23 janvier 2015

Le Heihachi versaire party 1

C'était une nuit nocturne. Heihachi se réveilla avec un mal de tête de tous les diables et avec un mal de dos dû aux bouteilles sur lesquelles il s'était allongé quelques heures auparavant. Ivre. Le sommeil l'avait emporté dans ses bras et il était parti faire des rêves bleus avec le Prince Ali Ababoua. Toujours assis à même les détritus qui jonchaient le sol moisi de sa moquette délavée, notre héros au coeur pur et vaillant se gratta le slip, l'aisselle gauche et le sommet du crâne qui luisait tel un diamant brut qui se serait trouvé au fond d'une grotte sombre et humide. Par une technique ancestrale de vitesse rapide et prodigieusement longue, Heihachi se leva ensuite tel un aigle fonçant dans un arbre : il fit quelques pas de côté histoire de récupérer un équilibre judicieux, puis se mit à marcher droit devant lui en direction du frigogidaire familial à usage personnellement unique. Il entreprit d'en ouvrir la porte afin d'en soutirer quelque boisson alcoolisée car - il fallait bien le dire - sa lèvre avait grand soif entre sa babine et sa langue asséchée par le rhume qu'on lui avait refilé la dernière fois qu'il avait eu une séance de piscine sportive avec son ancien club de lecture des Îles Sandouiches où il passât ses vacances intestines afin de solder ses deux dernières semaines de congés payés durant l'été indien. Prompt dans son mouvement, il vida une canette de bière frelatée avant de se l'écraser vide sur son front ridé et fatigué d'homme terrible. En refermant la fermeture qui permettait de fermer le matériel de cuisine, il remarqua son calendrier de blagues qui était clouté au mur de son salon ; alors qu'il s'en approchait avec une vigueur aussi franche qu'un escargot sous morphine, il se rendit compte que c'était le jour de sa naissance belle et prospectrice. Ses yeux s'illuminèrent de toutes leurs beautés mais au moment où une pensée allait lui venir en tête, il entendit une sorte de feulement félin s'engager vers sa personne...

(à suivre)

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24 janvier 2015

Le Heihachi versaire party 2

Heihachi ne bougeait plus. Seul le battement régulier de son coeur d'artichaut le faisait se mouvoir avec légèreté. Sa concentration était telle que si une mouche passait, elle trépasserait. Un félin ! Ici ! Dans sa demeure ! Sous son toit ! Sur sa moquette dégueulasse ! C'était tout bonnement intenable.

- Qui es-tu ? beugla notre champion des temps anciens à travers la pièce. Parle ! Sinon je vais vite te faire fermer ta gueule !

Nullement intimidé, le félon félin rugit avec faiblesse en grognant comme un rat perché sur une pierre tombale. Sa queue allait de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, et Heihachi pensa que son adversaire physique essayait de l'hypnotiser avec une technique lamentable que seuls les plus grands maîtres Chinois (Ken, Ken) auraient pu exécuter avec ardeur et justesse.

- Tu tiens donc à te faire botter le cul, bougre ? Cela ne va pas se passer ainsi.

Et notre ami de toujours sauta rapide par-dessus son bar afin de donner un coup de talon rotatif à son assaillant. Celui-ci esquiva par une esquive simple et rapide vers la gauche et chopa Heihachi au niveau du dos pour lui exécuter une sorte de prise de catch aphrodisiaque qui le fit valser du sol au plafond dans un fracas des plus jubilatoires.

- Arg ! dit notre héros.

Le félin debout se rapprocha alors de son adversaire et le contempla avec mépris et dents bien aiguisées. Heihachi était à sa merci, mais il ne voulut pas l'avouer. Alors, pour tenter de disséminer l'attention de la foule, il changea de sujet :

- Tu sais quoi mon gros ? Aujourd'hui, c'est mon anniversaire ! Ouais ! Alors si tu pouvais te barrer et me laisser tranquille, ça serait le plus beau cadeau qu'on pourrait offrir à un vieil homme !

Heihachi (ce bel homme) était rusé : il voulait faire diversion. Il essaya de ne pas rigoler en disant sa phrase, car il savait qu'il était trop fort pour la palabre armoricaine. Et en effet cela marcha : le félin fou haussa les épaules avec dédain, et cracha par terre. Il tourna ensuite les talons pour quitter la demeure de notre héros. C'est ce moment que choisit Heihachi pour se relever avec foudroyance, sortir un colt de sa botte, et tirer dans chaque rotule de son ennemi.

- Aha ! Tu fais moins le fier maintenant ! Tiens, le voilà mon cadeau !

Et il finit de vider son chargeur. Il dut alors brancher son portable puis s'assit au coin du feu pour profiter d'une bonne pipe bien bourrée. Cette nouvelle année commençait bien.

25 janvier 2015

Pas de vacances pour les héros

Alors que les fêtes de fin d'année étaient largement passées de plusieurs mois, Heihachi ne se privait jamais d'une bonne mousse, surtout quand celle-ci était offerte par la Corporation Mishima qui commémorait la bravoure d'un jeune flic freluquet parvenu à l'arrestation triomphale d'un trafic de drogue dans le secteur ouest.

La jalousie de Heihachi se faisait sentir dans son regard vide. Car oui, le seul flic capable de cette foutue ville, c'était bien lui. Les nombreuses nuits passées à traquer le moindre élément suspicieux, c'est encore lui. C'est à la sueur de son front et à la goutte au nez que Heihachi avait voué corps et âme pour cette tâche ingrate, endurant toutes les peines, infiltré par-ci par-là afin de traquer la moindre preuve où son seul soutien durant toutes ces nuits interminables était sa bouteille de liqueur bas de gamme. Le plus dur avait été pour lui de rattraper tout ce sommeil en retard et une intervention au service des urgences pour une greffe de foie. Le donneur est resté inconnu mais Heihachi savait au fond de lui qu'il restait certaines personnes avec encore un peu d'humanité.

Le démantèlement de ce cartel ne pouvait être que l’œuvre d'un pro. Enfin, c'est ce que Heihachi s'imaginait, car notre héros avait obtenu par son dentiste, un certificat d'arrêt de travail signé de sa main la plus habile après une lourde opération chirurgicale d'une dent de vieillesse. Cela faisait un an qu'il n'avait pas foutu les pieds à son travail officiellement et cela le rendait heureux. D'ailleurs, personne ne l'avait invité ce soir.
Alors que Heihachi s'apprêtait comme à ses habitudes de voler le café des distributeurs automatiques qu'il stocke dans son grenier, comme chaque vendredi soir dans les bureaux des fédéraux, un bruit l'a interpellé. Et telle une pièce manquante dans un puzzle, celui-ci s'est incrusté selon les règles de l'art en jurant de ne pas consommer plus de trois verres par tranche de quart d'heure.

Heihachi aimait bien faire la causette un canapé à la main, une main dans l'autre. C'était le grand luxe ! Et comme c'était buffet à volonté, il en profitait copieusement pour remplir sa besace en toute impunité.
C'est alors que le Directeur de la Corporation arriva, applaudi par une foule impatiente. Heihachi quant à lui, sifflait de tout son souffle vieux et intrépide, deux doigts graisseux dans la bouche à l'haleine purgée. Mais cela ne marchait pas. Il vomit sur un rondin de bois tellement l'obstination fut intense.

Un micro à la main, le Directeur s'exprima :

« - Bonsoir à toutes les personnes ici présentes ce soir... En tant que chef de la police, j'ai le plaisir de vous présenter un garçon plein d'espoir. Vous me connaissez peut-être déjà, je suis Jin Kazmoissa, lui-même, en chair et en os, solitaire et beau gosse, fier symbole représentant des valeurs qui nous unissent. J'ai l'immense joie et le plaisir charnel de récompenser comme il se doit, selon les lois de notre société belle, le courage et la bravoure d'une jeune recrue nouvelle, à l'avenir plus ou moins long... J'ai nommé M. Lei ou Long !

- What's ta gueule ! »

Heihachi n'en n'avait rien à foutre de tout ça. Depuis qu'il avait commencé son job de flic, jamais personne ne l'avait félicité pour son travail... Attendez... Quoi ? Lei ou Lang ?
Heihachi se réveilla de son coma passager et s'empara de son télescope de poche afin de scruter méticuleusement les mimiques de ce soit-disant flic bientôt décoré par ses balles.

« - Par la sainte moustache mal taillée ! Mais c'est le jeune chinois mongolien en redingote que j’aperçois ! »

Nul ne peut tromper le flair d'un maître tel que Heihachi pour le camouflage optique. Ce sale drogué allait découvrir son heure de gloire.
C'est dans un élan de grâce distingué, que notre héros parvint à dégainer son fameux Colt. Il était de son devoir de mettre un terme à la vie de cet imposteur une bonne fois pour toute. Mais contrairement à la loi de la relativité, notre sauveur a eu le malheur de déguster une huître calibre 000 fine de clair peu fraîche entraînant une immense et incroyable douleur subjuguant des tréfonds de la paroi intercostale de son colon.
Et oui, une fois n'est pas coutume, et un véritable cirque gastrique bouillonnant mettait en péril l'existence de son slibard. L'heure était proche. Heihachi nageait dans sa peine et tout autour de lui paraissait infiniment plus nauséeux. L'homme eut une pensée qualifiable à celle que certaines personnes content avant de passer l'arme à gauche, rassemblant toute une existence en une fraction de seconde et Heihachi eu une pensée infime de son ex-femme illégitime Ling.
Stimulant ces dernières forces et enfreignant les lois de la nature de la retenue, il dégageait tout ce qui se trouvait sur son passage afin de se frayer un chemin ingénieux tout en délassant sa ceinture de kimono afin de limiter les risques. Arrivé sur les lieux du futur crime, il empoigna avec panache la porte des commodités et se jeta avec une souplesse fulgurante sur le trône sans prendre la peine de fermer la porte. Mais Heihachi s'en fout, car il sait que sa vitesse légendaire lui a permis d'arrêter le temps suffisamment longtemps pour déféquer en toute tranquilité.

L'affaire du cas de l'enquête

Une fois le démoulage de cake liquide snake terminé, Heihachi remarqua avec noblesse qu'il ne restait plus qu'une seule feuille sur le rouleau de PQ lotus bleu. Celui-ci s'empara d'une main moite et droite de la sus présumée feuille zéro épaisseur et se racla le derrière avec souplesse belle et prosective.

De retour dans la salle de vidéoconférence sans s'être lavé les mains, il regagna sa place au micro pour pousser la chansonnette :

« ♪ Talala micasso - Talala mica misso - Talala micasso - Talala mica... ♫ »

Puis glissa de la scène, faute de scratch aux tongs, de manière fortuite sur la foule faisant trois blessés graves, dont deux légers transportés à la morgue la moins proche.

Il se dirigea expressément dans la douleur la plus muette vers les quelques mets restant afin de remplir son estomac de nouveau vide tout en mijotant un stratagème audacieux.
La salle guindée de flicailles, Heihachi réfléchoisse vitesse, une paille dans chaque narine, avant d'avoir un déclic digne d'une boulangerie thaïlandaise. Il rajouta du sel et une pointe de tabasco à son cocktail qui le rendit tout de suite moche et bon à la fois. Seulement voilà, ce macaque belge venait de finir son discours et risquait de prendre la fuite d'un instant à l'autre. Il ne fallait pas que Heihachi le perde du slibard.

Un tronc d'arbre l'interpella :

- Excusez-moi vieil homme de laideur, c'est vous qui m'avez dégobillé dans les interstices ?
- Recule tout de suite ou tu tâteras de mon flingue.
- Je n'ai que faire de vos sermons, payez-moi les notes de teinturiers et nous serons quittes de secours.

Heihachi s'exécuta, faisant mine d'empoigner sa bourse de son futal préféré mais en fait, il se grattait simplement les parties. Une fois son cocktail terminé, il en commanda un nouveau, puis repartit dans ses pensées glorieuses où un monde féerique l'attendait.

Lei ou Lang-je-ne-sais-plus-très-bien était dans le champ de tirs de notre héros qui perdit sa trace après un déplacement lenteur tout en exécutant une sorte de kata zoophile d'aigle, de tigre, de serpent, de singe macaque et de cigogne. La démarche de ce jeune fou à la devanture simiesque laissait perplexe le vieil homme qui se frottait la moustache du menton. Mais ce n'était que le début d'une série de crimes atroces et son instinct de détective le poussa à recommander un avant-dernier verre.

Posté par Jorisso à 16:43 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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