07 mars 2012

Chapitre 12

Heihachi était toujours atablé. Il attendait, l'oeil hagard, l'arrivée de son repas demandé par doublon. Mais cette enseigne qu'il avait vue au détour d'un clin d'oeil lui rappela à sa mémoire quelque souvenir subjectif. "Le bar du coin"... Où diable avait-il pu entendre parler de ça ? Est-ce l'un de ces bars louches dans lequel il avait pu aller un soir de cuite mémorable ? Non, assurément: notre héros et néanmoins ami n'était pas un tel débauché. Etait-ce le lieu d'un meurtre pour lequel il avait dû enquêter un soir de pleine lune ? Non, promptement pas: comment aurait-il eu l'audace d'oublier tel évènement, lui qui notait tout - bon an mal an - dans son journal intime ? Les méninges se creusaient et le ventre gargouillait. Heihachi n'en pouvait plus. Hurlant de fâcherie, il frappa du poing sur la table et les couverts volèrent :

- Bordel ! Où est donc la bectance, femmes ! Je vais brûler votre établissement, et vous avec !

Tout à coup, un éclair de génie au chocolat lui traversa l'esprit :

- Mais oui, évidemment ! C'était... Comment s'appelait-il déjà ? Un chinois... Lei ou Lang... Je lui avais buté sa tête au colt magnum ! C'était ici, j'en suis sûr !

Il criait comme un pendu et tous les clients le regardait :

- Quoi, les mauviettes ? Je vous prends tous un par un ! Non, tous en même temps ! Venez !

C'est alors que, sortant d'une poubelle déguisé en chamelle, un flic avec une chemise blanche et des bretelles à la mode pointa son arme de service sur notre héros au coeur doré :

- Hey ! Lâche ton arme Hachi ! Ou j'te fais cramer les esgourdes !

- Ah ouais ?

- Ouais !

- Ah ouais ?

- Ouais !

Et tout l'immeuble s'effondra.

Posté par Lynks à 19:53 - - Commentaires [4] - Permalien [#]