C'était il y a hier jour. Heihachi avait travaillé comme un damné durant ces derniers mois, et il était au bout du rouleau-compresseur. Ce qu'il voulait, ce qu'il désirait plus que tout, c'était prendre des vacances bien méritées, des vacances au soleil et à la plage de sable bleu. Dans son fauteuil style Louis XVI, Heihachi dégustait un bourbon de 3 ans d'âge. Affalé, avachi, puant dans sa robe de chambre dégueulasse, notre héros au coeur beau avait le teint pâle et la mine déconfite. Il regardait un feu de cheminée sur DVD et ne comprenait pas ce qu'il devenait. Oui, la chasse au crime l'avait fait beaucoup souffrir, et lui qui était pourtant encore si jeune et fringant avait l'air d'un vieillard mou du slip accablé par le poids des années d'errance et de difficultés rétiniennes. D'un bond, jetant son verre en cristal contre le mur, se dressant de tout son long dans ses chaussons rembourrés, Heihachi eut une illumination : il lui fallait partir de cette ville de merde où l'insalubrité et les bandits de grands chemins lui avait tant pressé les testicules dans un étau depuis des années. Aussitôt dit aussitôt fait, notre jeune et fringant flic fit sa valise en emportant une bonne bouteille de scotch, trois slips de bain, un chapeau de cow-boy du XIXème siècle, une tapette à souris et 17 livres sur des enquêtes non résolues depuis l'arrivée de l'ère glaciaire sur la surface des étalons fleuris en Armoisie occidentale. Enfin, il prit son porte-monnaie et un sandwich au jambon et sortit vitesse de son appartement en claquant la porte derrière lui. Le début d'un renouveau sans scrupule.

(suite)