Une fois son ami de toujours parti, il était tard. Mais Heihachi était tracassé et n'avait pas sommeil. Il se réveilla le lendemain vers midi alors qu'un oiseau avait pénétré dans sa maison par la porte restée ouverte. Il sortit son magnum et flingua le volatile avant de se servir un bourbon. Se frottant ensuite les yeux avec le revers de sa chemise, il ôta son chapeau beau et réfléchit dans sa tête tout en parlant à voix haute :

- Feng Wei, petit enfoiré, serait-il possible que tu m'aies trahi ? Je dois en avoir le coeur net : avec mon canon dans la bouche, tu feras moins le malin et seras peut-être plus causant.

Notre héros sortit donc de sa maison en marchant sur la porte, et fut immédiatement interpellé par la présence d'un homme en costume avec une belle cravate rayée noire et rouge qui se trouvait accroupi dans son jardin. Heihachi le salua de la main et l'homme fit de même avant d'ajuster ses lunettes et de positionner sous terre un mécanisme d'autodestruction ressemblant à une bombe artisanale. Mais difficile d'être plus précis en étant à une telle distance. Heihachi descendit ensuite la ruelle afin de se rendre au magasin de Feng Wei et lui tirer les vers du nez. Arrivé sur place, notre aventurier populaire prit une bonne respiration, réajusta son costume et cassa la porte de la boutique d'un coup de pied rotatif :

- Gouh !

Les clients fuyèrent vitesse et Feng Wei n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit qu'il se fit soulever du sol par le col avant de se prendre un coup de boule. Alors qu'Heihachi le regardait avec dédain, son ami éternel se frotta le ventre et répliqua par un croche-patte des familles, ce qui fit que son adversaire chuta comme un étron en se cognant la tête dans l'angle d'une table adjacente :

- Mais enfin Heihachi qu'est-ce qui te prend ? Tu sais bien que l'entraînement aux arts martiaux ne commence qu'à midi !

- Je ne suis pas là pour plaisanter avec la plaisanterie Feng Wei ! dit Heihachi en se relevant avec mollesse car il était à moitié assommé. Je veux savoir qui a piégé ma propriété ! Qui veut donc ma mort à ce point, sinon toi ? Je sais que tu m'en veux encore de t'avoir volé tes biscuits lors de notre goûter de 1962, mais c'était de la légitime défense !

- Tu divagues Heihachi ! Tu sais bien que je hais Lei Wulong autant que toi !

A cette évocation, notre héros reprit totalement ses esprits, se tut et comprit : oui, celui qui était derrière tout ça, ce ne pouvait être que Lei Wulong ! Ce flic corrompu était le seul qui avait accès à la base de données de la police ! Il était le seul à le suivre en permanence, à savoir où il se trouvait, à le tirailler sans cesse entre la vie et la mort d'autrui de son bagage ! Il méritait la mort rapide !

- Tu as raison mon ami. Allons le tuer tout de suite.

Et les deux frères d'armes se remplirent les poches en dévalisant le magasin pour s'armer jusqu'aux dents avant de reprendre une route commune semée de sang et de corruption malhonnête qui allait les mener vers leur fatal adversaire.

(suite)