13 août 2015

Chapitre un : La fatigue rapide

C'était il y a hier jour. Heihachi avait travaillé comme un damné durant ces derniers mois, et il était au bout du rouleau-compresseur. Ce qu'il voulait, ce qu'il désirait plus que tout, c'était prendre des vacances bien méritées, des vacances au soleil et à la plage de sable bleu. Dans son fauteuil style Louis XVI, Heihachi dégustait un bourbon de 3 ans d'âge. Affalé, avachi, puant dans sa robe de chambre dégueulasse, notre héros au coeur beau avait le teint pâle et la mine déconfite. Il regardait un feu de cheminée sur DVD et ne comprenait pas ce qu'il devenait. Oui, la chasse au crime l'avait fait beaucoup souffrir, et lui qui était pourtant encore si jeune et fringant avait l'air d'un vieillard mou du slip accablé par le poids des années d'errance et de difficultés rétiniennes. D'un bond, jetant son verre en cristal contre le mur, se dressant de tout son long dans ses chaussons rembourrés, Heihachi eut une illumination : il lui fallait partir de cette ville de merde où l'insalubrité et les bandits de grands chemins lui avait tant pressé les testicules dans un étau depuis des années. Aussitôt dit aussitôt fait, notre jeune et fringant flic fit sa valise en emportant une bonne bouteille de scotch, trois slips de bain, un chapeau de cow-boy du XIXème siècle, une tapette à souris et 17 livres sur des enquêtes non résolues depuis l'arrivée de l'ère glaciaire sur la surface des étalons fleuris en Armoisie occidentale. Enfin, il prit son porte-monnaie et un sandwich au jambon et sortit vitesse de son appartement en claquant la porte derrière lui. Le début d'un renouveau sans scrupule.

(suite)


Chapitre deux : La beauté du lieu reculé

Le train arriva en gare du Chmoulof. Ce bourg d'une centaine d'habitants se trouvait en pleine cambrousse méridionale, et c'était un lieu auquel Heihachi était très attaché, surtout la fois où il s'était trompé en enfilant ses menottes alors qu'il avait perdu la clé dans les toilettes de son appartement. Il descendit de son wagon avec voluptuosité et son bagage à la main gauche. Il tenait également deux nouveaux objets : une canne sculptée avec une tête de lion qu'il avait acheté aux enchères sur internet et qui correspondait parfaitement à sa personnalité combattante, lui le roi de la nuit, de la jungle et du cri de guerre éternel ; et un chapeau haut-de-forme qu'il avait volé à une riche femme d'affaires chinoise du nom de Michelle Chang. Ce nom lui disait bien quelque chose mais il n'en avait rien à foutre. A petits pas pressés, bondissant et cliquetant, Heihachi se rendit à sa maison de campagne où il mangeait souvent du pain et du pâté, qu'il acheta sur le chemin à son vieil ami Feng Wei qui avait en réalité la moitié de son âge arrondi à l'unité inférieure. En pénétrant sur son terrain, poussant une petite barrière de bois moisi, Heihachi huma l'air et sentit ses poumons lui faire un mal de chien ; il toussa à dix-sept reprises, cracha un ou deux glaviots et se remit ensuite en route pour ainsi franchir la porte qui le séparait de son logis de villégiature. Alors qu'il tourna la poignée, la porte tomba sur le sol dans un bruit sourd, soulevant par la même un amas de poussière impressionnant qui provoqua une nouvelle quinte de toux à notre héros grisonnant, qui manqua presque de s'étouffer. Après une bonne demie-heure, Heihachi reprit ses esprits : il comprit alors d'un seul coup que quelqu'un avait piégé sa propriété et jeta un oeil soupçonneux tout autour de lui : qui cela pouvait-il bien être ?

(suite)

14 août 2015

Chapitre trois : De moches retrouvailles

Heihachi ne bougeait plus. Le ciel s'obscurcissait, les nuages s'accumulaient et quelques gouttes de pluie commençaient à tomber. Le regard de notre héros au nouveau chapeau scrutait toutes les directions afin de déceler un élément qui lui permettrait de choper les salopards qui avaient osé piéger sa propriété si belle et lustressante. Mais il ne vit rien. Alors il ouvrit les yeux et se frotta la mâchoire. Ensuite il éternua, et se retourna d'un seul coup en sortant son flingue de sa braguette ouverte : son bagage et sa canne tombèrent sur le sol et un homme leva les bras devant lui :

- Hé arrête, c'est moi !

C'était lui en effet : Feng Wei, son ami vieux et jeune, rapide et beau, moche et stupide. Heihachi leva un sourcil et un sourire narquois se dessina sur son visage délicat :

- Et qu'est-ce que tu fais là, hum ? Tu cherchais à me tenir une embuscade derrière la balustrade, c'est ça ?

- Ne sois pas bête enfin, rétorqua l'inconnu que notre héros connaissait. Tu sais bien que je suis ton pote ! Je voulais prendre un verre avec toi, depuis le temps qu'on ne s'était pas vus ! J'ai quitté mon travail plus tôt pour qu'on se mange un paquet de chips !

- J'ai déjà acheté du pâté ! répondit notre ami svelte.

Et les deux hommes rièrent en se bidonnant comme des bonbonnes. Cela dura au moins dix minutes, et je retiens deux. Heihachi rangea son colt dans son futal et ramassa ses affaires avant de faire entrer son collègue dans sa demeure poussiéreuse et puante :

- Entre donc ! J'ai gardé quelque bouteilles dans la cave, tu m'en diras des nouvelles !

Et ils entrèrent mollement en se tapant l'épaule avec amitié.

(suite)

Posté par Lynks à 17:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

15 août 2015

Chapitre quatre : Une suspicion dure

A l'intérieur de la maisonnée, Heihachi et son ami de toujours Feng Wei s'assirent autour d'une table pour y déguster des chips au pâté, du pâté de tête, des têtes de gondoles et des gondoles alvéolées. Ils discutèrent longuement pendant quelques secondes, et notre héros au coeur rassasié vint rapidement au sujet initial de la prestance :

- Dis-moi, tu ne saurais pas qui a piégé mon domicile ? Personne ne connaît ma présence en ces lieux sauf trois personnes sur cette terre : toi-même mon cher ami de toujours le dénommé Feng Wei, une certaine femme appelée Michelle Chang que je n'ai jamais vu et l'inspecteur des impôts de la région, qui je crois porte le nom de Raven. Raven Sburger.

Feng Wei ne répondit pas et regarda Heihachi avec hagaritude. Un silence pesant s'installa et notre héros mais néanmoins sauveur immortel se demanda qu'est-ce qui passait par la tête de son ami de toujours. Il pensa un instant qu'une balle de calibre 22 pourrait solutionner la situation actuelle mais cela lui paraissait disproportionné d'autant qu'il n'était même pas 21 heures. Alors il referma le paquet de chips comme pour signifier qu'il était l'heure de passer à table. Il déboucha une bonne bouteille d'un cru local au nom imprononçable et se servit trois verres de manière efficace et particulièrement classe afin de montrer toute l'étendue de son pouvoir de magicien tripède au ventre aussi large que le front d'un mutant hermaphrodite des usines lactaphiles ouzbèques. Feng Wei ne put retenir plus longtemps des paroles qu'Heihachi estimait comme une fuite logique :

- Hé bien mon cher ami de toujours, je crois qu'il est temps pour moi de rentrer dans ma maison, je ne voudrais pas te déranger dans tes vacances plus longtemps d'autant que les couleurs du ciel ne m'apprennent rien de bon.

Il salua son hôte et lui serra la main de manière vigoureuse et molle et une goutte de transpiration perla de la racine de ses cheveux puis quitta son front moite pour rejoindre à l'aide d'une chute interminable le sol du salon en moquette soyeuse qu'Heihachi avait fait installer il y a trois ans juste après les inondations qui firent au moins douze victimes mais pas Heihachi qui était bien au sec sur son trône en or massif situé à l'étage de sa maison, bien à l'abri dans un coffre-fort fermé par une combinaison très compliquée de 1 chiffre compris entre 0 et 9 qui était probablement un chiffre impair suite à une information divulguée par Heihachi lui-même après une soirée un peu trop arrosée le 8 décembre dernier. Puis il quitta les lieux, et notre héros se retrouva seul, les froncils sourcés, le coeur plein de doutes et l'âme énervée.

(suite)

16 août 2015

Chapitre cinq : La révélation de la mort

Une fois son ami de toujours parti, il était tard. Mais Heihachi était tracassé et n'avait pas sommeil. Il se réveilla le lendemain vers midi alors qu'un oiseau avait pénétré dans sa maison par la porte restée ouverte. Il sortit son magnum et flingua le volatile avant de se servir un bourbon. Se frottant ensuite les yeux avec le revers de sa chemise, il ôta son chapeau beau et réfléchit dans sa tête tout en parlant à voix haute :

- Feng Wei, petit enfoiré, serait-il possible que tu m'aies trahi ? Je dois en avoir le coeur net : avec mon canon dans la bouche, tu feras moins le malin et seras peut-être plus causant.

Notre héros sortit donc de sa maison en marchant sur la porte, et fut immédiatement interpellé par la présence d'un homme en costume avec une belle cravate rayée noire et rouge qui se trouvait accroupi dans son jardin. Heihachi le salua de la main et l'homme fit de même avant d'ajuster ses lunettes et de positionner sous terre un mécanisme d'autodestruction ressemblant à une bombe artisanale. Mais difficile d'être plus précis en étant à une telle distance. Heihachi descendit ensuite la ruelle afin de se rendre au magasin de Feng Wei et lui tirer les vers du nez. Arrivé sur place, notre aventurier populaire prit une bonne respiration, réajusta son costume et cassa la porte de la boutique d'un coup de pied rotatif :

- Gouh !

Les clients fuyèrent vitesse et Feng Wei n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit qu'il se fit soulever du sol par le col avant de se prendre un coup de boule. Alors qu'Heihachi le regardait avec dédain, son ami éternel se frotta le ventre et répliqua par un croche-patte des familles, ce qui fit que son adversaire chuta comme un étron en se cognant la tête dans l'angle d'une table adjacente :

- Mais enfin Heihachi qu'est-ce qui te prend ? Tu sais bien que l'entraînement aux arts martiaux ne commence qu'à midi !

- Je ne suis pas là pour plaisanter avec la plaisanterie Feng Wei ! dit Heihachi en se relevant avec mollesse car il était à moitié assommé. Je veux savoir qui a piégé ma propriété ! Qui veut donc ma mort à ce point, sinon toi ? Je sais que tu m'en veux encore de t'avoir volé tes biscuits lors de notre goûter de 1962, mais c'était de la légitime défense !

- Tu divagues Heihachi ! Tu sais bien que je hais Lei Wulong autant que toi !

A cette évocation, notre héros reprit totalement ses esprits, se tut et comprit : oui, celui qui était derrière tout ça, ce ne pouvait être que Lei Wulong ! Ce flic corrompu était le seul qui avait accès à la base de données de la police ! Il était le seul à le suivre en permanence, à savoir où il se trouvait, à le tirailler sans cesse entre la vie et la mort d'autrui de son bagage ! Il méritait la mort rapide !

- Tu as raison mon ami. Allons le tuer tout de suite.

Et les deux frères d'armes se remplirent les poches en dévalisant le magasin pour s'armer jusqu'aux dents avant de reprendre une route commune semée de sang et de corruption malhonnête qui allait les mener vers leur fatal adversaire.

(suite)


17 août 2015

Chapitre six : Un affrontement épique

Heihachi et Feng Wei partaient sur le pied de guerre, bien décidés à en découdre. Mais au bout de cinq cents mètres, ils s'arrêtèrent : où allaient-il en fait ? Aucun des deux hommes ne le savait. Mais alors qu'ils allaient manger un sandwich sur le chemin escarpeux, un homme apparut comme par tout à coup et frappa Heihachi au visage par deux fois grâce à un double coup de pied mongol. Notre héros ne sentit bien sûr rien car il était immunisé face aux coups de lattes des campagnes lointaines, et il dit :

- Lei Wulong, salaud, te voilà !

- Hé oui Heihachi, c'est bien moi ! Tu es plus stupide que tu en as l'air ! Prépare-toi à boire les pissenlits par la piscine !

Et l'homme plongea dans la forêt en compagnie de ses serviteurs ninjas des montagnes rocheuses.

- Viens Feng Wei, suivons-le !

Personne ne partit à la poursuite des singes car c'était une ruse : ils voulaient d'abord manger leur sandwich mais ils avaient peur de se le faire piquer, alors ils firent un demi-tour et observèrent une minute de silence. Passé ce délai, les coups pleuvèrent à nouveau et la lutte finit par admirer à un stratagème familier : en effet, les ninjas fous jetaient des katanas et des sabres de bengale, ce qui retardait inéluctablement l'avancée de nos deux amis hétéroclites et leur rencontre avec le génie du mal qui sévissait dans ces lieux :

- Feng Wei, écarte-toi du bourreau !

- Jamais de si bon matin !

Et tout rentra dans l'ordre quand le coup spécial de Heihachi frappa d'un seul coup tous ses ennemis et les décapita en leur tranchant les poignets. La vallée se rougit de sang et la tornade du vent emporta le reste des corps mutilés, ce qui permettra aux spécialistes du marché de cuisiner à leur sauce les membres déchiquetés qu'ils serviraient à leurs porcs.

- Lei, tu es maintenant seul ! Tu ne peux plus rien faire maintenant ! Rends-toi et ta mort sera attroce !

Mais notre ennemi à tous avait disparu, sûrement pour dévaliser une vieille dame. Heihachi et Feng Wei le rattraperaient bien tôt ou tard, mais sûrement pas demain la veille car le soir porte conseil de bon aloi. Alors ils rentrèrent se bourrer la gueule.

(suite)

20 août 2015

Chapitre sept : De l'alcool et un café

Le lendemain, Heihachi se réveilla avec lenteur et avec un mal de tête horrible. Il ne se souvenait plus de rien, sauf de Lei Wulong car il avait fait un cauchemar. Un flic fou et chinois qui se battait comme une méduse, ou comme un autre animal de la forêt, ça ne courait pas les rues, surtout quand elles étaient désertes. Notre héros au grand coeur se leva de par terre et alla prendre un bon bain bien tiédasse pour se remettre les idées dans le slip. Il mit de la mousse et un jouet qui couine pour barboter tranquille dans sa baignoire en fer forgé légendaire. Puis, en sortant, encore ruisselant d'eau gelée, il admira son corps magnifiquement musclé et velu dans le miroir en plexiglas de sa salle de bains en cuir chromé et en argent de synthèse. Il mit ensuite ses plus beaux habits et bien sûr son chapeau haut-de-forme et sa redingote car c'était dimanche et il y avait la messe dans la grande rue. Il prit un litre d'alcool pour tenir le coup jusqu'à ce midi et sortit dans le dehors pour respirer le bon air poussiéreux qui le faisait tant tousser. La cloche de l'église de la village sonnait pour la cent-douzième fois ce matin-là et Heihachi descendit les coteaux jusqu'à arriver au rassemblement inintéressant qui se présentait ici. Apparemment des hommes étaient morts hier dans les parages et on les enterrait avec dignité, mais notre ami fragile n'en avait pas grand chose à cirer même s'il pleura une larme lorsqu'il retrouva un ongle de sa main gauche coincé dans une partie du corps tranché trouvée dans un des cercueils et qu'il s'empressa de manger rapidement. Puis il alla au café de la P.O.S.T.E., lieu de débauche pour un certain Law de la Forest qui faisait du striptease intégral pour quelque piécette en plus de son job combiné d'été qui faisait office de garçon de café et de livreur de la P.O.S.T.E. postale. Heihachi n'en avait cure et n'était pas ici pour voir un popotin se trémousser sous ses fesses : il cherchait un indice pour retrouver la trace de ce détraqué de Lei Wulong et l'appela donc dans l'enceinte puante de l'établissement susmentionné :

- Oh, Lei, t'es là ?

Le garçon de café de la P.O.S.T.E. ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd :

- Vous voulez parler de Lei Wulong ?

- De Lei mon petit. Tu es sourd ou juste aveugle de naissance ?

- Oui mais Lei Wulong ?

- Si tu me cherches tu vas me trouver jeune petit con.

Et Heihachi saisit Law Forest par les trous de nez et le jeta violemment contre un autre homme qui se trouvait là assis par hasard en train de boire un thé vert de nature chnoise ; il portait également une tenue purement asiatique avec des teintes de vert et de violet tirant sur le bleuté pourpre, ainsi que des cheveux noirs jais qui ferait pâlir d'envie n'importe quelle idole japonaise en manque de couleur d'origine et de beauté sombre. Il dit :

- Hé dites donc vous ! dit-il en se relevant du genre il était fâché mais ne savait pas qu'il aurait vite à faire au Grand Heihachi.

- Quoi jeune con trisomique, t'as un problème ? Mais ? dit-il avant un silence d'étonnement. Tu es Lei Wulong ?!

- Ah, je le savais bien ! disait alors Law Forest plus mort que vif sur le bas-côté avant que Heihachi ne l'achève d'une mandale bien placée entre les deux yeux.

- Heihachi ! Viens te battre si t'es une gonzesse ! dit Lei Wulong à son tour.

Et il essaya de prendre la fuite en fuyant par la porte de derrière.

(suite)

22 août 2015

Chapitre huit : La poursuite vitesse

Lei Wulong fuyait à toutes enjambées mais Heihachi le suivait à la trace : il faut dire qu'il avait neigé dans la nuit et qu'il était facile de voir les traces de pas sur le sol. Notre héros léger se disait bien qu'il faisait frisquette quand il avait pris son bain mais comme il avait oublié ses jumelles dans son autre pantalon il n'avait pas vu que la prairie verdoyante s'était parée de son plus beau manteau blanc de l'hiver froid et lointain. Lei Wulong finit par se croûter contre un mur en ratant un virage et pissa le sang, ce qui facilita encore davantage la poursuite de Heihachi qui était vraiment très lent par rapport à cet énergumène qui allait vraiment vitesse. Au bout de plusieurs jours de course-poursuite molle, et alors que Lei Wulong avait perdu plusieurs litres de sang, notre ami bienheureux tomba par hasard sur un corps inerte qui était en train de se faire manger par des loups, des asticots et trois hommes du théâtre des Péquenaudes, célèbre dans la région de l'Irmonce pour leur spectacle désuet et plein de charme sur la police montée quadrinomale affectant quatorze fois l'an les dissentions caractérstiques de l'abominable marché des fleurs de l'Ourga. Heihachi trouva également Lei Wulong, debout devant lui, à bout de souffle et de rage. Les deux hommes étaient face à face pour un face à face final. Mais ils n'avaient pas d'arme. Heihachi prit un bâton tout de bois vêtu tandis que Lei prit une pomme de pin. Chacun se menaçait les yeux avec vigueur mais rien ni personne ne pouvait prévoir l'issue de ce duel fratricide. Mais alors que Lei faillit s'évanouir de faim, de froid et de fatigue, Heihachi en profita pour vomir le bouillon de légumes qu'il avait trouvé dans une souche d'arbre l'avant-veille. Lei en profita à son tour pour lancer la pomme de pin et acheter une baguette chez le boulanger pour 9 sous, et jeta le sou restant dans la gueule de Heihachi qui faillit perdre un oeil et son froc qui s'était détaché. Se tenant abruptement à son bâton, notre héros chargea comme un forcené pour tenter de piquer la baguette à son adversaire, mais ce dernier l'avait engloutie en moins de temps qu'il n'en faut pour dire cloaque. Fâché, Heihachi planta son bâton pointu dans le ventre de Lei mais celui-ci se brisa avec rapide. Alors il se rattrapa en lui collant une tarte dans la gueule et en lui mettant quelques coups de godasse dans les roubignolles. Lei s'évanouit pour de bon en criant comme une damoiselle en détresse et Heihachi put commencer à le ramener en le traînant derrière lui sur deux kilomètres. Il irait irrémédiablement en prison une fois arrivé au village, c'était certain. Mais le soir tombait enfin après cette journée belle et il fallait à Heihachi trouver le gîte et le couvert pour passer la nuit...

(suite)

23 août 2015

Chapitre neuf : Une auberge allemandoise

Toujours en continuant de traîner Lei Wulong derrière lui, Heihachi finit par tomber sur une belle auberge en bois au milieu de nulle part sur un chemin de terre bordant une forêt. Il faisait toujours un temps neigeux et nuageux et notre héros au coeur gros grelottait dans sa besace car il était pieds nus comme à l'accoutumée où il devait porter des coups de poings et de pieds à ses ennemis. Aussi rentra-t-il vitesse par la fenêtre en cassant deux carreaux grâce à un superbe ushimori sauté délicat et parfumé. Lei qui le suivait se prit quelques morceaux de verre dans le nez et dans les yeux mais qu'importe. Heihachi s'installa devant le feu de cheminée en dégageant une très très vieille femme qui se trouvait sur son chemin et qui valdingua à travers la pièce comme une quille traversée par un chien de traîneau. Il posa délicatement son ennemi de toujours au coin du feu en l'attachant solidement avec du fil de fer barbelé et des épis de maïs qu'il avait trouvé sur le comptoir. Lorsqu'il eut terminé de se réchauffer les arpions, il mit une main aux fesses de la serveuse qui lui donna trois coups de poings en échange et il s'écroula sur le zinc en crachant une dent de sagesse qui le faisait souffrir depuis dix-sept ans. Il demanda alors à l'aubergiste :

- Bonjour mon brave ! Servez-moi donc votre meilleur tord-boyaux !

L'aubergiste lui présenta plutôt un fusil à canon scié qu'il lui planta dans le nez, demandant gentiment à Heihachi de déguerpir plus vite que ne le ferait un drogué unijambiste qui aurait entendu l'appel de son livreur de pizza au coin de la rue Lecourbe et du boulevard des Hautes-Herbes-de-Provence. Notre héros beau sortit à son tour une bourse pleine de pièces de bronze et dit à son interlocuteur que tout serait à lui s'il dansait la samba en slip autour de la casserole de la cuisine tout en incantant des rites vaudous anciens. L'homme s'exécuta et Heihachi put manger tranquillement une saucisse géante et un bol de ramen directement venu de l'arrière-pays, le tout arrosé d'un délicieux vin de l'Oc qu'il avait déjà bu un soir de pleine lune où lui aussi était rond comme un pied de chaise. Il dormit ensuite près du feu en se servant de Lei Wulong comme oreiller puis le frappa au petit matin afin qu'il se réveille. L'homme chinois n'était pas content mais il avait plus soif, faim et mal partout qu'il n'était pas content. Heihachi qui était un homme de coeur lui tint à peu près ces propos :

- Tiens-toi tranquille et je te délivre de tes liens ! Tu pourras alors boire un coup mais gare ! Si je te vois en train de manigancer un coup de trafalgar, c'est moi qui vais te filer des coups !

Lei, l'air penaud, obtempéra du chef et Heihachi lui mit un bon coup de pied au cul pour lui rappeler qui était le patron. Ils sortirent ensuite de l'auberge avant d'y mettre le feu, et partirent en direction du village alors que les deux hommes se désaltéraient en buvant de l'urine de chacal pasteurisée. Mais quelqu'un les guettait dans la pénombre des arbres...

(suite)

Chapitre dix : Le combat de l'amitié

Heihachi Mishima et Lei Wulong continuaient de progresser vers le village avec lenteur et délectation : Heihachi profitait d'ailleurs de chaque instant pour coller des tartes et autant de torgnolles à son ennemi moche quand Lei essayait dans le même temps de fausser compagnie à notre héros dès qu'il aurait le dos tourné, mais il était toujours de face ou de profil donc c'était impossible. Tout à coup, une très très vieille femme d'au moins 101 ans tomba dans un précipice plutot haut. Heihachi et Lei ne virent rien car un homme arriva d'un seul coup devant eux sans crier gare :

- Heihachi ! Laisse-moi tuer cette homme ! Je le hais !

- Allons Feng Wei ! dit Heihachi en ayant reconnu son collègue et néanmoins frère d'armes et en faisant un croche-patte à son prisonnier qui s'étala comme une merde par terre après avoir heurté un arbre avec la bouche. Il doit être jugé pour tous les crimes qu'il a commis ! La taule sera son seul salut ! Regarde ! poursuit-il en ramassant le visage de Lei sur le sol. Vois son visage laid et ensanglanté ! Tu ne tirerais aucune gloire à le descendre, crois-moi !

- Ainsi puisque nous ne sommes pas d'accord nous devrons nous battre Heihachi, mon ami de toujours !

Notre héros merveilleux ne voulait pas se battre mais on entendit un « round one, fight ! » dans les airs alors il était obligé. Les coups pleuvèrent comme la pluie qui tomba à ce moment pile. Le terrain devint glissant et Feng Wei glissa, ce qui le mit dans une posture délicatement périlleuse. Heihachi aurait pu lui porter le coup de grâce mais il préféra laisser le chronomètre tomber jusqu'à zéro.

- Relève-toi mon ami, dit-il en relevant son camararade en lui tenant la main par les testicules. Je suis le plus fort, tu n'y peux rien. Ma puissance n'a rien de tel que l'avenir de la planète, et rien ni jamais personne ne parviendra à me vaincre en combat loyal et singulier, sauf une fois.

Il s'embrassèrent de longues minutes et Lei Wulong vomit.

(suite)