C'était une nuit nocturne. Heihachi se réveilla avec un mal de tête de tous les diables et avec un mal de dos dû aux bouteilles sur lesquelles il s'était allongé quelques heures auparavant. Ivre. Le sommeil l'avait emporté dans ses bras et il était parti faire des rêves bleus avec le Prince Ali Ababoua. Toujours assis à même les détritus qui jonchaient le sol moisi de sa moquette délavée, notre héros au coeur pur et vaillant se gratta le slip, l'aisselle gauche et le sommet du crâne qui luisait tel un diamant brut qui se serait trouvé au fond d'une grotte sombre et humide. Par une technique ancestrale de vitesse rapide et prodigieusement longue, Heihachi se leva ensuite tel un aigle fonçant dans un arbre : il fit quelques pas de côté histoire de récupérer un équilibre judicieux, puis se mit à marcher droit devant lui en direction du frigogidaire familial à usage personnellement unique. Il entreprit d'en ouvrir la porte afin d'en soutirer quelque boisson alcoolisée car - il fallait bien le dire - sa lèvre avait grand soif entre sa babine et sa langue asséchée par le rhume qu'on lui avait refilé la dernière fois qu'il avait eu une séance de piscine sportive avec son ancien club de lecture des Îles Sandouiches où il passât ses vacances intestines afin de solder ses deux dernières semaines de congés payés durant l'été indien. Prompt dans son mouvement, il vida une canette de bière frelatée avant de se l'écraser vide sur son front ridé et fatigué d'homme terrible. En refermant la fermeture qui permettait de fermer le matériel de cuisine, il remarqua son calendrier de blagues qui était clouté au mur de son salon ; alors qu'il s'en approchait avec une vigueur aussi franche qu'un escargot sous morphine, il se rendit compte que c'était le jour de sa naissance belle et prospectrice. Ses yeux s'illuminèrent de toutes leurs beautés mais au moment où une pensée allait lui venir en tête, il entendit une sorte de feulement félin s'engager vers sa personne...

(à suivre)