Plusieurs jours passèrent, et la pluie n'avait pas cessé de tomber.
Heihachi commençait à être fatigué d'attendre debout comme ça devant cette boutique qui avait depuis mis la clé sous la porte faute d'avoir un seul client, notre héros obstruant le passage.
Alors qu'il cherchait une idée pour se protéger de cette pluie incessante et ainsi regagner son domicile de façon aléatoire et saugrenue, Heihachi aperçut une brouette à quelques pas de lui.
D'un mouvement de pas chassé qui rendrait tout sauteur à la perche jaloux et honteux, l'homme à la moustache florissante s'approcha subrepticement de l'objet entreposé là par mégarde par un jardinier scandinave : une fois à côté, il jeta un oeil furtif autour de lui, fit diversion en jetant des noisettes vers la droite et prit à pleines dents la brouette qu'il mit immédiatement renversée au-dessus de sa tête.
Toute l'eau qui s'était accumulée dans l'objet ces derniers jours se renversa donc sur Heihachi, qui fut trempé jusqu'aux os ; mais au moins, la pluie ne l'atteindrait plus maintenant, c'était sûr.
C'est donc le coeur empli de joie et les poches emplies de billets trempés que notre héros se dirigea à pas rapide jusqu'à l'abribus situé à deux pas afin d'emprunter un autocar qui le ramènerait rapidement dans son quartier malfamé.

Trois personnes se trouvaient déjà sous ce refuge de fortune : une jeune secrétaire à la chevelure rousse, une très très vieille femme de 112 ans à l'air misérable qu'il trouva somme toute fort jolie, et un panda géant avec un attaché-case.
Heihachi se méfia immédiatement de cette secrétaire, la couleur de ses cheveux paraissait évidemment louche !
Mais avant que notre homme n'ait pu les interroger en les torturant, le bus arriva et tout ce petit monde monta à l'intérieur.
Pour avoir une meilleure vue d'ensemble, Heihachi s'assit devant pour surveiller le chauffeur, un homme de quarante ans environ qui ne s'était semble-t-il pas rasé depuis une bonne semaine.
Mais notre héros ne se laissa pas piéger par ce stupide subterfuge, et ainsi sourit-il d'un air victorieux alors qu'à l'arrière, la vieille femme était en train de manger des chips au bacon.
Tout aurait pu bien se passer, mais alors que Heihachi allait descendre pour rentrer chez lui, quelqu'un lui jeta un bouquet de fleur : par des réflexes de guerrier chevronné, l'homme se prit le bouquet en pleine gueule et saigna du nez à cause de la vitesse rapide de son esprit à cet instant.
Il ne bougea plus, puis commença à s'énerver tout seul, avant de dire en criant comme un fou :

- Mécréants !!! Vous croyez qu'un simple bouquet de fleurs sauvages parviendrait à me vaincre ???

Il sortit son gun et tua la vieille femme qui se trouvait tout au fond du bus comme par réflexe.

- Maintenant, que l'auteur de ce geste impardonnable se dénonce, où je tuerais tout le monde !!!

Pour montrer qu'il ne rigolait pas, Heihachi tua aussi le chauffeur d'une balle dans l'orteil gauche.
Il se mit à rire d'un rire fou et prétentieux :

- Ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah !!!!!!!!! La justice, c'est moi !!!

La pilule était trop dure à avaler pour la jeune secrétaire rousse qui bondit tel un ninja des temps anciens de la Chine japonaise, et qui fit un mouvement de kung-fu roulé quadrichromique.
Heihachi était désarmé et saoul, et s'écroula sur le trottoir, inconscient...