01 juin 2017

Heihachi, Story bien IX

En marche vers le teinturier-pressing, notre héros au service du bien chantait une petite chansonnette qu'il avait entendu la veille à la télévision, en barbouillant les paroles de cette dernière, sans doute issue d'une langue morte à l'heure qu'il est : « Damblou Dabeudi Dabeuda Hmdabeudi Hmdabeuda Dabeudidabeuda... » Après être arrivé au niveau faible du banc de l'abris-bus, Heihachi avait le souffle coupé. Ses vieilles bronches le faisaient souffrir de fatigue rapide et il avait un talon de tong cassé. Il demanda le prénom de ce fils de maître pressingueur. « Moulongue », lui répondit-il, d'un mouvement de queue de cheval. Mais Heihachi n'avait pas le temps pour faire la causette et exigea à Moulongue de lui rendre ses biens au plus vite avant de se prendre un coup de boule boueux. Moulongue s'exécuta, mais d'un tour de main de passe-passe, exécuta une sorte de prière fraternelle des signes du zodiaque-hindouiste des vallées brunes. Heihachi n'avait rien vu de tel depuis sa folle soirée devant Sacrées Diarhées, accompagné de sa quintuple quadragénaire quasi ex-femme et d'une bonne bouteille d'eau-de-vie du coin lorsque que le présentateur fît intervenir une troupe mongole de haute voltige.

Sous cette belle pluie diluvienne, cette danse d'un autre univers lointain redonna courage et vigueur à Heihachi qui était en train de racomoder sa tong en bois vieux. Moulonge lui proposa alors de l'accompagné jusqu'au pressing. Heihachi refusa et à l'aide de sa paire de roller cachée sous son slibard en soie, partit sans dire au revoir. Arrivé devant la boutique vitesse, notre beau mâle ouvrit la porte d'un coup de coude redoutable et brisa le carreaux. Nous pouvions alors lire sur le vitrail publicitaire d'envergure moche « Pr...ing », exactement la même onomatopée que lorsqu'il entra avec fracas.

La boutique était vide et la lumière sombre. Nous étions déjà dimanche jour.

Heihachi, Story bien X, ici


Heihachi, Story bien X

Heihachi rentra dans les lieux où il venait antérieurement de briser la porte d'entrée et de sortie. Il avança imprudemment sur les éclats de vitre brisée et demanda d'une voix belle s'il y avait quelqu'un de vivant à l'horizon. Il patienta une dizuitaine de minutes puis continua sa progression à vitesse molle. Notre héros des beaux jours constata qu'il y avait des machines à laver les vêtements sales au nombre impair de seize puis se déshabilla promptement afin de glisser son kimono boueux dans l'une de celles-ci et son slip en soie véritable dans une autre. Il en profita pour sortir un vieux morceau de savon coincé sous ses aisselles puis le coupa en trois, grâce à son sabre en bois afin de se faire une petite partie d'osselets en attendant la fin du prélavage en mode souplesse. Fâcheusement, l'électricité étant absente, il scruta consciencieusement la salle peu lumineuse afin d'y dénicher le tableau de système électrique complexe lorsque imprévisiblement, son téléphone portable vieux sonna dans la poche de son kimono qu'il avait enfermé dans le tambourin rond de la machine lavante. « Heihachi j'écoute ? », s'engagea t-il nu dans une conversation écourtée. C'était le big-boss de la Mishima Corporation à l'autre bout du fil ondal, j'ai nommé Jin Kazmoissa. Tourmenté par la hantise de devoir parler à ce jeune arrogant qui se la pète tout le temps, Heihachi demanda de sa plus belle vocalise de quoi s'agissait-il, tout en se massant la moustache. Le jeune PDG exigea une explication sur l'arrivée de Madame le maire de la ville de Oulossis-les-Moulineux au siège de la Mishima Corporation, perforée d'une balle dans le talon gauche. Heihachi en avait déjà très marre et fit mine de passer sous un tunnel et qu'il n'entendait plus très bien puis raccrocha vitesse et le remis son téléfon dans la poche arrière de son kimono. De nouveau sur la piste du disjoncteur, il brava la pièce obscure un sabre à la main.
Cela faisait maintenant un bon moment que Heihachi tournait en rond sans résultat puis s'affessa confortablement entre deux chaises disposées d'un alignement parfait. Mais ça, il ne le savait pas. Il disposa ses bras autour des parties supérieures des supports fessiers peu agréable à l'assoyure, le service toujours à l'air, puis actionna un interrupteur par inadvertance avec son coude. La lumière apparue de façon belle et épileptique. Heureux, notre héros déplumé lança sans plus tarder les deux machines, en y insérant quelques piécettes dans chaque compartiment prévu à cet effet. Les programmes affichaient trente minutes de lavage et quinze minutes pour son slip. Heihachi remarqua un magazine people à même le sol et le ramassa avec aigreur sans plus tarder. « Gouh ! ». C'était un magazine allemandois.

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