28 août 2015

Heihachi, Story bien VII (de table)

Il faisait déjà bien jour et le soleil absent offrait un temps beau  à faire voler bas les mouettes chevauchées par des diplodocus-rex mongoles. Heihachi sorta malicieusement du slibard en soie qu'il ne portait pas une pochette de plastique allemandoise renfermant la preuve afin d'analyser une seconde fois l'exacte couleur pigmentaire de ce qui semblait être un poil, souple et raide à la fois, sorti du cul chevelu d'un suspect efféminé dépourvue de boule. Dans sa folle marche molle, il bouscula deux à seize passants tout en gardant un œil fixe et l'autre fermé, comme absorbé par la difficulté procédurière de l'énigmatique poil et le jeta dans le caniveau situé juste en dessous de ses chaussettes humides et de ses tongs en bois dévernis. Se grattant fougueusement la zone chauve de son crâne ridé, il s'arracha un grain de mocheté et pissait pas mal de sang déjà.
Z...zut ! - Mais il était déjà trop tôt et cette terrible douleur passerait incontestablement après un bon bain tiède parfumé au gin. Il oublia.
Blond caucasien mélangé au rubis des temps vieux, légèrement courbé vers la pointe – signe que, l'auteur du crime était un champion de karaoké chrétien durant les cinq dernières années bissextiles et que, cette forte odeur d'huile de coude le mettait en appétit. Heihachi sortit son calendrier de l'Avant pour y noter sa liste de blagues – trois barquettes de pomme-chips, raccourcir les manches du bermuda du samedi soir et arrêter Lei et Lang - et ne pu s'empêcher de rire à la vue d'une d'entre-elles, qu'il avait prit soin d'écrire à l'encre de seiche hier matin heure avec son stylo fantaisie volé à une très vieille dame alors qu'il n'était qu'un jeune marié voué à se la mettre derrière l'oreille. Notre héros au cœur et au crâne saignant disposa devant lui, à même le dos d'un cycliste épileptique, une feuille AK-47 afin d'y relater un portrait-robot rocheux. Mais il se fit insulté de « sale licorne » ou de « salicorne », je ne sais plus très bien, et lui vola son vélo. Et toi là dans la rue ! Peux-tu prouver que se poil ne t'appartient pas ? Heihachi s'adressait en fait au maire de la ville qui était de RTT ce jour-là, un morceau de pédale dans le creux de sa main moite et grinçante. La femme prit la fuite vitesse et disparue comme par envergure noble.
Halte ! S'exprima t-il. Et une terrible envie de déguster un pâté s'empara du ventre de Heihachi.
Il était déjà midi douze.

(Heihachi, Story bien VIII par ici)


Chapitre quinze : Retour au bercail

Le jour qui suiva, Heihachi rentra chez lui par le train Thalys. Il déjoua un attentat perpétré par Lei Wulong et préféra ne pas donner son nom incognito aux agents de la polys locale. Il arriva sous les applaudissements de la foule en délire ce qui lui renouvela des souvenirs propres de sa jeunesse prospective, et surtout belle, lorsqu'il n'était alors qu'inspecteur stagiaire à la Mishima Corporation qu'il avait fondée l'année plus tôt. Après un passage chez le coiffeur pour être beau pour rentrer chez lui, il rentra chez lui à pied avec une vitesse lente propre aux interminables bouchons qui sévissaient dans sa ville natale de Oulossis-les-Moulineux, future mégalopole hollandoise qui avait battu l'équipe des Loustar 7-0 lors d'un affrontement yougoslave devenu épique depuis les évènements tragiques qui étaient survenus lorsque cette très très vieille femme vieille perdit sa jupe sur la grand place de la Grande Place. Glissant sa clé dans la serrure de son appartement délabré, Heihachi préféra casser la porte d'un coup de pied pour se rigoler un bon coup, ce qui fit peur aux voisins qui décidèrent de déménager. Ensuite, il s'assit dans son fauteuil favori et respira la bonne odeur polluée de la ville : il était aux anges.

- Aaah ! Quelle sensation délicieusement fausse ! disa-t-il dans un jargon ancien. Il serait temps de s'appeler une bonne bouteille !

Notre héros grisonnant prit donc le téléphone et appela SOS Alcool-Pur pour qu'on lui livre l'équivalent de son poids en bonnes bouteilles. Sa livraison arrivera trois semaines plus tard. D'ici là, Heihachi retira ses godasses puantes et les mit dans la machine à laver. Puis il jeta par la fenêtre ses chaussettes qui sentaient le rat crevé et quelqu'un dans la rue s'évanouit. C'était sa manière d'annoncer son retour dans la ruelle sombre et affutée. On toqua à sa porte mais notre ami de toujours n'entendit rien car il n'y avait plus de porte. Alors on sonna à la place.

- Oui ? Entrez, c'est ouvert.

C'était un courrier postal apporté par un inconnu en costume jaune qui semblait avoir froid en cette matinée d'été frileuse. Heihachi lui proposa un café tiédasse mais l'homme moche refusa poliment en insultant notre belâtre héros au coeur pur, qui ne put s'empêcher de lui coller une mandale. Le courrier était écrit dans une langue ancienne et inconnue, aussi Heihachi ne put la lire. L'inconnu livreur fit ensuite une balayette à son adversaire qui l'avait frappé, ce qui agaça fortement Heihachi. On ne pouvait plus échapper à un dantesque combat...

A SUIVRE

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