la pluie ne l'atteindrait plus maintenant, c'était sûr.
C'est donc le coeur empli de joie et les poches emplies de billets trempés que notre héros se dirigea à pas rapide jusqu'à l'abribus situé à deux pas afin d'emprunter un autocar qui le ramènerait rapidement dans son quartier malfamé.

Trois personnes se trouvaient déjà sous ce refuge de fortune : une jeune secrétaire à la chevelure rousse, une très très vieille femme de 112 ans à l'air misérable qu'il trouva somme toute fort jolie, et un panda géant avec un attaché-case.
Heihachi se méfia immédiatement de cette secrétaire, la couleur de ses cheveux paraissait évidemment louche !
Mais avant que notre homme n'ait pu les interroger en les torturant, le bus arriva et tout ce petit monde monta à l'intérieur.
Pour avoir une meilleure vue d'ensemble, Heihachi s'assit devant pour surveiller le chauffeur, un homme de quarante ans environ qui ne s'était semble-t-il pas rasé depuis une bonne semaine.
Mais notre héros ne se laissa pas piéger par ce stupide subterfuge, et ainsi sourit-il d'un air victorieux alors qu'à l'arrière, la vieille femme était en train de manger des chips au bacon.
Tout aurait pu bien se passer, mais alors que Heihachi allait descendre pour rentrer chez lui, quelqu'un lui jeta un bouquet de fleur : par des réflexes de guerrier chevronné, l'homme se prit le bouquet en pleine gueule et saigna du nez à cause de la vitesse rapide de son esprit à cet instant.
Il ne bougea plus, puis commença à s'énerver tout seul, avant de dire en criant comme un fou :

- Mécréants !!! Vous croyez qu'un simple bouquet de fleurs sauvages parviendrait à me vaincre ???

Il sortit son gun et tua la vieille femme qui se trouvait tout au fond du bus comme par réflexe.

- Maintenant, que l'auteur de ce geste impardonnable se dénonce, où je tuerais tout le monde !!!

Pour montrer qu'il ne rigolait pas, Heihachi tua aussi le chauffeur d'une balle dans l'orteil gauche.
Il se mit à rire d'un rire fou et prétentieux :

- Ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah !!!!!!!!! La justice, c'est moi !!!

La pilule était trop dure à avaler pour la jeune secrétaire rousse qui bondit tel un ninja des temps anciens de la Chine japonaise, et qui fit un mouvement de kung-fu roulé quadrichromique.
Heihachi était désarmé et saoul, et s'écroula sur le trottoir, inconscient...

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26 juillet 2008

Chapitre 10

L'herbe était verte, le ciel était bleu, le soleil était jaune et son slip était blanc : voilà la vision d'horreur qu'eut Heihachi lorsqu'il s'éveilla avec deux dents en moins et une bosse de 0,83 cm sur son crâne chauve.
Toujours au sol, il tenta de se souvenir de ce qu'il s'était passé : une vieille folle qu'il avait tué, un ninja thailandais qui marchait sur des poutres, un poisson-éléphant des eaux du nord...
Ces images se mélangeaient dans son esprit sain et tordu, aussi décida-t-il de ne pas rester ici un instant de plus sous peine de se faire écraser par une voiture qui arrivait vitesse justement à cet instant.
Mais alors qu'il avait exécuté un superbe saut périlleux retourné arrière quadruple flip salto woudi woudi tralala tsoin tsoin, Heihachi vit le véhicule freiner et s'arrêter net près de sa cheville gauche ; un homme en descendit, chinois, cheveux noirs, insigne, flingue, chemise blanche, flic, chaussures de ville, tâche de sauce tomate sur son pantalon de velour marron avec des teintes violacées.
Il parla :

- Des passants ont dit avoir entendu des coups de feux par ici ! Alors prenez les témoignages et plus vite que ça !!

Douze autres personnes sortirent de la twingo berlingo et partirent de tous côtés, comme des limaces qu'on aurait lâché dans un champ de salade par un jour de canicule particulièrement friand.
Puis, regardant Heihachi dans le blanc du slip, le policier à la dégaine de chimpanzé mexicain s'avança tout en refaisant ses lacets à scratch :

- Hé toi, tu me paraît suspect avec tes moustaches ! Je ne suis pas raciste, mais tu vas devoir répondre à quelques questions subsidiaires si tu comptes pouvoir partir d'ici menottes aux poignets !

Le temps que le flic venu des montagnes rocheuses ait fini de dire sa longue et ennuyeuse phrase, notre héros aux pouvoirs exceptionnels était déjà parti en courant en direction du nord-est, et disparaissait au loin dans la pénombre du crépuscule lunaire.
Essoufflé, l'homme de la police ne parvint pas à faire un pas de plus et s'appuya à sa voiture banalisée pour reprendre son souffle :

- On se retrouvera, je te le promets !

Et il mangea des chips.

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02 janvier 2009

Le Jour de l'An de Heihachi

C'était le premier janvier. Heihachi se réveillait avec difficulté dans une flaque de vomi avec un mal de crâne horrible. Se dirigeant d'un pas pénible vers sa salle de bain, il se nettoya le visage et les dessous de bras avant de s'asperger du déodorant bon marché et d'avaler un comprimé d'origine inconnue dont il espérait qu'il ferait passer sa migraine persistante. Ensuite, d'un pas sûr, l'homme se rendit dans sa cuisine pour manger un reste de couscous de la veille, et un bol de café amer. Puis, requinqué, il s'empressa de sortir de chez lui.
C'est là que tout commença. On ne pouvait pas savoir ce qui avait déclenché cela chez lui, mais Heihachi fut subitement pris d'une pulsion meurtrière lorsque sa voisine qui sortait également de chez elle - une très très vieille femme de 127 ans - lui souhaita la bonne année: il empoigna alors son Beretta 92 et logea une balle dans la tête de l'ancêtre qui s'écroula aussitôt. Et alors qu'il souffla sur le canon de son arme, il dit d'un air froid:

- J'te souhaite aussi une bonne année mamie. Par contre, je parlerai pas de ta santé.

Puis il quitta les lieux en rangeant son arme dans son slip.
Dévalant ensuite les marches du bâtiment dans lequel il habitait depuis une semaine, il tua deux autres locataires d'un geste rapide et sortit. A l'extérieur, c'était le même cinéma: les gens, souriant béatement, se souhaitaient bonheur, joie, amour et tout le toutim. C'en était trop pour Heihachi qui n'en pouvait plus de cette confiture de cons sentiments: où étaient donc passés la crise, les plaintes et l'énervement quotidien des gens ? Dans un excès de fureur amère, il brandit son pistolet mitrailleur MP5 de son sac à dos Dora l'exploratrice et tira dans la foule en délire.
Il y eut 17 morts, dont deux graves.
Malheureusement, l'un d'eux survécu: il portait un nom ouzbek étrange, Lei ou Lang, je ne sais plus très bien. Il n'empêche: la situation était grave, et les deux hommes se regardaient dans le blanc des chaussettes Lacoste. Un léger vent souffla, et Lei ou Lang s'envola vers des cieux plus bleus. Heihachi était maintenant débarrassé de toute la racaille, et il retrouva le sourire sous sa moustache grisonnante. Il déambula ainsi en ville, et transperça de son sabre toutes les personnes qui passaient à sa portée, dans un cri maintenant bien connu de chimpanzé en rut.
Le soir venu quand il fut rentré chez lui, notre ami au grand coeur commanda une pizza au bacon et s'affala devant la télé; il se délecta des nouvelles du monde, guerres, meurtres, crise sociale et financière, et se dit que demain, il pourrait reprendre tranquillement son travail qui ne manquerait sans doute pas après ses un jour de vacances.
La vie était belle et il s'endormait à nouveau dans son vomi, l'air idiot.

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26 décembre 2009

Heihachi ne meurt jamais

C'était un jour de beauté prospective. Comme d'habitude, le ciel était bleu et les arbres étaient enneigés par la neige neigeuse qui avait neigé pendant la nuit noire de la veille qui dura toute la nuit nocturne. En voyant ce spectacle désolant, Heihachi eut un air désolé, puis il cracha par terre et toussa pendant cinq bonnes minutes avant d'écraser un vieux mégot de cigarette qui était en train de mettre le feu à la moquette de son salon flamboyant. Refermant ensuite d'un geste rapide la partie droite de sa robe de chambre rougeâtre sur la partie gauche, il tourna les talons avant de se remémorer un souvenir fabuleusement enfoui tout en trempant une tranche de brioche séchée dans son café au lait.
C'était le jour où il parla pour la dernière fois à Lei ou Long, il ne se souvenait plus très bien. Celui-ci était en face de lui, debout, et il tenait entre ses mains un revolver type Lefaucheux ancienne génération de scouts Hongrois. La finition de cette arme était telle qu'elle brillait dans la nuit même si il faisait jour à moitié, à part la lune qui était cachée par un petit nuage qu'on apercevait par une petite fenêtre avec trois barreaux tordus de type renaissance. Heihachi était quant à lui solidement attaché à une chaise en bois brut, et il ne pouvait esquisser le moindre mouvement, sauf pour cligner des paupières ou se faire cuir un oeuf sur le plat entre 12h43 et 13h07. Lei ou Lang l'interrogeait de manière fortuite :
- Alors, tu vas te mettre à table, vieil homme ?
- Il n'est que 11h26.
- Je parle des révélations que tu as à me faire, gredin des forêts !
- Je ne parle jamais entre les repas.
- OK.
Lei ou Longue tira alors une balle dans le pied de Heihachi, mais celui-ci rigola après l'impact :
- Ah, ah, ah ! Jeune freluquet ! Je savais que tu ferais ça, alors j'ai mis une chaussette pare-balle !
Lei ou Langue était étonné, mais après tout il lui restait cinq balles: aussi tira-t-il cette fois dans le genou de l'homme qui se trouvait à sa portée, avant d’enchaîner sur son épaule droite puis de manquer trois fois sa cible à cause d’un problème de chien mal ajusté. Heihachi resta dix semaines à l'hôpital pour se remettre de ses blessures, mais il n'avait pas révélé la recette de sa grand-mère, c'était là le principal.
Ce souvenir revenait à la mémoire de notre héros comme si c’était hier jour à partir de demain, et il ne revint à la ferme réalité que lorsque son pouce se brûla dans son café tiédasse :
- Ouille ! dit-il alors dans un sanglot rempli de haine et d’effroi.
Il secoua alors son pouce rapidement et entama une sorte de danse rituelle qui semblait indiquer aux dieux du vent que le temps était venu de souffler le chaud et le froid.
A cet instant précis, on frappa à la porte : Heihachi se roulait par terre mais entendit tout de même la sonnette manuelle qui s’activait à moult reprises. Il décrocha donc son combiné téléphonique pour répondre rapidement :
- Oui ? Qui est-ce donc à une heure si matinalement matinale ?
Personne ne répondit, mais le vieil homme touilla son café. Puis, au bout de deux bonnes minutes de rafut sans nom aucun, quelqu’un défonça la porte à coups de pieds et à coups de machette de fort bonne qualité. En quelques secondes, notre héros fut encerclé dans tous les sens, sauf derrière lui. Il renversa alors son café lentement pour détourner l’attention, mais le subterfuge ne prit pas. Il faut dire que les ninjas n’étaient pas des nazes. L’un d’eux s’avança d’ailleurs d’un pas vitesse et, brandissant sa longue lame tranchante vers la moustache de Heihachi, il lui tint ces mots remplis d’amour et d’espoir tenace :
- Toi, le vieux, tu vas mourir ce jour et je bénirai mon Dieu unique avec tes tripes et tes boyaux, foi de Yoshimitsu !
Puis, après cette tirade, il jeta du riz un peu partout dans la pièce en entamant un chant belliqueux. Un des grains de riz virevolta d’ailleurs longuement avant de tomber dans la tasse de l’agressé ; cela eu pour effet de rendre Heihachi subitement fou à lier, et il commença à se mettre en position basse pour faire caca :
- Gouh ! Toi, l’extra-terrestre chauve ! Comment oses-tu fouler ce sol sacré de ta présence nébuleuse ? Ne comprends-tu pas que celui qui va mourir ici, c’est toi, sombre idiot ?
Le regard de l’ancêtre était fou et beau à la foi, sauf l’œil gauche. Mais Yoshimitsu n’eut qu’un ricanement de mépris pour son adversaire, le mettant en garde de façon gardienne :
- Hin ! Petit con ! Je tiens ta femme en otage ! Xiaoyu Ling, cela ne te dit rien ?
En effet, ce Chinois vendeur de riz avait raison : l’un des autres samouraïs ninja qui l’entourait tenait entre sa poignée délicate une femme âgée et vieille d’une centaine d’année, dont la peau flétrie se décollait parfois selon la partie du corps qui était la plus entreprenante. Le visage de Heihachi se déconfit d’une manière bleutée, ne sachant que dire, et son ennemi rapide qui souriait toujours eut un nouveau sarcasme lucide :
- Ah ! Ah ! Ah ! Tu vois bien que c’est moi le plus fort ! Abandonne !
Loin d’abandonner, Heihachi sauta par la fenêtre du troisième étage et s’échappa en tongs dans la neige fraîche et mœlleuse. Personne ne le revit, mais on dit parfois que des enfants un peu idiots l’aperçoivent au loin la veille de noël, le nez rouge et une tasse de café dans la main droite, mendiant devant un grand magasin tout en tentant de démasquer les ninjas Thaïlandais qui feraient leurs courses de riz gluant pour le Nouvel An Chinois.

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02 février 2011

Heihachi ne meurt jamais 2

Nous sommes en février, un soleil de plomb frappait les moustaches de notre héros. Celui-ci était avachi sur un transat, l'œil hagard dissimulé par de grosses lunettes noires. Peut-être recherchait-il une proie, une faille ou encore une barmaid avec qui draguer ? Mais il n'en était rien. Heihachi venait de découvrir qu'il s'était trompé de paire de lunettes et avait maladroitement confondu avec celles destinées aux biens fait des yeux lors d'une éclipse solaire prévu pour mai 1982, juin 1987, mars 2001 et février 2058. Il était tellement vénère qu'il poussa un cri, rappelant alors celui qu'on beugle lorsqu'une grosse commission est enfin expulsée, puis partit chausser ses ski.
Les vagues étaient belles et scintillantes. Heihachi enfila d'un coup de main de maître sa combi de bodyboard préférée et courût vers l'océan d'un pas fier et déterminé. Mais seulement au bout de quelques parasols, il aperçut son vieil ami Gon sirotant un chocolat un peu tiédasse, mais plus chaud que tiède. D'ailleurs Heihachi se fit la remarque et trébucha très violemment sur le vélociraptorrusserex qui ne broncha pas. Le chocolat était maintenant tiède et râpeux, et, un peu partout sur la gueule de Gon qui lui péta au nez de joie! Heihachi se rappela alors d'une très vieille histoire qu'on lui avait raconté ; une bande de ninjas extraterrestres qui balançait du riz à la gueule des gens tel un sacrifice envers le Dieu Delacuissondouceduriz. "Un mythe !" me suis-je encore murmuré.
Il était l'heure de la sieste, Heihachi et ses gros bras s'entraînaient davantage alors qu'il n'y avait plus de place pour contenir une telle masse de caractère et de puissance, sa peau craquelait et ses os se déchiraient, ou peut-être les deux, depuis bien longtemps déjà mais il n'en n'était rien, le cœur à ses raisons que la raison ne connaît point. Il prit un stylo bille bique et y inscrit sa date de naissance. Il pleura de tout son être et sortit son porte feuille pour rendre la monnaie d'un flingue. On pouvait lire sur l'arme : "COME GET SOME". Heihachi jura alors de retrouver le marchand de chocolat pas encore tiédasse.
C'est dans son hôtel particulier qu'Heihachi se distrayait le mieux. Malgré son grand âge mature, voire de surmaturation en pourriture noble tel le botrytis cinerea. Il trouvait toujours un passe temps pour, comme son nom l'indique, passer le temps voir le tuer. Oui, Heihachi s'ennuyait fort vite, à peine le temps d'y réfléchir qu'il culpabilisait encore pour ne toujours par avoir mis Lei ou Lang en prison ainsi que la grosse racaille résidant en ces lieux beaux mais moches que pouvaient être la rue. Oui, Heihachi vivait comme un clodo. Il sentait le phoque à plein nez et suintait tel un volcan sur le cul de sa tendre et chère Xiaoyu Lang. C'était triste à dire mais c'était vrai, et aussi invrésenblable soit-il que son voisin de chambre le Dr. Bosconovitch, lui vomi sur son short alpin de mi-mollet. Il vomit tellement qu'il en perdit raison. Après ce geste de dernière volonté, on eut cru voir un cadavre vaseux aussi rêche qu'un coup de trique dans les bonbons. "Heureusement que la banque ne ferme qu'à 20 heures !" s'exprima Heihachi.
De retour sur son transat, il découvrit enfin pourquoi sa moustache était paillassoneuse.
Il réfléchoix un temps.
Le lendemain matin, vers les alentours des 15h biens passées, il s'étonna de sa forme inhabituelle et prit son petit déjeuné sur le pouce. Et non pas comme l'expression pourrait le stipuler, mais bel et bien sur le pouce. Droit, en l'occurrence. Il était vénère parce que son bol de céréales biocellulaires lui avait glissé des mains et s'était coincé dans son bermuda rouge et jaune à petit pois. Le PC n'était plus là. Il avait laissé derrière lui un ordinateur portable, sans dique dur ni batterie. Cela n'inquièta pas le moindre du monde notre héros qui n'avait qu'à se souvenir de ses anciens cours de musique pour mettre fin au problème. Il tapa avec franchise la tour du PC à l'aide d'une bouée qu'il avait sans doute volé ultérieurement à son fils. Un écran s'alluma. C'était celle d'une pub pour boîte de nuit "Soirée jazzy chez les Williams" qui clignotait rose fuchsia en haut d'un panneau juste au dessus de la tête d'Heihachi. La pub changeait toutes les 11 secondes pour passer de celle des sœurs fumeuses de crack à celle d'une promo sur une coupe chez un Suédois. On pouvait y lire "Promo d'enfer! Moins 25% sur coupe brûlure-saturée-au-8ème-degré / Moins 25% sur coupe à-ras-la-touffe / Moins 10 % sur coupe Atilla-le-cheveux-ne-repousse-jamais".
Heihachi, par un élan survolté et une précision surnaturelle, eut une idée démoniaque. Il s'en alla, le pas fier, la moustache dressée, le slibard à l'envers vers une marche certaine...

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03 février 2011

Heihachi ne meurt jamais 3

Les vacances s'étaient terminées aussi vite que possible. Heihachi était fatigué d'avoir passé son temps à réfléchoir et à manger des papayes, mais il devait retourner à son travail. Alors qu'il préparait sa valise avec des clés à molette et des gruyères AOC, quelqu'un vint toquer à la porte de la chambre de son hôtel privatif et joyeux. Étonné d'une rencontre si tardive dans la matinée, Heihachi fit une sieste avant d'aller ouvrir la fenêtre, puis s'échappa par les gouttières. Il rencontra plusieurs hommes mystérieux dans des aventures toujours plus passionnantes, puis il demanda audience au Roi de Suède qu'il avait vu sur une réclame publicitaire. Cet homme s'appelait Ogueure.

- Parle ! dit Ogueure d'un ton méchant et vilain. Parle te dis-je ! Sinon, je te fais arracher la langue, et les yeux avec !

Heihachi frémissa un petit peu. Il avait oublié son revolver colt 007 dans son sac à main, sur le bar des soeurs jumelles nés sous le signe du lion, parole d'Aphrodite (c'est ma faute). Il comprit donc qu'il lui fallait manger par les orties et compenser la perte de mémoire sensorielle par une identité propre et abjecte qui lui permettrait de rouler son interlocuteur comme on roule une bonne pizza faite maison dans la farine naturelle qui fit la joie de nos aïeux les plus sincères:

- Ahaha ! fit Heihachi d'un air narquois. Tu ne reconnais donc pas ton frère, ton ami, ton camarade de l'armée transvinaigrette ?
- Comment ? hurla Ogueure qui devint de plus en plus vert avec des yeux pourpres. Qu'oses-tu dire, misérable connard aux cheveux hirsutes ? Insulterais-tu la mémoire de mon fidèle Trou Ogueure, sang de mon sang, chair de ma chair, mortecouille et plaquette de beurre ?

Heihachi ne savait que dire. Comment aurait-il pu savoir que la paternité luxembourgeoise du Roi de la Suède pouvait être originaire de la guerre sunique des terrassions de la voûte plantaire ? Il était furieux, et souple comme un chêne.

- Parfait ! reprit Heihachi en faisant une roulade arrière avec un fusil à pompes dans la main. Hé bien, puisque c'est ça, je partirai seul chez grand-maman !

Et les haricots tombèrent du ciel, scintillant de mille feux, comme cette mer qui ne l'avait jamais quitté dans son coeur meurtri par les âmes. La nuit embrassa la palissade du sud de l'outre-monde, et l'équité des justes conquit l'absurdité des douleurs environnementales. Il était temps pour Heihachi de mener son dernier combat: retrouver, soit Lei, soit Lang, et lui faire payer de sa vie ses affronts les plus sincères.

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04 avril 2011

Ogueur le notaire, histoire spéciale de Heihachi

Avec Ogueur dans le rôle du notaire, Hwoarang dans le rôle de la secrétaire absente, et Heihachi dans le rôle de la plante verte

C'était une après-midi de pluviométrie rapide. La neige ruisselait sur le toit de la bâtisse de pierre taillée brute, et l'homme qui se tenait près de l'entrée avait l'œil morne et le museau en forme de trompette. Il appuya sur la sonnette ronde, et une douce mélopée s'échappa de l'intérieur, derrière la porte colossale qui se dressait face à lui en diagonale. Celle-ci s'ouvrit dans un fracas énorme, grondant comme une pelle qu'on aurait jeté contre un joli galet de couleur rougeâtre, et l'homme entra d'un pas lent et sournois avant d'avancer vers le bureau qui se trouvait au centre d'une salle de cent vingt cinq mètres carrés.
- Bonjour cher maître ! dit l'homme en enlevant son chapeau de cuir et ses bottes melons.
- Bonjour M. Mitsu. Asseyez-vous donc pas, je vous en prie.
- Merci, mais vous pouvez m'appeler Yoshi comme le font mes amis.
- D'accord M. Mitsu. Alors, qu'est-ce qui vous amène dans mes cabinets ?
- Une petite envie de chier.
- Très bien ! Première porte à droite, tout droit, trois feux rouge et quinze douzaines d'œufs durs.
Mais alors que M. Mitsu levait ses grosses fesses, un homme pénétra à son tour dans la tour.
- Restez assis, bande de petites merdes séchées ! Plus un geste ! Personne ne bouge ! Haut les mains ! Stop ! Vos papiers !
C'était Jin Kazmoissa avec son gun spécial zombie.
- Je suis Jin Kazmoissa avec son gun spécial zombie ! Ogueur, tête de patate au beurre ! Tu es notaire, et je vais te faire taire !
Les rimes de Jin étaient aussi naze que celles de Trou Ogueur, le frère de Ogueur, qui était humoriste expérimental dans les années 50. Il était donc aussi pitoyable que son grand-père, mais plutôt moyen en ce qui concernait le jardinage des haricots en milieu solaire. Plus personne n'osait bouger, et la situation était tendue. Au bout de 100 millisecondes, Jin sauta au cou de Ogueur pour l'étrangler avec une seringue. M. Mitsu était paralysé par un livre de Jean-Pierre Coiffe. Ogueur grogna alors en volant à travers l'espace, et dit:
- Tu me lâches, tu me lâches !
C'était la preuve évènementielle qu'il manquait à Heihachi pour confondre les suspects. Il sortit donc de sa plante en prenant racine, et dégaina son magnifique colt alors qu'une armée de Gun-Jack les Rois des Guns encerclait tout le bâtiment. Une affaire rondement menée.

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18 août 2011

L'attente de Heihachi

C’était un jour de beauté prospective. Heihachi avait eu mal à la dent en mangeant un carambar à la noisette, et il avait pris un rendez-vous chez son pharmacien urgentiste. Il se trouvait donc dans la salle d’attente, seul, comme une vulgaire personne normale qui aurait été abandonnée de tous. C’était un peu une grosse merde, il fallait l’avouer. Une horloge bilingue pianotait les secondes intrinsèquement et les yeux de Heihachi ne pouvaient s’empêcher de la contempler de toute sa laideur tridimensionnelle. Dans sa tête, notre héros devenait très fou. Il n’en pouvait plus d’attendre, il détestait cela. Déjà, l’autre jour, quand il avait dû faire la queue pour aller au cinéma, il avait cassé un pot de fleur de dix kilos sur la vieille dame qui le précédait. Il sut plus tard qu’il s’agissait de Ling Xiaoyu, sa femme. Enfin, il avait fait un séjour au poste pour cela, et il y avait prescription. Le silence était de mort dans la salle. Il n’y avait que des vieux magazines moisis et des chaises pas confortables. Heihachi tapait du pied sur le sol. Il était en stress, lui qui était si beau et si belliqueux d’habitude. Enfin, au bout de cinq minutes d’attente, le médecin femme vint lui ouvrir la porte :
- Bonjour cher monsieur Heihachi, veuillez me suivre s’il vous plaît.
Heihachi voulut botter les fesses de cette bonne femme qui lui donnait des ordres, mais sa douleur dentaire était telle qu’il lui était parfaitement impossible de soulever le talon plus haut que son genou gauche. Il marcha donc d’un air las, et entra dans le cabinet.
- Vous pouvez vous asseoir.
Notre héros en avait plus que ras-le-bol. Cette fois, c’en était trop. Il sortit son colt 257 Magnum et buta le canard bègue qui marchait dans le couloir, avant de pointer du doigt la femme médecin qui avait un badge en forme de rectangle.
- Écoute-moi bien petite pétasse, tu me soignes tout de suite et tu fermes ta gueule !
Oui, Heihachi était vulgaire, mais il avait mal à la gencive et il était très énervé. Il fallait pas le faire chier dans ces moments-là. La femme doctoresse eut peur et partit en courant en sautant par la fenêtre du 3ème étage avant même que Heihachi ait eu le temps de recharger son arme.
- Z… Zut, dit Heihachi d'un air con.
Comment allait-il faire maintenant pour se soigner ? Enfin, il avait tout à disposition, ça serait donc très facile de faire ce que cette femme désormais morte devait faire. Enfantin. Classique. Facile.
Quatre heures plus tard, Heihachi sortait du cabinet avec du sang partout. Un passant qui passait dit :
- Oh mon dieu, mais ça doit être une véritable boucherie là-dedans !
Il décéda rapidement d’un coup de colt, et notre héros s’en alla dans le soleil couchant, vers de nouvelles aventures burlesques.

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20 août 2011

Le poème de Heihachi

C'était une journée belle et envoûtante. Heihachi se levait avec le soleil dans les yeux et le ventre vide. Il avait pensé toute la nuit, il avait réfléchit comme un surdoué, et il avait même commencé à se dire que l'énervement fortuit et très fou ne l'aiderait pas à obtenir vigueur et compréhension dans le royaume des morts. Les barreaux de sa cellule formaient une sorte de barrière magique vers les étoiles de la nuit, et personne ne pouvait se rendre compte de la transformation fantastique qui était en train de se tramer dans l'esprit vif éclair de notre ami héroïque.
En effet, après le meurtre de la doctoresse des dents de sagesse, aucune police spéciale ne put empêcher Heihachi d'être condamné à une peine de huit mois de prison. Il eut beau clamer son innocence et commander douze patates douces par hectolitre carré, cela ne changea rien et renforça même la décision du juge à augmenter les doses et à compter deux par deux en sautant à cloche-pied entre un cheval à bascule et une pierre de mousse. Les yeux rivés vers le lointain, les nuages scintillant dans la brindille spatiale, Heihachi se mit à écrire sur les murs de sa geôle avec un os de rat et du sang de ptérodactyle:

OH SEIGNEUR,
Quand me ramèneras-tu du beurre ?
Je mange tous les jours des cacahuètes
Et pourtant, même sans cela, je pète !
Qui l'eut cru quand je sois arrivé
Que je mettrais mon pied sur mon nez ?
Et qui comprendra à la fin
La douleur évoquée par un orphelin ?
Car oui, je n'ai point de parents
Abandonné que je fus dès mon accouchement
Illettré et battu par tous
Pourtant j'avais une si belle frimousse !
Ah que la vie est dure et pourtant belle
Comme l'était ce superbe ciel
Que je contemplais avec émoi le soir
Quand j'avais la tête dans des nénuphars...

La vitesse était belle et lyrique, et notre héros au cœur grand savait maintenant comment rendre le monde meilleur: ses poèmes seraient lus dans les écoles, dans les mairies, et dans les cimetières. Vive Heihachi ! Que la gloire et la fortune lui soit acquises, et que la viande de bison soit rapidement dans son écuelle ! Son ventre gargouillait effectivement, et les images du Macdonald lui firent rapidement scier les barreaux de sa cellule pour rejoindre avec vitesse et promptitude le monde extérieur, là même où devait se repaître un génie tel que lui.

Posté par Lynks à 00:44 - - Commentaires [1] - Permalien [#]