25 octobre 2007

Chapitre 1

La ruelle était déserte, silencieuse, sombre.
Les clés avec lesquelles il jouait dans sa poche résonnaient d'un tintement irrégulier, et les sons étaient presque imperceptibles.
Il marchait d'un pas lent, profitant de l'air frais d'un hiver de novembre arrivé trop tôt.
Son souffle se percevait au loin, créant une fumée qu'on aurait pu assimiler à celle d'une cigarette.
Mais Heihachi ne fumait pas.
Non, bien sûr.
Il se bourrait la gueule parfois, un soir où il se sentait moins bien ; évidemment, cela arrivait.
Son lieu de réflexion favori était sans doute ce bar du coin, tenu par de ravissantes soeurs que tout semblait opposer, sauf la bêtise.
D'ailleurs, il avait longtemps cru que l'une était la mère de l'autre, mais non.
Il posa son épaule sur un des murs froids se trouvant non loin de lui.
Son regard se posait au loin, vers les réverbérations des lampadaires.
Attendait-il quelqu'un...?
Un dealer, ç'aurait été trop immoral pour un flic, un simple flic.
Une femme alors ?
L'endroit n'était pas de ceux rêvés pour un rendez-vous, mais comme vous le savez peut-être - ou peut-être pas d'ailleurs, Heihachi était bien le genre de personne à faire ce genre de chose n'importe où, n'importe comment, avec n'importe qui.
Xiaoyu Ling ?
Il ne fallait tout de même pas pousser.
Malgré son âge - certains pensent qu'il se rapproche de celui du capitaine, Heihachi n'a jamais sombré dans la nécrophilie.
Enfin, nous nous égarons, et sombrons dans l'immoral...
Attention : un homme arrive.
Il tient quelque chose, et s'approche d'un bon pas.
Lorsque Heihachi le voit, il s'écarte du mur près duquel il s'appuyait jusqu'à présent, puis fait deux pas : l'un du pied gauche, et l'autre du pied droit.
Tout cela est bien sûr très rapide et en même temps très lent, d'où l'intérêt de rajouter cette phrase que vous lisez en ce moment et qui ne sert absolument à rien.
Au bout d'un moment, Heihachi et l'inconnu se rencontrèrent : l'inconnu tendit un paquet à l'autre, et une discussion s'engagea alors :

- Salut. Tu l'as ?
- Bien sûr.
- OK. On avait dit 50 écus, c'est ça ?
- Merci.

Heihachi s'empara du paquet, et l'autre homme disparut par le chemin d'où il était venu.
L'histoire ne dit pas ce qu'il fera la reste de la soirée.
Pendant ce temps, et copiant sans vergogne son homologue anonyme, notre héros au grand coeur tourna également l'étalon, et reprit sa marche, son paquet sous le bras.
 
Nous retrouverons notre homme quelques instants plus tard, devant chez lui.
Les clés se retrouvent alors dans sa main, et cette dernière s'avance vers le mécanisme permettant d'ouvrir la porte de son appartement.
Oui, il s'agit bien d'une serrure.
Un claquement, puis la poignée s'abaisse et la porte s'ouvre : et là, le spectacle était organoleptique : une grande pièce seulement éclairée par les néons extérieurs rendait une lumière bleutée ; une table basse de taille moyenne trônait au centre, là également où se trouvaient une PlayStation 2, deux ou trois bouteilles de vodka et quelques magazines olé-olé.
Ce n'était en effet plus un secret pour personne, mais le père de Heihachi était bel et bien espagnol.
Posant sa monnaie là où la place le permettait, Heihachi posa son paquet sur le canapé en cuir d'un noir éclatant, et son blouson sur un porte-manteaux qu'il fallait sans doute deviner.
Une fois le manteau à terre, Heihachi se dirigea vers sa cuisine américaine : il ouvrit son réfrigérateur, et en sorti une bière dont il fit sauter le bouchon d'un geste expérimenté et sûr, aussi vif que délicat.
D'ailleurs, cette facilité à faire sauter la capsule lui avait été léguée par un frère d'arme avec qui il fit ses classes dans un tournoi quelconque.
Après un petit tour dans la pièce où son regard se perdait comme absorbé par des pensées iconoclastes, notre homme s'affala dans son magnifique divan en peau de tigre, celui-là même que Ken tua pour teindre son fier kimono.
Ah, la bonne époque.
Heihachi y songeait souvent.
Posant sa bière sur sa table basse en bois brut, il se saisit en échange d'un courrier situé au-dessus d'une pile d'albums de bandes dessinées : il le relit deux fois, puis le posa près de lui, se prenant la tête dans ses mains, le corps en arrière, totalement relâché.
Une nouvelle affaire ?
Non, il était trop tôt.
Quoi que.
Son réveil indiquait tout de même les 23 heures.
C'était l'heure où, par le passé, il avait fait tant de ravages.
Il s'en rappelait, vaguement, par intermittence.
Il fallait dire que l'alcool n'avait rien arrangé, et son âge ne l'aidait pas.
Une bonne nuit de sommeil, voilà ce qu'il lui fallait.
Sans même bouger de son siège, il s'allongea, puis se laissa aller à des rêves plus doux.
Ce paquet qui contenant son repas à base de riz thaïlandais allait refroidir, c'était sûr ; mais après tout, un bon cacao le lendemain, et tout serait oublié...


03 novembre 2007

Chapitre 2

Les feuilles mortes tombaient des arbres.
Le jour se levait petit à petit dans l'appartement de Heihachi, avachi sur son superbe canapé qui avait vu passer sa couleur de noir foncé à noir clair dans les dernières heures de sa vie nocturne.
Quelques oiseaux piaillaient au dehors, et notre héros n'aimait pas cela.
Ces sons l'agaçaient, l'irritaient, le réveillaient.
Et c'est ainsi que commença une mauvaise journée.
Se grattant la tête en tentant vainement de se relever, il comprit que son mal de dos chronique était revenu.
Il fallait bien dire que dormir dans pareille position, la tête perpendiculaire au corps et à moitié assis, n'était pas de tout repos.
Enfin, Heihachi préféra finalement tenter une roulade saltoïque afin de se relever, et se retrouva par terre en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
Grommelant des choses incompréhensibles et que, de toutes les façons, la morale réprouve sans aucun doute, l'homme se leva cette fois et se traîna jusqu'à sa salle de bains où - comble de l'ironie - ne se trouvait en fait qu'une cabine de douche et un lavabo.
Ouvrant le robinet d'eau froide, le son de cette eau s'écoulant lui donna soudain envie d'aller au petit coin, ce qu'il s'empressa de faire sur-le-champ ; malheureusement pour lui, c'est cet instant sacré que choisit le livreur de courrier - autrement dit le facteur - pour sonner à sa porte.
Décidé à ne pas se faire malmener par la vie, Heihachi prit son mal en patience et se dirigea de manière spontanément énervée vers la porte de son bel appartement aux couleurs froides et ternes.
Après avoir déverrouillé l'accès vers l'extérieur, la porte s'ouvrit devant un homme assez jeune de type asiatique, à la tunique jaune caractéristique des employés de la P.O.S.T.E., sigle dont notre bon Heihachi n'avait jamais saisi la signification pourtant simpliste.
Le courageux travailleur qui travaillait par temps froid ou chaud selon les saisons fit un bref "Brrrrr..." pour rappeler que l'extérieur était plutôt tiédasse en cette saison, et il donna en mains propres une lettre à Heihachi qui ne le remercia pas, ayant froid aux pieds.
Après avoir refermé la porte derrière lui et verrouillé à nouveau l'accès afin qu'un charlatan ne vienne pas le déranger dans sa prière, notre héros s'avança dans son appartement en analysant cette enveloppe qui protégeait le courrier.
Était-ce un piège ?
Avait-il eu raison de fermer la porte une première fois sur les doigts de cet employé de la P.O.S.T.E. ?
Pourquoi la queue du cochon est-elle en tire-bouchon ?
Il aurait sans doute toutes les réponses à ces questions en ouvrant la lettre.
Heihachi retourna donc dans son salon et, s'asseyant, s'empara de son coupe-papier et sortit le courrier :   

Salut Heihachi,

Ça fait une paye mon vieux !
Comment vas-tu ?
Je ne sais pas si tu te rappelles de moi, on était à l'école de police ensemble.
Je me souviens encore du jour où tu as eu cette conjonctivite, c'était vraiment flippant !
La doctoresse avait remarqué que tu n'avais plus de pouls, mais personne ne s'en était alors inquiété.
Enfin bref, je voulais te dire que j'allais venir en ville d'ici une ou deux semaines, on pourrait se revoir, qu'en penses-tu ?
J'ai lu quelques uns de tes rapports sur ton site en ligne, et ils sont mathématiquement biens !

En plus, j'aurais aimé étudier de près cette météorite qui est tombée l'autre jour dans le jardin des Ramon.
Je sais que tu as dû voir des photos, mais elles sont truquées : les extraterrestres ne jouent pas au tennis.
De toute façon je t'appelle quand je suis à l'aéroport, tu viendras me chercher, hein vieux frère ?

Allez je te laisse.
A+

Signé : Mi-Chan, un mec chaud.

PS : Tu as eu raison, ne t'inquiète pas.
PS2 : En fait, c'est le tire-bouchon qui est en forme de queue de cochon.
PS3 : Pas encore de bon jeu sur cette console...

Heihachi n'en crut pas ses oeils : il allait revoir Mitchi, ce bon vieux Mitchi, lui qu'il n'avait pas vu depuis des années ?
Le reconnaîtrait-il ?
Faisait-il toujours aussi bien les uppercuts à la sauce soja ?
Heihachi se souvenait du bon vieux temps, quand il s'amusait avec Mitchi à jeter des excréments, ou qu'il tentait d'accoupler un hamster avec un hippopotame.
Tant de souvenirs lui revenait en mémoire, tant de choses restées en cage qui semblaient se libérer au gré du vent...
Un rayon de soleil apparut dans le ciel d'Oulossis.
Ça y est : la journée pouvait enfin commencer.

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04 novembre 2007

Chapitre 3

Les véhicules passaient dans la ruelle dans un mouvement semblant aussi méthodique que répétitif, et la vieille dame tentait de traverser : en vain.
Sa vitesse lente et moche ne pouvait contenir la rapidité successive et monstrueuse des engins qui dévalaient cette voie à des vitesses folles, aussi dut-elle attendre, patiemment, que le temps s'écoule.
Elle crut un moment que celui-ci fut venu, mais non, ce n'était qu'une feinte : une file de dangereux cubes motorisés passèrent à nouveau, l'empêchant de faire un quelconque mouvement vers l'avant.
C'est à cet instant que Heihachi sortait de chez lui : il avait mis son plus beau slibard, des vêtements semblant propre et un costume trois pièces qui le rendait vraiment chic ; regardant d'un rapide coup d'oeil à droite, puis à gauche, il passa le trottoir d'un long pas et commença sa traversée de la route, sûr de lui.
Un crissement de pneu, un bruit de choc : Heihachi se retourna, mais il était déjà loin, et ne ralentit pas le pas.
Peut-être était-ce cette dame qu'il avait légèrement bousculée en passant.
Après tout, quelle importance ?
Son ami Mitchi lui avait écrit, et c'était là ce qui comptait pour le moment.
Aussi, et ce sans stratégie, il se dirigea vers son lieu de travail : la Mishima Corporation.
 
La standardiste qui faisait office de réceptionniste était toujours aussi charmante : mademoiselle Hwoarang, puisque c'était son nom, fit un beau sourire au nouvel entrant avant de prendre un appel qui arrivait.
Heihachi quant à lui savait où était son bureau, et c'est donc fier qu'il en prit la direction.
Mais il croisa Jin dans les couloirs, et une discussion s'engagea alors de manière tout à fait impulsif :
 
- Hey, Heihachi, comment vas-tu !
- Je...
- En effet, je vois ça ! Mais je croyais que tu étais mort depuis notre dernière affaire, que fais-tu donc ici ?
- Eh bien...
- Je comprends, mais depuis, nous t'avons remplacé ! Alala, tu me mets dans une position fâcheuse et délicate, mon ami !
- Que...
- Allons, vous allez bien pouvoir faire équipe, je te laisse faire sa connaissance ! A plus !
 
Sur ces dernières paroles, l'homme à la coiffure noire et patron des lieux à ses heures s'en alla, laissant Heihachi sans voix et sans moustique.
Remis de ses émotions après quarante neuf minutes et cinquante dix sept secondes de stabilité orthographique, il se dirigea vers ce qui était anciennement son bureau : et là, surprise.
Ce qu'il vit était horrible.
A la fois beau et mystique.
Oui.
C'était lui : le coiffeur suédois du nom de Ogueur.

09 novembre 2007

Chapitre 4

La papier peint du bureau était blanc, immaculé.
Le mobilier n'avait pas bougé, il était resté le même depuis toutes ces années.
Même cette bonne vieille bonbonne de gaz n'avait pas bougé !
Heihachi songeait à ces années passées où il glandait sur son superbe fauteuil, regardant par la vitre située au fond de la pièce.
Là où Ogueur se trouvait actuellement d'ailleurs.
Il avait changé de coupe, certes, mais était parfaitement reconnaissable par notre héros, à qui il avait jadis volé la petite amie !
En commençant à s'énerver à la vue de son rival et ennemi de toujours, Heihachi s'avança en proférant des menaces de mort à l'égard du nouvel inspecteur de la Mishima Corporation :
 
- Ogueur, connard ! Je vais te défoncer ta gueule de merde dans la seconde !
 
L'autre parut surpris.
Il fit sa tête de victime, puis la discussion s'enchaîna alors que la distance les séparant rétrécissait à mesure que Heihachi se dirigeait vers lui, l'air particulièrement remonté :
 
- Heihachi, vieille fripouille ridée ! Comment m'as-tu donc reconnu ?
 
Notre héros ne s'arrêta pas, et tel un diplodocus-rex, explosa le bureau d'un geste puissant du bras droit ; le meuble à terre scindé en deux, Heihachi fit encore deux pas et attrapa l'autre par le col ; Ogueur, commençant à être furieux à son tour, rétorqua :
 
- Tu me lâches, tu me lâches !
 
Heihachi ne le lâcha pas, et reprit :
 
- Tu rêves mon gros, je vais te faire passer le goût de t'immiscer dans ma vie définitivement ! Je vais tellement t'éclater qu'on pourra même plus ramasser ta tête de pygmée à la petite cuillère !!
 
C'est qu'il avait pris quelques cours de français, le bougre.
Mais l'ogre ne s'en laissa pas compter, et après avoir réfléchoix un instant sur la situation, il ajouta :
 
- Mais au fait, comment as-tu su pour mon changement d'identité ?
- Hein ?
- Bin ouais, je m'appelle Ogueur maintenant, et plus Ogre.
- Quoi ? Quelle est la différence ?
 
Alors que, semblant soudainement calmé, Heihachi déserra son emprise, Ogueur sortit son porte-feuille et sa fausse carte d'identité au nom de Ogueur de son blouson en cuir.
Il avait également un diplôme d'expert en trapèze volant, un as de pique Carta Mundi et une montre-gousset dont la pile était morte.
Ogueur profita alors de l'inattention de Heihachi pour s'enfuir en sautant par la fenêtre par laquelle il traversa : cela fit un boucan terrible, ce qui ameuta tous les autres employés qui travaillaient ici.
Et c'était sûr qu'avec le ketchup qui se trouvait dans la pièce, notre héros allait maintenant être le suspect numéro un !

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11 novembre 2007

Chapitre 5

La grille se referma violemment.
Heihachi s'assit sur ce qui allait lui servir de lit, la tête penchée vers l'avant, abattu.
Il se prit la tête des deux mains, et se mit à réfléchir.
Qu'est-ce qu'il s'était passé ?
Comment avait-il pu laisser Ogueur se jeter par la fenêtre alors qu'elle venait tout juste d'être refaite ?
Pourquoi Ogueur avait-il un diplôme d'expert en trapèze volant ?
Qui étaient ces autres employés de la Mishima Corporation qu'il n'avait jamais vu ?
Tant de questions, si peu de réponses.
Heihachi se dit qu'il était temps de dormir, et que la nuit lui porterait conseil, même s'il n'était que 10h30 du matin.
Il était au-delà de ça.
Il s'allongea donc, et s'endormit.
Après une très longue sieste qui dura 7 minutes et 18 secondes top chrono, Jin réapparut derrière la grille de sa cellule avec un gardien ; il dit :
 
- C'est bon, tu es libre. J'ai réussi à convaincre le juge que Ogueur était doué pour le trapèze volant grâce à son diplôme, et que sa mort n'était qu'une mise en scène. En plus, nous étions au rez-de-chaussée, et nous n'avons jamais retrouvé le corps. L'affaire a été classée sans suite, tu peux donc sortir.
 
Heihachi sourit de ses plus belles moustaches, et se leva.
Ses vertèbres craquèrent, et il poussa un petit cri, s'avançant ensuite misérablement vers la sortie de sa geôle.
Accompagné de Jin, il retourna à son bureau où les dégâts avaient déjà été effacés.
Il pouvait se remettre immédiatement au travail, et s'assit donc dans son superbe fauteuil avant de prendre le premier dossier qui se trouvait sur son bureau, en haut d'une pile mesurant à vue de nez 16,23 cm.
Il se mit à le lire, calmement.
Par un hasard hasardeux, il s'agissait de l'enquête concernant cette météorite tombée dans le jardin des Ramon.
Ni une ni deux, Heihachi bondit d'une vitesse voluptueuse, prit sa veste et s'en alla.
Direction : chez les Ramon.
Les Ramon habitaient un manoir qui se trouvait un peu éloigné de la ville, sur une petite colline.
Leur jardin faisait à peu près 154 000 m², ce qui était bien pour faire du golf mais nul pour retrouver une météorite.
Arrivé en patins à roulettes, Heihachi sonna à la porte des Ramon.
Il était bien sûr ici incognito.
Une servante vint ouvrir.
Heihachi nota sur son calepin très beau qu'elle s'appelait Julia Chang et qu'elle habitait avec son mari dans un petit appartement à côté de chez lui.
Elle le fit ensuite entrer, et il se retrouva dans le salon où il attendit les maîtres des lieux.
Cette pièce était d'une beauté subversive, avec des vases en faïence, des tableaux en toile, des murs en béton armé, une cheminée en parfaite harmonie avec le reste, ainsi que des tapis, des sièges de grandes valeur et quelques magazines sur la consommation des truites dans les plats à base de soupe de légumes.
On lui apporta un cocktail pour patienter, et il le but vitesse.
Quelqu'un arriva ensuite : il s'agissait d'un ours d'à peu près deux mètres cinquante, couvert de poils bruns, plutôt gros et lourd et semblant particulièrement joyeux.
Il s'affala dans son canapé favori qui faisait face à Heihachi, et prit la parole en ces mots :
 
- Bonjour Monsieur, que puis-je pour vous en cette belle matinée de novembre ?
 
Heihachi nota sur son calepin que l'ours parlait un français correct.
 
- Eh bien, cher ami, j'ai ouï dire qu'un caillou géant semblant être une météorite se serait écrasé par mégarde dans votre vert jardin.
- C'est exact.
- J'aurai voulu analyser cette pierre, si cela ne vous offusqua point bien entendu.
- Mais je vous en prie voyons, je vais même vous accompagner jusqu'à elle.
 
Ils se levèrent dans une concordance médusée, et se dirigèrent ensuite vers l'arrière de la bâtisse d'un pas lent et lourd.
L'ours ouvrit la porte, et, chemin faisant, ils se dirigèrent tous deux vers la forêt.
Après plusieurs minutes de marche, il s'arrêta.
Heihachi lui demanda :
 
- Est-ce encore loin ?
- Non, c'est là, tout près... Hin-hin-hin...
 
Ce rire était étrange.
Sur ses gardes, Heihachi sortit son arme de service, un colt single action army .45, et s'apprêta à en faire usage.
De son côté, l'ours se retourna dans un geste rapide, et sortit de son sac à dos une sulfateuse à double injection rétro-tactile.
Le conflit est inévitable, et les balles commencèrent à fuser dans la prairie verdoyante.
Alors que Heihachi parvint à se protéger derrière un rocher pour recharger son arme, le plantigrade reprit la parole :
 
- Alors, tu veux toujours voir cette météorite, vieux croulant ? Tu sais, j'ai tous les ingrédients qu'il faut pour empêcher quiconque de s'en approcher ! Tu vas aller rejoindre les autres que j'ai enterré dans les environs !
 
C'était vraiment la merde.
Son arme rechargée, Heihachi ne savait pas vraiment quoi faire, il s'était mis dans un beau bordel.
Il réfléchit alors à la meilleure tactique à employer, et se souvint d'une attaque en roulade extérieure que lui avait enseigné son ami Mitchi, ce bon vieux Mitchi.
Il attendit un instant afin d'être prêt ; il sentait que l'ours se rapprochait, ce salopard.
Quand le moment lui parut opportun, il plongea sur la droite et, d'une roulade aussi magnifique que précise, tira 19 balles de calibre 11,43 mm spécial long rifle dans le bide de son adversaire.
Heihachi rata malgré tout son atterrissage et se retrouva assommé contre un arbre, alors que l'ours s'écroula dans un bruit sourd.
Le calme revint dans le jardin des Ramon, et les oiseaux se remirent à chanter alors que les deux ennemis ne se relevaient plus...

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22 décembre 2007

Chapitre 6 - 1ère partie

Quarante-quatre heures passèrent.
Heihachi finit par se relever avec délicatesse, reprenant petit à petit ses esprits.
Il frotta de sa main gauche la bosse qui se trouvait sur son crâne chauve, puis remarqua qu'il tenait toujours son arme à la main ; dès lors, tout lui revint en mémoire : le suicide de Ogueur, la vieille dame dans la rue, les murs en béton armé, le barbecue coréen avec des saucisses, cet ours bizarre qui l'avait conduit ici, les tirs échangés...
Notre héros regarda tout d'abord s'il n'était pas blessé, puis il rangea son colt dans sa braguette.
Il jeta ensuite un oeil autour de lui, tentant de trouver dans quelle direction il fallait se rendre pour quitter cet endroit de merde.
C'est alors que son regard croisa ce rocher derrière lequel il s'était caché : bon sang mais c'est bien sûr, il s'agissait de la météorite !
Heihachi courut vers elle et manqua de glisser douze fois, la pluie étant tombée depuis son combat et le terrain étant devenu plutôt gadouilleux.
Arrivé près de l'énorme caillou, il sortit son calepin de sa poche et photographia cette curieuse chose venue de l'espace pour en avoir le coeur net.
Il l'examina ensuite quelque peu, mais comme il n'était ni géologue, ni pharmacien, il s'en alla.
 
En rentrant chez lui, Heihachi avait perdu sa bonne humeur et son sourire naturel.
Il claqua la porte derrière lui, enleva ses chaussettes et jeta ses affaires sur la table basse de son salon plongé dans la pénombre de la soirée.
Il soupira, puis ouvrit windows live messenger sur son ordinateur portébeule.
Angélique Michoux, une amie de longue date, était connectée.
Il ouvrit une discussion tout en allumant winamp et en mettant quelques titres de Teenage Bad Girl, Etienne de Crécy et LCD Soundsystem pour faire style qu'il écoutait de la bonne musique :
 
- Slt AnGlik alor komen sa va dep8 le tps ?
- Qui c'est ?
- C Heihachi tu tsouvi1 plu dmoi ou koi lol.
- Qui ça ?
- Heihachi put1 ! Heihachi 2 la Corporation Mishima !!
- Ah, le grand-père de Jin Kazama ! Comment va-t-il, ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu...
 
Heihachi se déconnecta aussitôt et était encore plus véner qu'avant.
Comment pouvait-on moins se souvenir de lui que de ce petit con de Jin Kazama ?
Si ça continuait ainsi, il le jeterait bientôt lui aussi de la plus haute montagne du monde, et il serait débarrassé de cette famille de merde.
Il coupa le son de son pécé et s'affala dans son canapé pour regarder les informations.
Ils parlaient d'un voleur qui sévissait en ville, et qui frappait les gens à l'aide d'un marteau.
Une affaire qu'aurait pu suivre notre héros il y a quelques années, mais maintenant il ne travaillait que sur de hautes affaires importantes et énergisantes.
Aussi, il ne sourcilla pas sur ce sujet, et continua de zapper.
Il vit une émission avec Laurence Brocoli, des pubs nazes et un match de football en différé.
Rien d'intéressant donc.
Mais alors qu'il aperçut une cagette dans un reportage, Heihachi eut l'idée de mettre un déguisement afin de continuer l'enquête qu'il menait en ce moment.
L'idée lui parut belle et possessive, aussi se réjouit-il d'aller dès demain chez le vendeur de farces et attrapes.
Il s'endormit alors paisiblement.

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12 janvier 2008

Chapitre 6 - 2ème partie

Le lendemain matin, c'était une journée belle et prospective qui commençait. Heihachi se réveilla sans douleurs et avait fait de beaux rêves.
Il se dirigea dont vers sa cuisine toutékipé en se grattant les fesses puis se fit un petit kawa.
Ce mot l'avait toujours fait rire : kawa, kawabunga, kawatéfesse, etc.
De folles minutes drôles et pathétiques s'en suivirent, et notre héros avait la larme à l'oeil droit tant il riait de bon coeur.
Et comme on dit dans les prairies de Sibérie : bon coeur, bon palmier.
Après s'être brûlé la lèvre gauche sans que cela ne lui fasse perdre sa bonté originelle, Heihachi alluma la radio et écouta une merveilleuse émission de chansons hollandoises.
Cela lui rappela son passé, lorsqu'il élevait des vaches au milieu des cactus dans la région de San Tiagos.
C'était sûr, la journée s'annonçait bonne.
Et ce n'était pas ces quelques rayons de soleil qui perçaient les rideaux à coloris orangés et à motifs divers de la fenêtre de sa cuisine qui allaient l'en contredire, bien au contraire.
Lorsqu'il eut fini de manger deux biscottes au beurre et à la confiture de myrtille, l'homme se leva car il s'était assis, puis il quitta la pièce pour rejoindre sa salle de bains.
Là, il fit couler un bain pendant qu'il revenait dans son salon pour mettre de la musique techno.
Ensuite, il se déshabilla - ouh le beau gosse - puis il sauta à pieds joints dans la baignoire.
C'était le paradis.
Heihachi adorait prendre des bains chauds qu'il remplissait de mousse et de canards en plastique.
Il resta là deux bonnes heures.
Et alors que la musique de Vitalic et de David Carretta tournait toujours dans sa platine et qu'il se nettoyait les oreilles avec un coton-tige, quelqu'un frappa à la porte de sa résidence.
Il alla ouvrir nu comme un ver, mais sec puisqu'il s'était séché entre temps.
C'était la voisine du dessous, Adeline, qui venait lui dire quelque chose :

- Ça va pas de mettre de la musique pareille à 7 heures du matin ?

C'est alors qu'elle s'aperçut de la nudité de son charmant voisin.

- Ah, et puis habillez-vous avant d'ouvrir la porte de chez vous espèce de dégénéré !

Elle partit alors aussitôt.
Notre héros au grand coeur n'avait encore rien dit, et il referma la porte sans la claquer, le sourire toujours présent sur ses lèvres.
C'était incroyable.
Un Heihachi qui ne s'énervait pas, c'était comme... deux Heihachi qui ne s'énervaient pas. Autant dire impossible !
Ce jour était à marquer d'une pierre blanche, c'était sûr.
Coupant le son de sa stéréo, l'homme finit tout de même par s'habiller : après tout, il allait sortir pour faire les boutiques, et être nu n'était pas très bon pour son hygiène bucco-dentaire.
Aussi mit-il un costume trois pièces et des chaussures très classes.
Il coiffa ses cheveux et se regarda dans la glace de longues minutes.
Ça y est : il était fin prêt à partir.

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19 janvier 2008

Chapitre 7

Heureux comme un pope, Heihachi sortit de son appartement.
Il était presque huit heures quand il refermait la porte à clé derrière lui, puis il commença à siffloter alors qu'il quittait l'étage où il se trouvait - car en effet notre héros habitait au deuxième étage.
Descendant les marches lentement mais de façon assez précise pour ne pas tomber, il croisa le regard de deux jeunes hommes d'origine maghrébine qui jouaient au tarot au milieu du passage.
Heihachi s'étonna : en effet, le tarot ne se joue-t-il pas plutôt à partir de trois joueurs ?
Enfin, cela ne le regardait pas.
Il continua d'avancer, l'air de rien, et tenta de passer sans adresser la parole à ces deux jeunes qu'il ne connaissait pas.
Mais par malchance et par inadvertance, l'homme marcha sur une carte et il l'abîma un peu.
Il s'en excusa, mais les jeunes de notre époque sont rapidement énervés et ils se levèrent donc dans un mouvement de concordance rapide pour agresser mentalement notre héros :

- Hey toi lààà...! Kessta fais à not' carte de tarot-là, t'es fou ou quoi ? Tu veux mourir ou quoaaa ?

Heihachi n'était pas très chaud pour mourir tout de suite, et comme l'une des deux personnes lui tapotait le thorax avec son doigt, il fut obligé sous la contrainte de sortir son gun qu'il avait toujours sur lui, on n'était jamais trop prudent.
Les deux jeunes reculèrent en faisant tomber les cartes qu'ils avaient dans les mains et en les levant en l'air :

- Oooh du calme mon frère on veut pas d'embrouille nous !
- Ouais c'est vrai, on agresse que les vieilles dames et les scouts d'habitude !

Sans écouter ce qu'ils disaient, Heihachi tira... sa révérence, et partit sans rien dire.
Finalement, il arriva en bas de son immeuble et s'arrêta ; le soleil brillait, il s'étira : c'était un temps magnifiquement beau pour aller se faire bronzer les fesses à la piscine municipale.
Mais avant, il fallait qu'il aille à ce magasin de déguisements.
A pied, il en aurait pour au moins quatre minutes aller-retour, aussi choisit-il de prendre le bus.
Il monta un petit chemin de terre pour rejoindre l'arrêt le plus proche, et arriva rapidement à bon port.
Des gens attendaient déjà.
Comme une vieille dame était assise sur le banc, il sortit son gun pour la deuxième fois de la journée : après tout, il était vieux lui aussi, et il méritait cette place en tant qu'ancien militaire blessé au combat au cinquième doigt de pied gauche.
La vieille quitta sa place en boitillant, et Heihachi s'assit... au moment où le bus arrivait.
Enfin, il se leva en poussant la vieille qui tomba, et monta dans l'autocar qui partit immédiatement ensuite.
Après s'être à nouveau assis, Heihachi sortit un mouchoir de sa veste Louis Vuitton et se moucha avec grand bruit.
Tout le monde le regarda, et le vieil homme adorait ça : il en profitait pour analyser chaque personne présente, tentant de savoir ce qu'ils faisaient là, ce qu'ils allaient faire...
Il les regarda d'ailleurs tous un par un, sans pour autant suspecter l'un d'entre eux d'être un quelconque trafiquant qui voudrait revendre sa marchandise.
Quelques minutes plus tard, Heihachi était arrivé à destination ; il descendit du bus sans payer, puis se dirigea vers la galerie marchande d'un pas rapide et lent.
Là, parmi les piétons, il marcha tranquillement, faisant parfois un croche-pied ou donnant subitement un coup de poing à un passant qui lui paraissait con ou malhonnête.
Toutes sortes de stands étaient là : des vendeurs de fruits avec des pamplemousses et des grenades, des vendeurs de légumes avec des haricots rouges et des tétragones, des vendeurs de vêtements avec des bretelles de couleur et des guitares en plastique...
Et finalement, notre héros arriva devant sa chère boutique : Camouflage & Cie.

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07 février 2008

Chapitre 8

Après être resté quatre heures et vingt-trois minutes devant le pas de la boutique, Heihachi prit son parapluie et entra en poussant la porte en verre.
Un tintement retentit, coutume idiote mais néanmoins utile pour prévenir le vendeur se trouvant communément dans l'arrière-boutique en train de faire des choses pas très catholiques qu'un étranger, un acheteur potentiel ou bien un voleur malintentionné était maintenant présent dans sa demeure. Notre héros fit abstraction de ce petit son de clochette désagréablement chiant et se dirigea immédiatement vers le rayon déguisement et autre postiches qui se trouvait juste sur la gauche quand on regardait vers la droite.
Comme d'habitude dans ce genre de situation, un vendeur mal payé s'approcha de ce nouveau client et entreprit d'entamer la conversation, en parlant du beau temps qui n'était pas très beau aujourd'hui, afin de venir en aide à cet esprit égaré ; il était originaire de la Chine lointaine d'Asie, avait des cheveux mal peignés, des vêtements propres et bien lavés, et dit sur un ton tout à fait normal et paisible :

- Bonjour monsieur, je peux vous aider ?
- Non merci ça ira.
- Vous cherchez quelque chose de précis peut-être ?
- Pas particulièrement.
- Je vois que vous regardez nos costumes : remarquez cette superbe finition.
- Oui pas mal.
- Sinon nous avons aussi ces très belles perruques qui...
- Écoute : ferme ta gueule et barre-toi le nain.

C'était évidemment dit sans méchanceté, mais avec un flingue sous le menton, nous pouvons tous comprendre la rapidité avec laquelle le vendeur se tut puis partit en direction de la partie du magasin la plus éloignée géométriquement parlant.
Laissant ainsi Heihachi seul, ce dernier eut tout le loisir de choisir ce qu'il était venu chercher, c'est à dire un costume de Batman, le masque de Scream, une perruque rose et une boîte de raviolis Pazzani pour ce soir.
Au comptoir, l'homme à la célèbre moustache croisa à nouveau le vendeur qui énonça la phrase suivante après avoir constaté les achats :

- Cent dix-sept écus et trois pièces de bronze.
- Hein ?
- Cent écus et dix-sept pièces de bronze.
- De quoi ?
- Trois écus cinquante.
- Bien.

Et Heihachi partit sans payer, tout heureux que ce qu'il avait espéré acheter soit maintenant chose faite.
Mais en quittant les lieux, notre héros s'aperçut que le ciel s'était obscurcit et que la pluie avait choisi cet instant pour tomber en quelques gouttes.
N'ayant pas pris son parapluie, l'homme ne savait que faire.
Il attendit donc que la pluie cesse en mangeant un sandwich à la rillette, sa spécialité.

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22 mars 2008

Chapitre 9

Plusieurs jours passèrent, et la pluie n'avait pas cessé de tomber.
Heihachi commençait à être fatigué d'attendre debout comme ça devant cette boutique qui avait depuis mis la clé sous la porte faute d'avoir un seul client, notre héros obstruant le passage.
Alors qu'il cherchait une idée pour se protéger de cette pluie incessante et ainsi regagner son domicile de façon aléatoire et saugrenue, Heihachi aperçut une brouette à quelques pas de lui.
D'un mouvement de pas chassé qui rendrait tout sauteur à la perche jaloux et honteux, l'homme à la moustache florissante s'approcha subrepticement de l'objet entreposé là par mégarde par un jardinier scandinave : une fois à côté, il jeta un oeil furtif autour de lui, fit diversion en jetant des noisettes vers la droite et prit à pleines dents la brouette qu'il mit immédiatement renversée au-dessus de sa tête.
Toute l'eau qui s'était accumulée dans l'objet ces derniers jours se renversa donc sur Heihachi, qui fut trempé jusqu'aux os ; mais au moins, la pluie ne l'atteindrait plus maintenant, c'était sûr.
C'est donc le coeur empli de joie et les poches emplies de billets trempés que notre héros se dirigea à pas rapide jusqu'à l'abribus situé à deux pas afin d'emprunter un autocar qui le ramènerait rapidement dans son quartier malfamé.

Trois personnes se trouvaient déjà sous ce refuge de fortune : une jeune secrétaire à la chevelure rousse, une très très vieille femme de 112 ans à l'air misérable qu'il trouva somme toute fort jolie, et un panda géant avec un attaché-case.
Heihachi se méfia immédiatement de cette secrétaire, la couleur de ses cheveux paraissait évidemment louche !
Mais avant que notre homme n'ait pu les interroger en les torturant, le bus arriva et tout ce petit monde monta à l'intérieur.
Pour avoir une meilleure vue d'ensemble, Heihachi s'assit devant pour surveiller le chauffeur, un homme de quarante ans environ qui ne s'était semble-t-il pas rasé depuis une bonne semaine.
Mais notre héros ne se laissa pas piéger par ce stupide subterfuge, et ainsi sourit-il d'un air victorieux alors qu'à l'arrière, la vieille femme était en train de manger des chips au bacon.
Tout aurait pu bien se passer, mais alors que Heihachi allait descendre pour rentrer chez lui, quelqu'un lui jeta un bouquet de fleur : par des réflexes de guerrier chevronné, l'homme se prit le bouquet en pleine gueule et saigna du nez à cause de la vitesse rapide de son esprit à cet instant.
Il ne bougea plus, puis commença à s'énerver tout seul, avant de dire en criant comme un fou :

- Mécréants !!! Vous croyez qu'un simple bouquet de fleurs sauvages parviendrait à me vaincre ???

Il sortit son gun et tua la vieille femme qui se trouvait tout au fond du bus comme par réflexe.

- Maintenant, que l'auteur de ce geste impardonnable se dénonce, où je tuerais tout le monde !!!

Pour montrer qu'il ne rigolait pas, Heihachi tua aussi le chauffeur d'une balle dans l'orteil gauche.
Il se mit à rire d'un rire fou et prétentieux :

- Ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah !!!!!!!!! La justice, c'est moi !!!

La pilule était trop dure à avaler pour la jeune secrétaire rousse qui bondit tel un ninja des temps anciens de la Chine japonaise, et qui fit un mouvement de kung-fu roulé quadrichromique.
Heihachi était désarmé et saoul, et s'écroula sur le trottoir, inconscient...

Posté par Lynks à 19:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]