Heihachi ne bougeait plus. Le ciel s'obscurcissait, les nuages s'accumulaient et quelques gouttes de pluie commençaient à tomber. Le regard de notre héros au nouveau chapeau scrutait toutes les directions afin de déceler un élément qui lui permettrait de choper les salopards qui avaient osé piéger sa propriété si belle et lustressante. Mais il ne vit rien. Alors il ouvrit les yeux et se frotta la mâchoire. Ensuite il éternua, et se retourna d'un seul coup en sortant son flingue de sa braguette ouverte : son bagage et sa canne tombèrent sur le sol et un homme leva les bras devant lui :

- Hé arrête, c'est moi !

C'était lui en effet : Feng Wei, son ami vieux et jeune, rapide et beau, moche et stupide. Heihachi leva un sourcil et un sourire narquois se dessina sur son visage délicat :

- Et qu'est-ce que tu fais là, hum ? Tu cherchais à me tenir une embuscade derrière la balustrade, c'est ça ?

- Ne sois pas bête enfin, rétorqua l'inconnu que notre héros connaissait. Tu sais bien que je suis ton pote ! Je voulais prendre un verre avec toi, depuis le temps qu'on ne s'était pas vus ! J'ai quitté mon travail plus tôt pour qu'on se mange un paquet de chips !

- J'ai déjà acheté du pâté ! répondit notre ami svelte.

Et les deux hommes rièrent en se bidonnant comme des bonbonnes. Cela dura au moins dix minutes, et je retiens deux. Heihachi rangea son colt dans son futal et ramassa ses affaires avant de faire entrer son collègue dans sa demeure poussiéreuse et puante :

- Entre donc ! J'ai gardé quelque bouteilles dans la cave, tu m'en diras des nouvelles !

Et ils entrèrent mollement en se tapant l'épaule avec amitié.

(suite)