22 août 2015

Chapitre huit : La poursuite vitesse

Lei Wulong fuyait à toutes enjambées mais Heihachi le suivait à la trace : il faut dire qu'il avait neigé dans la nuit et qu'il était facile de voir les traces de pas sur le sol. Notre héros léger se disait bien qu'il faisait frisquette quand il avait pris son bain mais comme il avait oublié ses jumelles dans son autre pantalon il n'avait pas vu que la prairie verdoyante s'était parée de son plus beau manteau blanc de l'hiver froid et lointain. Lei Wulong finit par se croûter contre un mur en ratant un virage et pissa le sang, ce qui facilita encore davantage la poursuite de Heihachi qui était vraiment très lent par rapport à cet énergumène qui allait vraiment vitesse. Au bout de plusieurs jours de course-poursuite molle, et alors que Lei Wulong avait perdu plusieurs litres de sang, notre ami bienheureux tomba par hasard sur un corps inerte qui était en train de se faire manger par des loups, des asticots et trois hommes du théâtre des Péquenaudes, célèbre dans la région de l'Irmonce pour leur spectacle désuet et plein de charme sur la police montée quadrinomale affectant quatorze fois l'an les dissentions caractérstiques de l'abominable marché des fleurs de l'Ourga. Heihachi trouva également Lei Wulong, debout devant lui, à bout de souffle et de rage. Les deux hommes étaient face à face pour un face à face final. Mais ils n'avaient pas d'arme. Heihachi prit un bâton tout de bois vêtu tandis que Lei prit une pomme de pin. Chacun se menaçait les yeux avec vigueur mais rien ni personne ne pouvait prévoir l'issue de ce duel fratricide. Mais alors que Lei faillit s'évanouir de faim, de froid et de fatigue, Heihachi en profita pour vomir le bouillon de légumes qu'il avait trouvé dans une souche d'arbre l'avant-veille. Lei en profita à son tour pour lancer la pomme de pin et acheter une baguette chez le boulanger pour 9 sous, et jeta le sou restant dans la gueule de Heihachi qui faillit perdre un oeil et son froc qui s'était détaché. Se tenant abruptement à son bâton, notre héros chargea comme un forcené pour tenter de piquer la baguette à son adversaire, mais ce dernier l'avait engloutie en moins de temps qu'il n'en faut pour dire cloaque. Fâché, Heihachi planta son bâton pointu dans le ventre de Lei mais celui-ci se brisa avec rapide. Alors il se rattrapa en lui collant une tarte dans la gueule et en lui mettant quelques coups de godasse dans les roubignolles. Lei s'évanouit pour de bon en criant comme une damoiselle en détresse et Heihachi put commencer à le ramener en le traînant derrière lui sur deux kilomètres. Il irait irrémédiablement en prison une fois arrivé au village, c'était certain. Mais le soir tombait enfin après cette journée belle et il fallait à Heihachi trouver le gîte et le couvert pour passer la nuit...

(suite)