Après une nuit sacrément agitée, Heihachi se réveilla dans son vomi vers quinze heures de l'après-midi. La place était un véritable carnage et les villageois s'affairaient comme d'habitude, l'air de rien, enjambant notre héros au passage tout en marchant dans les restants de sauces et du bouffon qui était mort en faisant un tour de magie qui avait échoué. Notre héros magnifique avait un sacré mal de crâne et il se frotta la tête avec son genou avant de bailler de toute ses dents. Puis, comme il ne savait pas où il était, il commença à retourner chez lui en titubant et en finissant une vieille bouteille de vodka-mandarine, la spécialité de Feng Wei. Mince ! Feng Wei ! Où était-il désormais ? Heihachi se gratta le slip et en sortit une brochette de boeuf qu'il engloutit sans un soupir, puis il courut vers le cimetière. Mais son éternel ami n'était pas là. Le croque-mort était là par contre, mais à l'époque on l'appelait le croque-en-stock. C'était un homme mince et sec, la cinquantaine, deux yeux, deux bras, deux jambes, deux oreilles et un casque pour écouter de la musique techno très en vogue chez les apothicaires. Il parla en ces termes :

- Bonjour Monsieur Heihachi, belle journée pour mourir n'est-ce pas !

- Belle journée pour une éviscération ouais ! Tu aurais pas vu mon bel ami Feng Wei cher fils de paysan ?

- Si, mais il n'était pas crevé donc la marchandise ne m'intéressait pas. Je l'ai laissé sur le trottoir, tu le trouveras derrière les poubelles.

Heihachi va rapide vers les déchets et il trouve en effet un homme au sol qui ressemble étrangement à son grand ami Feng Wei. Il le dépoussière avec promptitude et constate les dégâts sur son corps joli et délicat. En son for intérieur, notre beau héros jure que celui qui l'a ainsi blessé le paiera très cher ! Sans doute Lei Wulong d'ailleurs. Mince ! Lei Wulong ! Heihachi laissa tomber son ami de toujours dans la boue et coura rapide vers les toilettes car il avait envie de couler un bronze. Puis, une fois le colombin déposé, il se rhabilla de manière svelte avant de foncer lentement vers la prison communale. Là, il ne put que constater les dégâts : malgré ses blessures, Lei put quitter sa cellule et effectuer une distance impressionnante de 25 centimètres en se traînant comme une merde, ce qui était plutôt raccord avec ce que venait de faire notre ami juré dans les WC. Heihachi raccompagna son ennemi maudit jusqu'à sa geôle à coups de savates et referma soigneusement la porte avant d'avaler la clé :

- Comme ça, plus aucun problème ! dit-il en riant de fort belle manière.

Puis il quitta les lieux en gloussant afin de profiter enfin de ses vacances avec ses testicules.

(suite)