30 avril 2015

Heihachi, Story bien I

     Moi, Heihachi de la corporation Mishima, était parti vitesse vers le lieux d'un nouveau crime poignant, après trois bonnes heures passées dans le rayon « dvd bien » de Carrouf à choisir quel film de jeune mongole j'allais pouvoir visionner ce soir entre le journal du Maillon Faible et la météo des plages.
Lors de mon arrivé, quelqu'un me proposa quelque chose à boire. « Une jeune recrue ! », me disais-je, mais il n'en était rien, il s'agissait-là de notre secrétaire Hwoarang qui tenait deux jus de pomme entre ses cuisses velues et courtoises.
Après cette anecdote belle, je subissa une attaque nasale - tel le rot de nez après un bon soda frappé bu cul-sec en apnée - en découvrant pareille horreur : Un corps dépourvue de sang mais dont la tête et la queue, et les pieds, étaient manquant... « Rude affaire même quand on a pas de trépieds », m'inspirais-je en signe de distinction comique. Mais personne ne ria, sauf moi.
Je vomis très humblement ma soupe tiédasse du goûter devant ce spectacle radieux et releva quelques empreintes digitales, ci et là. Des « Ooooh ! » raisonnèrent à mes oreilles. Je savais aussi briller en société, faut pas déconner.
Trois individus suspects étaient présent durant les dernières 48h du crime. Mon flair sauvage distinguait précisément la couleur des shorts des individus ayant été en contact avec le malheureux tronc qui s'offrait à nos yeux. Je revomissa, puis sortis de nouveau, mon atout de taille : « Snif – Snif - Noir, beige, bleu... Un garçon et... Snif - Une fille ! ». On m'applaudissa durant 4 secondes réelles puis je redemanda un silence généralisé dans la salle. [...]
En sortant ma trousse à outils, je m'aperçus que j'oublia, de façon prérogative, un instrument essentiel au bon suivi de l'enquête sur le rebord même de mon lavabo préféré : Ce fut une sévère complication cosmique mais je resta sur mes gardes et ouvra l'oeil comme jamais.
En regardant par la fenêtra balconnée, je fis tomber un pot de fleur par mégarde qui attérissa sur une très très vieille dame qui était sans doute, ma foi, déjà aussi très proche de la mort, et ce, malgré que je ne trouve pas ça cool d'habitude, me permettait d'oublier vite ce moment semi-tragique et de passer à la suite de l'enquête.

(Heihachi, Story bien II par ici)

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05 juin 2015

Heihachi, Story bien II

     Les sirènes retentirent au loin alors qu'on m'apporta enfin un café déjà tiède. J'usa de mon pouvoir de capitaine en confiant l'immense tâche à cette charmante hôtesse, qui s'était teinte les cheveux couleur pisse pour l'occasion, de me ramener l'instrument oublié dans ma salle d'eau au sein même de mon domicile fixe. J'attendire alors plusieurs heures durant et afin de m'occuper, je m'étais approprié une craie afin de dessiner le contour du cadavre et en y rajoutant des petites fleurs de type marguerites.
Hwoarang revint après un certain temps et me réveilla. Il était déjà 16 heures passées et je ne pouvais malheureusement rester. Je lui confia les clés de chez moi et lui proposa de me préparer le dîner pour une soirée en tête à tête chipster et guacamole, mais elle refusa. Malgré tout, je devais absolument trouver ce mystérieux tueur habillé d'un bermuda beige ou bleu avant la fin de l'après-midi pour prouver encore une fois que le crime ne paye pas, sauf quand on est flic. Et je suis flic. Un flic m'interpella alors que je referma ma braguette après un pissou réconfortant et me il me dit : « What's ? Pisser dans les marguerites c'est pas jojo, je vais devoir vous verbaliser... » Mais il était trop tard, mon coup de pied haut/bas le terrassa d'un seul coup en deux temps. C'est alors que son collègue caché dans la voiturge sortit. Je n'allais pas me laisser faire comme un lapin de garenne et l'attaqua quand soudain, je remarqua qu'il portait un slip violet descendant jusqu'aux genoux. « Serait-ce mon flair qui m'ait trompé ? » rétorquai-je en allemand. Il n'en n'était rien. Ce ne pouvait être cette immondice et personne ne porte de jogging même en plein mois de Juin.
Une affaire de plus en plus complexe me dis-je.

(Heihachi, Story bien III par ici)

 

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09 juin 2015

Heihachi, Story Bien III

     Le bougre était un coriace. Cela faisait déjà un bon trentième de seconde que nous échangions un regard des plus fulgurants. Un flic gisait à même le sol, et cela n'était pas tolérable. Pas dans ce pays, pas dans MA ville ! Impossible de lâcher prise ! Peur de passer pour un lâche ou encore pire, un mou.
La tête de ce jeune zoophile ressemblait fortement à celle d'une cagoule de catcheur méridional qu'on pouvait voir les jeudis après-midi dans une émission de fitness, présentée par le trio Gordo/Jackson. C'est alors qu'il s'approcha de moi d'une allure vive et belle. « Aucun problème... » me dis-je... Mais à peine le temps de me rouler une cigarette en chocolat, celui-ci s'empara de mon buste à l'aide de sa couille et m'éclata, de façon submersive, mes jeunes cervicales contre un rhododendron traversant la chaussée.
« Ouh ! », mon dos se brisa en d’infimes petits morceaux, provoquant des multiples craquellements symphoniquement et méchamment moches. L'homme-tigre prit ensuite la fuite en riant de belles moustaches. Quelle journée de merde ! Se faire avoir de la sorte alors que ma forme contractuelle est au plus bien me rappela la phrase iconoclaste que je prononça lors de mes vœux envers ma bien-aimée Ling : « Meurs ! »
C'est alors qu'un pompier volontaire me porta secours. Il portait un uniforme jaune et avait le teint de la même couleur. Il semblait avoir très froid car il n'arrêtait pas de grelotter en gémissant vers les aigus. Ce qui le rendait beau. Il prit mon portefeuille et s'en alla. Sans doute pour m'acheter une boisson revigorante, m'interrogeais-je.
Je me réveilla dans mon vomi. Tout était sombre, tout était noir. Lorsque soudain ! Tout me revint en tête : mon père m'avait lui aussi jeté de la plus haute falaise de la plus haute montagne alors que je n'étais encore qu'un moche mioche... Une sale histoire...
Ce foutu mal de tête commençait à me peser. Un bermuda beige, un tronc, pas de sang... une bouteille de vodka vide...
Je ne voyais qu'une seule possibilité : direction le coiffeur du coin.

(Heihachi, Story bien IV par ici)

Heihachi, Story Bien IV

     Alors que je flânais, une magazine de couture en main, dans la salle d'attente du coiffeur du coin, je remarqua un mec qui essayait de décaler mes deux sabres installés sur trois fauteuils en face de moi afin d'y entreprendre de s'asseoir.
« Comment t'appelles-tu ? », lui demanda-je avant d'en finir avec sa vie.
« Chin Chang. », me réponda-t-il avec effroi !
« Hein ? », soupçonnant le doute de l'intérêt de la question.
« Chin chang ! », me confirma t-il.
Puis il se mordu la langue, ce qui déclencha une panique démente chez cet abruti qui hurlait sa mère. Je le finissa à coup de sabres pour abréger les souffrances et déclarant ainsi le silence. Malheureusement pour moi, cet espèce de coiffeur suédois m'expulsa de son intrépide boutique en criant en danois ancien : « Enfilade fist in you ! ».
Je n'avais plus la moindre piste et une envie soudaine de picoler. Je décida alors de rejoindre ce trou à rat, qu'on appelle l'hôtel 1 étoile de monsieur Phénix, en marchant à l'aide de mes pieds vers ces lieux. La musique y était forte, l'odeur des tabourets renfermait comme un élixir de bouse, la barmaid Anna n'avait pas de soutien-gorge contrairement à sa sœur qui n'avait pas de chapeau. Un cocktail explosif qui me fit me remémorer une anecdote siamoise : lors de mon voyage en classe de neige durant ma tendre enfance juvénile, j'avais oublié mes rackettes de pongiste confirmé. Ce souvenir me permit de commander sans retenue une bonne mousse accompagnée d'un shooter bien mérité.
Un vieil homme presque aussi soûl que moi, assis juste à côté, me présenta une bouteille afin d'y partager son breuvage. « Oh ! », m'exclamais-je. Il s'agissait là d'une bouteille atypique de vodka me rappelant vaguement quelque chose. Je la regarda avec contemplation métaphysique puis remercia ce déchet humain pour sa grande courtoisie. « Tiens, tiens... Une bouteille de vodka... ». Je devait dès lors, questionner ce docteur fou afin de lui extirper la vérité sortant de sa bouche.
« Que faisiez-vous hier soir ? »
« Hier soir ? Voyons voir... J'étais ici je crois. »
La jolie tenancière Anna confirma en hochant la tête sans discontinuer sur un air musical de techno.
Je poursuiva mon interrogatoire :
« Où vous-êtes vous procuré cet alcool exactement ? »
« Eh-eh ! C'est un secret de fabrication maison ! »
C'est alors que tout bascula dans ma tête et je tombis à même le sol en glissant de mon fauteuil. On ne m'aida pas pour me relever. Je devais impérativement appeler le service des pièces à convictions de la Mishima Corp© afin qu'ils me confirment que cette bouteille retrouvée sur les lieux du crime correspondait bien à celle que ce vieux chnok et moi, sirotions gaiement. On me dit que oui.
« Enfin un début de piste convenable. », soupirais-je.

(Heihachi, Story bien V par ici)

11 juin 2015

Heihachi, Story bien V

     17H45 – Cette journée semblait interminable. A peine le temps de trouver mon premier indice que mon téléphone vibra sur mes cuisses :
« Le plus grand détective Mishima, j'écoutoute ? »
« Re-dez-vous ce soir... au bar du coin... à neuf heures... et in-co-gni-to ! »
« Qui est à l'appareil ? », puis le téléphone bipa telle une fin d'appel belle.
Cela me rendait inquiet car la fourchette qui me séparait de ce rendez-vous était vaste. Je savais malicieusement que je stationnais déjà en ces lieux et de ce fait, il était bien plus préférable pour un homme de ma stature de ne pas rater cette occasion en faisant passer ces heures de service par des heures sup'. Je commanda un autre verre et le régla grâce à la MishimaExpress.
Anna semblait heureuse, épanouie... Peut-être voulait-elle m'inviter à déjeuner ? Ou encore me laisser découvrir les courbes de son squelette ? Par doute, j'incrivire mon 07 à l'arrière du sous bock protégeant l'humidification qu'émanait ma bibine du comptoir lustré de gerbe.
     17h49 – Cette journée semblait interminable. A peine le temps de siroter mon quarante-et-unième shooter que l'heure de la rencontre avançait avec lenteur.
     17H99 – Le pendule semble cassé. Je m'offris un sandouiche aux rillettes pour faire passer le temps. Un inconnu rentra dans le bar de l'hôtel. Il semblait louche et empli de stress. Il avait sur lui une cassette vidéo et portait une perruque de clown. Il s'approcha de moi.
« Tu es en avance. », dit-il, sûr de lui.
« J'aime pas trop tes insinuations. », lui confis-je avec panache.
L'homme ôta son chapeau et se présenta. Il me dit qu'il travaillait pour un riche homme d'affaire vivant en dehors de la ville. Alors que je questionnais, sans plus attendre, ce brave homme laid, celui-ci restait très discret. « Sans doute un pro... », m'étais-je secrètement interrogé.
Il m'offrit un premier verre que j'accepta, puis un autre accompagnée d'une planchasse grillade et poivrade spécialité bison old scholl.
« Ça fait du bien là où ça passe ! »
Heihachi comprit ! Puis partit à toute jambe, aussi rapide que la vitesse elle-même.
« Eh ! Eh ! », m'exclamais-je ! Seul un génie génétique tel que Heihachi – L'homme au mental d'acier – distingue cette audace et analyse la faille, quelque soit où elle se cache.
     18H12 – Retour sur les lieux de la scène du crime. Heihachi était assis-là, confortablement avachit sur le fauteuil du salon, fixant les éléments manquants à cette enquête de haute voltige.

(Heihachi, Story bien VI par ici)

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30 juin 2015

Heihachi, Story bien VI (en alexandrin)

Heihachi, de la corporation Mishima,

Décida de clouer l'enquête sur le champ,

Maintenant équipé de ses outils poignants,

D'un geste vif, de son fauteuil, il se leva.

 

Scrupuleusement, il analysait le corps,

Malgré le fait qu'il n'en restait plus que le tronc,

Et ceux, sans aucune trace de sang à l'horizon,

Découvrit une piste après un long effort.

 

Un cheveu bien lisse, huit centimètres au moins,

Couleur jaune pisse, resté en contre-bas,

Du nombril du défunt. Cela réconforta,

Notre héros n'ayant toujours pas de témoins.

 

Il suffisait dès lors de chercher dans la ville,

Les individus, à la chevelure laide.

Notre bon vieux héros, couvert d'un souple plaid,

Partit vitesse, la moustache tranquille.

 

(Heihachi, Story bien VII par ici)

28 août 2015

Heihachi, Story bien VII (de table)

Il faisait déjà bien jour et le soleil absent offrait un temps beau  à faire voler bas les mouettes chevauchées par des diplodocus-rex mongoles. Heihachi sorta malicieusement du slibard en soie qu'il ne portait pas une pochette de plastique allemandoise renfermant la preuve afin d'analyser une seconde fois l'exacte couleur pigmentaire de ce qui semblait être un poil, souple et raide à la fois, sorti du cul chevelu d'un suspect efféminé dépourvue de boule. Dans sa folle marche molle, il bouscula deux à seize passants tout en gardant un œil fixe et l'autre fermé, comme absorbé par la difficulté procédurière de l'énigmatique poil et le jeta dans le caniveau situé juste en dessous de ses chaussettes humides et de ses tongs en bois dévernis. Se grattant fougueusement la zone chauve de son crâne ridé, il s'arracha un grain de mocheté et pissait pas mal de sang déjà.
Z...zut ! - Mais il était déjà trop tôt et cette terrible douleur passerait incontestablement après un bon bain tiède parfumé au gin. Il oublia.
Blond caucasien mélangé au rubis des temps vieux, légèrement courbé vers la pointe – signe que, l'auteur du crime était un champion de karaoké chrétien durant les cinq dernières années bissextiles et que, cette forte odeur d'huile de coude le mettait en appétit. Heihachi sortit son calendrier de l'Avant pour y noter sa liste de blagues – trois barquettes de pomme-chips, raccourcir les manches du bermuda du samedi soir et arrêter Lei et Lang - et ne pu s'empêcher de rire à la vue d'une d'entre-elles, qu'il avait prit soin d'écrire à l'encre de seiche hier matin heure avec son stylo fantaisie volé à une très vieille dame alors qu'il n'était qu'un jeune marié voué à se la mettre derrière l'oreille. Notre héros au cœur et au crâne saignant disposa devant lui, à même le dos d'un cycliste épileptique, une feuille AK-47 afin d'y relater un portrait-robot rocheux. Mais il se fit insulté de « sale licorne » ou de « salicorne », je ne sais plus très bien, et lui vola son vélo. Et toi là dans la rue ! Peux-tu prouver que se poil ne t'appartient pas ? Heihachi s'adressait en fait au maire de la ville qui était de RTT ce jour-là, un morceau de pédale dans le creux de sa main moite et grinçante. La femme prit la fuite vitesse et disparue comme par envergure noble.
Halte ! S'exprima t-il. Et une terrible envie de déguster un pâté s'empara du ventre de Heihachi.
Il était déjà midi douze.

(Heihachi, Story bien VIII par ici)

29 mai 2017

Heihachi, Story bien VIII

Alors que le onzième coup de cloche venait de retentir sur Oulossis-les-Moulineux, tout semblait calme. Un autocar klaxonna afin de signaler à notre bon vieux héros de déguerpir vitesse de la chaussée piétonne. Le feu était vert luisant pourtant, mais il pleuvait toujours à grande eau et on ne voyait pas très bien. Heihachi avait eu un sursaut de panique mais comprit, salua humblement le chauffeur et marcha en direction d'un vendeur de riz de passage, car sa pitance du matin n'avait été que trop maigre. Cela tombait bien, car ce marchand vêtu d'un costume de l'espace était située dans la direction opposée de la fugitive trop rapide pour l'homme vieux qu'il était. Il commanda sa collation et ne paya pas son dû. Après avoir terminé sa dernière bouchée de riz en cuisson douce en bolino, il sortit un gun méga-badass et tira à une seule reprise dans le talon d’Achille du suspect qui s'écroula au sol telle une vieille paralytique puis arriva auprès d'elle en bondissant fièrement puis la questionna :

« Je me déplace à quatre pattes, puis à deux pattes, puis à une patte, qui je suis ? », commençant l'interrogatoire par une charade complexe.

« Les secours ! Appelez vite les secours ! », hurla Madame le maire, se tortillant de douleurs vives.

On put entendre alors au loin le service des urgences pinponner en do septième, son qui émanait d'un interphone à faible consommation. Heihchi avait acheté le même quelques temps auparavant mais l'avait perdu. Une aide-soignante à l'allure type descendit de son véhicule en marche et ouvra avec soin son attaché-case et y sortit quelques tiges de bambous au feuillage très appétissant. Madame le maire fut ensuite amenée de force au commissariat pour l'ultime interrogatoire de cette enquête si complexe. Cas rare où notre héros délègue son travail mais il n'écoutait que les battements de son cœur chaud.
Heihachi avait tout compris depuis le début. Il n'avait qu'à écouter son instinct et paf, tout rentrait dans l'ordre inaliénable comme dans un scénario d'auteur à succès. Il se félicita intérieurement et extérieurement, la moustache rieuse. La joie était là, grande, mais le bonheur n'était que passager et notre héros ne n'en avait que trop payé les frais durant sa jeunesse pour bien savoir que tout cela, il le devait à son talent inné et à son acharnement pour le bien de la justice.

C'est alors que le bus qui passe par le cinéma grilla le feu orange. « Oh ! », s'exclama Heihachi en réingurgitant sa salive suave. Il ne fallait surtout pas rater telle occasion car, comme tous les oulossissomanois le savent, ce bus passe aussi par les vastes bureaux de la Mishima Corp©, et il n'allait pas rester là comme un gland avec la racaille des bas quartiers sous l'abris-bus. Mais il glissa sur son arme de service et l'autocar repartit en laissant un vieil homme, la tête dans le caniveau.
Un des jeunes qui écoutait de la musique techno sous l'abris bus, voyant le drame se produire survint alors comme un éclair mou au secours du maître des sabres. Heihachi remercia le brave homme en lui offrant son flingue fétiche ancien puis se frotta son kimono imbibé de boue, ce qui a eu pour incidence d'envenimer la situation déjà bien cafardeuse. À sa grande surprise, ce même jeune homme aiguilla notre héros vers la boutique de sa mère, qui n'était autre qu'un pressing de grand renom. Heihachi, très ému par cette délicate attention, le remercia de nouveau puis lui céda son badge de flic. Il partit souriant sans même se rendre compte que ce jeune homme sympathique n'était autre que Lei. Ou Lang. Ou les deux. Son fidèle ennemie de toujours. Le ce du pourquoi il était. Le contraste même du bien combattant le mal. Non, il ne le savait pas...

(Heihachi, Story bien IX par ici)

01 juin 2017

Heihachi, Story bien IX

En marche vers le teinturier-pressing, notre héros au service du bien chantait une petite chansonnette qu'il avait entendu la veille à la télévision, en barbouillant les paroles de cette dernière, sans doute issue d'une langue morte à l'heure qu'il est : « Damblou Dabeudi Dabeuda Hmdabeudi Hmdabeuda Dabeudidabeuda... » Après être arrivé au niveau faible du banc de l'abris-bus, Heihachi avait le souffle coupé. Ses vieilles bronches le faisaient souffrir de fatigue rapide et il avait un talon de tong cassé. Il demanda le prénom de ce fils de maître pressingueur. « Moulongue », lui répondit-il, d'un mouvement de queue de cheval. Mais Heihachi n'avait pas le temps pour faire la causette et exigea à Moulongue de lui rendre ses biens au plus vite avant de se prendre un coup de boule boueux. Moulongue s'exécuta, mais d'un tour de main de passe-passe, exécuta une sorte de prière fraternelle des signes du zodiaque-hindouiste des vallées brunes. Heihachi n'avait rien vu de tel depuis sa folle soirée devant Sacrées Diarhées, accompagné de sa quintuple quadragénaire quasi ex-femme et d'une bonne bouteille d'eau-de-vie du coin lorsque que le présentateur fît intervenir une troupe mongole de haute voltige.

Sous cette belle pluie diluvienne, cette danse d'un autre univers lointain redonna courage et vigueur à Heihachi qui était en train de racomoder sa tong en bois vieux. Moulonge lui proposa alors de l'accompagné jusqu'au pressing. Heihachi refusa et à l'aide de sa paire de roller cachée sous son slibard en soie, partit sans dire au revoir. Arrivé devant la boutique vitesse, notre beau mâle ouvrit la porte d'un coup de coude redoutable et brisa le carreaux. Nous pouvions alors lire sur le vitrail publicitaire d'envergure moche « Pr...ing », exactement la même onomatopée que lorsqu'il entra avec fracas.

La boutique était vide et la lumière sombre. Nous étions déjà dimanche jour.

Heihachi, Story bien X, ici

Heihachi, Story bien X

Heihachi rentra dans les lieux où il venait antérieurement de briser la porte d'entrée et de sortie. Il avança imprudemment sur les éclats de vitre brisée et demanda d'une voix belle s'il y avait quelqu'un de vivant à l'horizon. Il patienta une dizuitaine de minutes puis continua sa progression à vitesse molle. Notre héros des beaux jours constata qu'il y avait des machines à laver les vêtements sales au nombre impair de seize puis se déshabilla promptement afin de glisser son kimono boueux dans l'une de celles-ci et son slip en soie véritable dans une autre. Il en profita pour sortir un vieux morceau de savon coincé sous ses aisselles puis le coupa en trois, grâce à son sabre en bois afin de se faire une petite partie d'osselets en attendant la fin du prélavage en mode souplesse. Fâcheusement, l'électricité étant absente, il scruta consciencieusement la salle peu lumineuse afin d'y dénicher le tableau de système électrique complexe lorsque imprévisiblement, son téléphone portable vieux sonna dans la poche de son kimono qu'il avait enfermé dans le tambourin rond de la machine lavante. « Heihachi j'écoute ? », s'engagea t-il nu dans une conversation écourtée. C'était le big-boss de la Mishima Corporation à l'autre bout du fil ondal, j'ai nommé Jin Kazmoissa. Tourmenté par la hantise de devoir parler à ce jeune arrogant qui se la pète tout le temps, Heihachi demanda de sa plus belle vocalise de quoi s'agissait-il, tout en se massant la moustache. Le jeune PDG exigea une explication sur l'arrivée de Madame le maire de la ville de Oulossis-les-Moulineux au siège de la Mishima Corporation, perforée d'une balle dans le talon gauche. Heihachi en avait déjà très marre et fit mine de passer sous un tunnel et qu'il n'entendait plus très bien puis raccrocha vitesse et le remis son téléfon dans la poche arrière de son kimono. De nouveau sur la piste du disjoncteur, il brava la pièce obscure un sabre à la main.
Cela faisait maintenant un bon moment que Heihachi tournait en rond sans résultat puis s'affessa confortablement entre deux chaises disposées d'un alignement parfait. Mais ça, il ne le savait pas. Il disposa ses bras autour des parties supérieures des supports fessiers peu agréable à l'assoyure, le service toujours à l'air, puis actionna un interrupteur par inadvertance avec son coude. La lumière apparue de façon belle et épileptique. Heureux, notre héros déplumé lança sans plus tarder les deux machines, en y insérant quelques piécettes dans chaque compartiment prévu à cet effet. Les programmes affichaient trente minutes de lavage et quinze minutes pour son slip. Heihachi remarqua un magazine people à même le sol et le ramassa avec aigreur sans plus tarder. « Gouh ! ». C'était un magazine allemandois.

Heihachi, Story bien XI, ici